Capsules de Japon : (4) les chats

Je savais que les Japonais adoraient les chats, mais j’ignorais qu’on en trouvait des vrais à tous les coins de rue ou presque. Et comme les gens ne les maltraitent pas, ils sont rarement farouches. Pas toujours d’humeur à se faire grattouiller, mais ça, c’est les chats…

Il y a aussi beaucoup de chats des rues, pas tous bien nourris. Dans les parcs et sanctuaires, en revanche, j’ai croisé plus d’un petit vieux nourrissant discrètement chats, pigeons, etc. Et même, sur le Chemin des Philosophes, à Kyoto, une petite carriole suspendue servant de dodo aux chats errants, avec à côté écuelles, brosses et tout le nécessaire pour les nourrir sans salir le lieu.

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Ce spécimen particulièrement affable déambulait dans le parc du château Himeji (plus connu pour sa blancheur immaculée et son surnom de Château Héron). Lui et tous ses petits camarades avaient, pour la plupart, la même découpe dans l’oreille. Je suppose que les gens qui s’en occupent pratiquent le même signe de reconnaissance qu’aux USA, à savoir que les chats errants sont capturés, stérilisés, et ainsi marqués. De sorte qu’il est facile de reconnaître quels sont les chats stérilisés qu’on peut laisser déambuler sans risque de prolifération.

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Guide : un concert de Babymetal au Japon

Petit guide à l’intention du gaijin paumé qui wakarenai le nihongo, mais qui tenterait bien l’aventure pour voir son groupe préféré dans son pays d’origine (valable aussi pour d’autres groupes nippons, a priori). (c’est à dire ce que j’aurais aimé lire avant de partir histoire d’apaiser la control freak en moi)

Un concert de Babymetal au Japon, c’est comment ?

C’est extrêmement bien organisé. Déjà, je trouvais les avant-concerts de Tokio Hotel très bien organisés quand c’était les VSD Hamburg qui s’en chargeaient (maintenant avec leur nouveau staff… not so much). Mais là, on atteint un autre niveau.

Première étape : les billets

La mise en prévente des billets réservée aux fans s’est faite par tirage au sort, déjà expliquée dans un article précédent. Ensuite, les billets restants étaient proposés en vente « normale ».

Pour le retrait des billets, c’est à faire le jour même, au guichet, muni de la copie de la confirmation de votre commande et d’une pièce d’identité (et de la carte qui a servi à la commande, d’après le mail envoyé pour expliquer les modalités de retrait, mais dans les faits, ils ne la demandent pas). Le personnel parle assez bien l’anglais pour la tâche.

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Il est précisé que personne d’autre ne peut retirer les billets, même muni des pièces ci-dessus. Il ne faut pas avoir d’empêchement. Il est aussi précisé que les billets sont nominatifs et qu’ils vérifient à l’entrée, mais vu que je n’y ai pas eu droit, je suppose que ce n’est vrai que pour les billets en fosse (mosh’sh pit dans le jargon Babymetalien, version soft du mosh pit). En effet, celui-ci est réservé aux membres The One, qui doivent donc présenter leur « carte de membre » (ou copie d’écran, telle que représentée ici au-dessus à gauche du panneau) en sus des autres éléments.

Pour les désespérés qui cherchent une place au dernier moment : il faut suivre sur Twitter les « big name fans » qui sont sur beaucoup de concerts, comme Papimetal, ou regarder les communautés de fans. La vente étant censément interdite, ça se passe par réseau et sur place après retrait des places. Donc il faut demander à la cantonade. C’est facilité par le fait que, les concerts étant souvent le week-end, les fans se regroupent sur place même sans faire la queue, juste pour papoter. Et que les fans de Babymetal sont franchement sympa. Le matin du concert, après une semaine à me sentir quand même décalée à 10 000 km de chez moi, j’arborais un T-shirt BM dans le métro (il faisait encore chaud). Je commence à croiser plusieurs fans qui comme moi en portaient, et aussitôt, d’un bout à l’autre d’une rame, ou d’un quai, on a échangé des sourires et des signes du renard. D’un coup, je me suis sentie chez moi…

A savoir : beaucoup de fans viennent les bras chargés de petits cadeaux « babymetalisés » faits main. La prochaine fois, je ferai de même pour avoir quelque chose à leur donner.

Les goodies et l’avant-concert

Ça, c’était la partie facile. Parce qu’après, il y a la queue pour le merchandising. Si. Si les fans de Babymetal font la queue, ce n’est pas pour l’accès à la fosse, mais pour les stands de merchandising. « Gu dzu » en katakana (pour « Goods »).

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Avant même d’arriver à l’île du château d’Osaka, y’a la queue…

Ceci pour plusieurs raisons :

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Capsules de Japon : (3) les toilettes

Les toilettes japonaises hyper modernes multi-fonction sont très connues. J’appelle ça les toilettes à la Bonaldi. Des boutons pour se doucher le cucul, le concon, désodoriser, faire du bruit pour couvrir les bruits inconvenants, chauffer le siège…
Par contre, pour tirer la chasse, c’est toujours le système à l’ancienne derrière du bouton-poussoir, voire de la tirette. Vintage.

