Documentaire : Quand le cuir en veut à notre peau

Ce soir, ce documentaire au but louable était diffusé sur France 5. Il alerte sur le fait que beaucoup de chaussures et articles en cuir importés voire même assemblés en France soit réalisée à partir de cuirs tannés en Asie. Or, si l’Allemagne et le Danemark ont introduit des réglementations limitant les taux de Chrome VI dans le cuir, ce n’est pas encore le cas en France et encore moins en Asie. Et le Chrome VI est toxique, et les cuirs une fois traités en contiennent parfois encore assez pour être nocifs.

Mais il faut faire attention au montage et à ce qu’on dit pour éviter de saper la crédibilité du propos.

Par exemple, la scène du journaliste qui appelle une dirigeante d’atelier à Taiwan, qui refuse de laisser visiter ses locaux. Déjà, le long gros plan sur le logo fruitier du téléphone blanc, on se demande si c’est du pas-si-discret placement produit d’un sponsor. On se le demande encore plus quand, l’appel fini, le journaliste baisse le téléphone et on aperçoit, collé derrière, un deuxième appareil plus petit, dictaphone ou téléphone, probablement pour rejouer la conversation pré-enregistrée.

Quelques instants plus tard, visite d’un petit atelier où un ouvrier assemble des morceaux de cuir pour former des chaussures. « Nous découvrons rapidement qu’il travaille chez lui. La dure réalité nous rattrape ».

Oui enfin, comme ça, il peut veiller sur sa petite famille (on voit une dame âgée alitée derrière pendant qu’il travaille), il ne se coltine pas 2h de transport par jour dans des métros ou RER bondés et irréguliers, et il ne travaille pas non plus dans une usine miteuse et dangereuse (on se souvient de l’écroulement du Rana Plaza qui avait fait de nombreuses victimes).

Et accessoirement, vu qu’il travaille le cuir, c’est quand même plus sûr et agréable que de travailler à côté d’une tannerie… Quand je pense que moi et mes collègues rêvons tous que les compagnies qui nous emploient se mettent enfin à appliquer un peu plus le télétravail, ce n’est pas ce qui est le plus choquant dans les conditions de travail de ce monsieur. C’est plus l’empoisonnement au contact prolongé des peaux qui est à craindre.

Suite de l’enquête dans Taiwan. Pour lutter contre les nuisances associées, les tanneries du centre ville ont été fermées pour être rouvertes il y a plusieurs années en dehors des villes. La voix off évoque la rumeur que certaines tanneries clandestines seraient toujours en activité. Alors là, arrêtons-nous deux secondes. Avez-vous déjà approché un cuir fraîchement tanné? Avez-vous même, peut-être, approché une peau en cours de tannage? Imaginez ça à une échelle industrielle, et puisque clandestine dans une filière à bas coût, sans système de ventilation, sans les produits les plus sophistiqués? Ca fait longtemps que les tanneries ont été boutées hors des villes, parce que c’est une des industries les plus pestilentielles inventées par l’homme. Alors une tannerie clandestine ne serait pas si clandestine que ça… Attention, je ne dis pas que ça n’existe pas. C’est juste que si c’est le cas, tout le monde doit savoir qu’elle est là, il suffit de suivre son nez.

Ceci mis à part, encore un reportage édifiant

Associé au reportage rediffusé ce week-end « Du poison dans nos assiettes?« , on en vient à penser qu’on mange du poison, on porte du poison, on respire du poison…

Bon ben laissons-nous mourir alors!

Quatrains du métro parisien N°11 : Le téléphone à pleurs

Quatrains du métro parisien

– N°11. Le téléphone à pleurs

Tu déballes ta vie sans pudeur et sans complexe,

Soûlant la rame entière de ta conversation.

Soudain tu regardes ton téléphone, perplexe.

Bénies les zones des tunnels sans réception.

Quatrains du métro parisien N°10 : Projection

Quatrains du métro parisien

– N°10 : Projection

L’ado déballe ses achats et jette les papiers.

Gênée, son amie les ramasse. L’autre rigole.

« Vas-y, qu’est-ce tu fais? Y’a des gens pour nettoyer! »

Elle assure son futur emploi, la cagole?

Quatrains du métro parisien N°7 : Encombrant.

Quatrains du métro parisien – N°7

Encombrant.

On a beau trébucher sur ton odieux bagage
Occupant la largeur de l’escalier roulant,
Tu ne le bouges pas du milieu du passage.
Le message n’arrive pas jusqu’à ton cerveau lent.

Quatrains du métro parisien – N°6 : Pare-feu d’ambiance

Quatrains du métro parisien

– N°6 : Pare-feu d’ambiance.

Un carré presque vide tente tes jambes lasses.

Tu t’y rues, dépassant les passagers benêts.

Tu réalises trop tard que s’il reste trois places,

C’est à cause de l’odeur du dormeur aviné.

Quatrains du métro parisien – N°5 : Oups.

