Fandom : de l’importance du facteur chance quand on est fan (1)

Il est évident qu’on profitera diversement de son expérience de fan selon qu’on a de la chance ou pas. On se doute que les petits veinards qui tombent par hasard sur le pub / resto de Artiste un jour où il est de bonne humeur, et peuvent taper la discute avec lui un moment et sans stress en gardent un souvenir particulièrement bon. Que ceux qui ont une super place au concert en profitent mieux que ceux qui sont bloqués derrière un géant à coupe afro ou une Suédoise coiffée en choucroute.

J’ai une théorie sur comment on devient fan – c’est une dynamo à endorphines.

A contrario, et toujours d’une façon Pavlovienne, il y a pas mal de facteurs qui peuvent me détourner d’un fandom. Évidemment, le premier est le produit (ou la production, si le terme choque les Aâârtistes) principal – musique, livre, série…

anim_dark willow books

Par exemple, j’ai décroché rapidement de la série Buffy dès sa fin. Pas parce qu’elle s’est finie : je suis restée fan plus ou moins active de plein de films ou séries finies depuis longtemps et même pas revues ensuite. Mais parce que la saison 6 m’avait déjà fait grincer des dents plus d’une fois, par sa construction que je trouvais forcée sur plusieurs points. Et la saison 7, la dernière, était de mon point de vue un gros ratage, mal ficelé, pas crédible, où Joss Whedon n’avait remis son grain de sel que pour y recaser un acteur de Firefly suite à l’arrêt de cette série-là. Depuis, je boycotte plus ou moins les oeuvres de Whedon, qui m’agace, et dont accessoirement je trouve qu’il peine à renouveler ses ficelles donc je n’ai pas l’impression d’y perdre grand chose artistiquement…

 

Mais même si la qualité du produit se maintient, les conditions externes jouent aussi. Il y a des artistes dont je ne continue à apprécier les oeuvres que parce que j’évite soigneusement de lire ou regarder leurs interviews. Parce que, pour être honnête, quand je le fais, je les trouve désagréables. Pas forcément bêtes (quoique…), mais plutôt dans le registre « personne dont j’éviterais la compagnie si c’était quelqu’un de mon entourage, alors comme ce n’est pas le cas, autant ne pas m’infliger leurs interventions sur YouTube ». Surtout chez les musiciens. J’ai fréquenté le milieu juste assez pour avoir envie de m’en tenir à apprécier les artistes sur scène. Parce qu’en dehors, hrm… En tout cas sur un échantillon pas forcément représentatif, on n’est pas trop faits pour s’entendre.

Tant que ça ne se ressent pas trop dans la musique et les paroles, j’arrive à les apprécier encore. Mais du coup je garde mes distances.

Brian

Toute ressemblance…

Des fois, ça n’a pas grand chose à voir avec l’artiste, mais juste avec les circonstances. Par exemple, le timing. Avec James Marsters, on a toujours eu des timings contradictoires. Il était mauvais en concert juste avant les séances dédicaces, ce qui me rendait peu enthousiaste. Et quand on est atteint du syndrome de Bacri, ça se voit quand on se force à être aimable. Et les fois où il était bon, je n’avais pas l’occasion de l’en féliciter.

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Fandom : ma fan-attitude suit une courbe de Gauss (4)

Suite et fin (comment ça, « enfin! » ?…) de mon itinéraire de fan gâtée. Enfin, côté musique et gens qui existent, en tout cas.

Episode 1.
Episode 2.
Episode 3.

4) Le creux de la vague

Certains artistes préfèrent laisser parler leur art, et des fois je suis d’accord avec eux : c’est souvent plus intéressant que le reste. Je me souviens en particulier d’un musicien avec qui mes 3 tentatives de conversation ont fini autour de l’alcool au bout de 2 phrases. La première fois, il m’a dit « Désolé, je ne peux pas parler français quand je suis bourré » au bout de 2 phrases (il aurait parlé en anglais, ça m’aurait convenu, mais les étrangers adooooorent les Françaises. Et puis j’étais habillée en punkette goth-rock en mini-short et bas résilles ce soir-là. Ca marche vachement mieux que le look BCBG ou normcore pour engager la conversation avec des musiciens, j’ai remarqué).

anim_jennifer lauwrence

La seconde fois, je lui demandais pourquoi il gardait ses lunettes noires en dédicace, il m’a répondu que c’était parce qu’il avait la gueule de bois.
Et la 3e, je l’ai questionné sur un de ses tatouages, et il m’a raconté une anecdote à base d’alcool dont j’ai oublié le détail, quelque chose comme « Je l’avais fait faire un jour où j’étais bourré il y a longtemps, et je suis allée le faire redessiner l’an dernier ».