Quatrains du métro parisien

– N°5 : Oups.

Pour sauter la barrière tu remontes ton futal,

Guettant le con qui paie pour t’ouvrir le chemin.

Derrière moi un bruit sourd de chair contre métal.

Aurais-je refermé la porte de la main?…

Parodie : Accoucher en paix

Parodie : Accoucher en paix

(Sur l’air de « Déjeuner en paix » de Stephan Eicher)

J’abandonne sur une chaise le journal du matin
Les nouvelles parlent d’elle d’où qu’elles viennent
Ils attendent un signal et qu’elle accouche enfin
Dire que ma femme n’est pas encore reine.

Pourtant les nouvelles ne manqueraient pas
Corruption, guerre et bombes
Il y a d’autres sujets plus cruciaux dans le monde
Pourquoi donc la cerner et ainsi l’empêcher
D’accoucher en paix, accoucher en paix

Je vais à la fenêtre et je ferme les rideaux
Paparazzis en fête aux barreaux
Est-ce quand tout va si mal qu’on préfère l’anodin?
Un calmant donné au quotidien

[Répétition] :
Elle en prend son parti en riant
C’est le devoir d’une reine
On n’a aucun pouvoir sur la nature humaine
Malgré tout elle voudrait, si on le lui permet
Accoucher en paix, accoucher en paix

Je regarde sur la chaise le journal du matin
Les nouvelles parlent d’elle d’où qu’elles viennent
Est-ce qu’on aura la paix ?  me demande-t-elle soudain
Une fois le bébé né et nommé ?

Elle en prend son parti en riant
C’est le devoir d’une reine
On n’a aucun pouvoir sur la nature humaine
Malgré tout elle voudrait, si on le lui permet
Accoucher en paix, accoucher en paix

 

 

*Une filk song en anglais, c’est une chanson détournée.

Quatrains du métro parisien N°4 : Play it again, Sam

Quatrains du métro parisien N°4 : Play it again, Sam

La journée fut ardue et tu as mal au crâne.

Quand le métro arrive, chargé d’un violoneux

Massacrant un standard, tu fonces dans l’autre rame.

Perfidie, tu es pris, car il y en avait deux!

Hors sujet : alerte sur la désinfection des sondes en échographie

http://www.lemonde.fr/sante/article/2013/06/03/alerte-sur-la-desinfection-des-sondes-d-echographie_3423042_1651302.html

En gros, il vaut mieux éviter les médecins et les hôpitaux si on veut rester en bonne santé… Sauf cas de nécessité absolue. Alors j’avais lu l’article à sa sortie, mais Télématin vient de faire un sujet sur cette alerte. Interrogé sur les solutions à ce problème, le spécialiste dit qu’il faudrait mettre en place des « vrais » moyens de stérilisation (pas un coup de lingette) sur les sondes.

Marrant ça, l’article du Monde ci-dessus dit que c’était le règlement jusqu’à ce que Mme Bachelot signe la proposition faite par des professionnels de la profession de simplifier un peu le processus, ça coûtait cher à leurs yeux, et puis bon, une lingette ça suffira, sisi.

Ensuite, le spécialiste dit que « le patient doit prendre une part active » dans l’amélioration des choses, d’une part en demandant si l’examen prescrit est réellement nécessaire, car beaucoup d’échos vaginales par ex. ne le sont pas vraiment (dixit lui). … Bon, ce n’est pas nouveau, il paraît que c’est la faute des patients qui sont demandeurs. Je suis sûre qu’il y a des cas, effectivement. Mais j’imagine bien le rapport de confiance patient-médecin.

Ensuite, le patient doit demander avant l’examen si le matériel a bien été stérilisé. Re-bonne ambiance dans le bloc d’examen. Et puis j’imagine bien l’opérateur « Ah ben non on est des gros porcs ici, et on s’en fout que les patients chopent le SIDA ou l’herpès du précédent, alors on nettoie pas les sondes, ça fait gagner du temps. Allez hop, écartez les jambes ». C’est comme au restaurant ça. Quand tu demandes au serveur en regardant le menu « Elle est fraîche votre viande? », tu ne t’attends pas à ce qu’il réponde « Elle devient verdâtre, je vous conseille plutôt le poisson, au moins il est surgelé ».

Mais bon, d’après le spécialiste, ça peut participer à une prise de conscience des praticiens et à l’amélioration des bonnes pratiques.

Alors sinon, en guise de proposition constructive, je suggère qu’on fasse comme dans les magasins et qu’on délègue au « client » (puisque de plus en plus, c’est ce que devient le patient) une partie du processus : dans les magasins, on leur laisse manipuler eux-mêmes les terminaux à carte bleue, ça fait gagner du temps aux caissières. Dans les centres d’examen, confier le nettoyage de la sonde au patient qui va être examiné. Totale responsabilisation!

Pour se rassurer (ou pas, car parfois elles dénoncent) sur la déontologie et l’humanité des médecins, quelques Twitter :

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