… Je n’ai rien contre les gens qui boivent de l’alcool de façon récréative, comme on dit en anglais, mais quand ça en arrive à infiltrer (imbiber, plutôt…) toutes les conversations au bout de 2 phrases, c’est de l’alcoolisme, hein. Ou alors c’est qu’ils pensent que ça donne l’air cool de brandir leurs beuveries en étendard. La mentalité de lycéen « je suis trop un rebelz moi, tavu je suis un grand je bois! », ça passe encore quand tu as 20 piges, en tout cas c’est compréhensible, mais le mec en question en avait 30 et quelques. Passé 25 ans, je trouve ça plutôt pathétique personnellement, comme toutes les manifestations forcées de coolitude. D’ailleurs la dernière personne à m’avoir abordée par une phrase de ce genre, c’était un clodo qui avait l’air de ne pas avoir consommé que de l’alcool.

Du coup, ça avait mis fin à la conversation, parce que je ne voyais pas comment embrayer là-dessus. Et il n’a pas insisté (sauf la fois où j’étais en mini-short, mais perso après une remarque pareille j’ai juste envie de répondre « Ok, ben décuve bien alors, ciao »).

monsieur bourré

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Fandom parodie : Patrician

Le contexte : encore une chanson de James Marsters inconnue des non-fans (et même des fans qui ont eu la chance d’échapper à ses incursions musicales).

Ainsi que son titre l’indique, cette chanson est dédiée à sa petite amie d’alors, devenue sa femme depuis. Comme d’autres artistes avant ou après lui (Neil Gaiman, je pense à toi), tomber amoureux d’une femme (nettement) plus jeune que lui a semble-t-il réveillé en lui la fibre poétique d’un lycéen. Comme le dit Giles à Wesley qui se demande s’il serait correct d’inviter Cordelia au bal de promo, « She’s 18, and you have the emotional maturity of a blueberry scone » (« Elle est majeure, et vous avez la maturité émotionnelle d’un scone aux myrtilles »). Cad qu’il a fait rimer « cool » et « fool », pour vous donner une idée du niveau. J’avais l’impression que même moi je pouvais écrire mieux.

Déjà que les artistes ne sont pas forcément les personnes les plus matures de la planète…
Devinette : savez-vous pourquoi les hommes célèbres d’un certain âge sortent avec des filles plus jeunes?
(réponse en fin d’article)

Je comprends l’attrait de la fraîcheur, c’est un peu pour ça que j’ai recommencé à lire des mangas light genre Yotsuba, ou écouter du Tokio Hotel. Tant qu’à écouter des chansons immatures, autant qu’elles soient interprétées par des gens qui ont l’excuse de l’âge pour le faire. C’est mieux pour le moral que les vieux et la réalité. Mais comme en concert, j’aime participer en chantant, il y a des limites à ce que je peux chanter sans lever les yeux au ciel. C’est d’ailleurs pour ça que j’apprécie plus rarement des artistes francophones : c’est encore plus dur de faire abstraction des paroles en français qu’en anglais. Or il est rare que je me projette dans les paroles d’artistes français (Zaz ou Zazie, je zappe). Et quand le fond ne pose pas de problème, c’est parfois la forme qui me hérisse les oreilles.

Ici, c’est la sonorité du prénom de la dulcinée qui m’a inspiré cette parodie, qui n’a aucun rapport avec elle, puisqu’en anglais, cela rappelle « Patrician », le Patricien, titre du chef suprême de la ville d’Ankh-Morpork, dans la série du Disque-Monde du regretté Terry Pratchett. Et le Patricien Havelock Vetinari (Veterini dans la version française) méritait bien une chanson. Terry Pratchett, son créateur, l’aurait bien vu incarné par Alan Rickman (oui, Rogue dans Harry Potter), si ça peut vous intéresser à lui.

Vetinari dessiné par Paul Kidby

Vetinari dessiné par Paul Kidby

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