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C’est aussi flippant quand vous avez le modèle luxe qui relève l’abattant quand vous passez devant. Ou qui déclenche une mini-chasse d’eau quand vous vous asseyez (pas top non plus si vous êtes pris d’une envie nocturne et que vous ne vouliez pas réveiller votre voisin de chambre). Ou si vous restez trop longtemps dessus.

Les toilettes nippones, c’est 50l d’eau gaspillées et 2 mini crises cardiaques par jour.

Ce qu’on sait moins, c’est que dès qu’on s’éloigne des centres commerciaux, « toilettes japonaises », ça veut dire ça :

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Grosso modo des toilettes à la Turque, en moins salissant pour les pieds.
Dans ces lieux là, il faut chercher le bocal « western » pour trouver un siège.

C’est sans doute pour cette raison qu’on trouve fréquemment, dans les dites toilettes, un mode d’emploi, en japonais, en anglais, en coréen, et (si je ne m’abuse) en deux dialectes de chinois (mandarin et cantonais?) :

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Je suppose que, l’occidentalisation du Japon s’étant faite à vitesse grand V, mais pas partout au même rythme, il peut encore y avoir des personnes âgées ayant peu croisé de toilettes à l’occidentale, et que c’est prévu pour eux, ainsi que pour les touristes.

Exemple parfait du cliché « Japon, entre modernité et tradition » (et ouate de phoque)…

Autre particularité moins connue : beaucoup de « box » de toilettes publiques sont équipées de sièges bébé pour caler votre bambin en toute sécurité pendant que vous faites votre petite affaire. Et, plus surprenant car jusqu’ici je l’avais surtout vu dans les pays nordiques, des « espaces bébé / change » unisexe et non seulement dans les toilettes des dames. Comme quoi…

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Capsules de Japon : (2) Les Kitkat bizarres

C’est un des clichés sur le Japon, qui comme d’autres se vérifie puissance 10 : les KitKat aromatisés bizarres. Exemple :
Goût matcha, hojicha, pomme, « pudding de Kobe », mais aussi cheesecake au fraise, ou wasabi. (Liste non exhaustive)

Ils font même du sake au goût de Kitkat! Oo

Par contre, pour trouver des KitKat standard au chocolat au lait, rouges… impossible.

Je n’en ai goûté que quelques uns :
– hojicha : sucré, le goût de thé, assez âcre, se révèle en fin de bouche après que celui de chocolat (blanc?) soit passé.
– macha : commence par un petit goût d’herbe et finit sur un goût de thé, moins prononcé que le hojicha.
– kobe pudding : apparemment un genre de crème caramel à la vanille, si j’en juge au goût du KitKat.
– shinshu apple : goût de pomme un peu chimique façon yaourt sans morceau.

Capsules de Japon : (1) les Gatchapon

Je me suis demandé comment partager ma visite au Japon… Un compte-rendu linéaire serait parti dans tous les sens de toute façon. Alors je ferais des articles plus détaillés sur certains points forts de mon séjour, quand j’aurais plus de temps pour trier et traiter les photos… mais en attendant, j’ai préféré vous parler de petits aspects anodins, parfois connus voire clichés (après tout, c’est mon premier voyage au pays de Soleil Levant, c’est donc le temps de la confrontation entre ce que j’en savais ou croyais en savoir et de la réalité…), parfois moins. Aperçus mono-thématiques et light d’une première visite au Japon.

1) les Gatchapon

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Ce sont les gadgets qu’on trouve un peu partout dans des distributeurs, en aussi grand nombre que les distributeurs de boissons. Oui, je sais, on en trouve aussi un peu en France, dans les allées des centres commerciaux et les aires d’autoroutes. Bizarrement, ceux du Japon sont plus tentants. Et surtout plus variés, allant comme souvent du kawaii cromignon au wtf complet.

Il y en a même quelques uns à l’aéroport pour se débarrasser de ses pièces avant de quitter le Japon – mais j’ai préféré les utiliser dans le fauteuil massant.

Aperçu…

Concert : Bandmaid à la Boule Noire, 4 novembre 2017

C’est curieux : la dernière fois que je suis venue à la Boule Noire, pour voir French Tobacco, je suis arrivée après le boulot, les portes étaient ouvertes, mais les gens présents, pour la grande majorité, glandaient au bar ou discutaient vers le fond de la salle. Je n’avais eu aucun mal à me retrouver au premier rang.

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Miku (chant et guitare) et Misa (floue)

Ici, arrivant 20mn avant l’ouverture des portes, je me suis retrouvée derrière 8 rangs de fans, dont pas mal de types de grande taille. Donc adieu les vidéos, les photos sont réduites au strict minimum. Et question performances scéniques, je m’estime heureuse d’avoir pu voir assez souvent Saiki, la chanteuse, et Miku, la guitariste et seconde voix. MISA, la bassiste, était plus loin, et Kanami la seconde guitariste m’était le plus souvent cachée par des têtes, mais j’ai quand même vu cette dernière s’animer et enjoyer sa life quand il est devenu évident que le public répondait bien. Quant à la batteuse, Akane, je ne l’ai vu que 2 fois, dont une quand elle a quitté la scène à la fin.

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Seule photo potable d’Akane (batterie)

Comment présenter Bandmaid? Déjà, évacuons la comparaison avec Babymetal, autre groupe de filles japonais souvent évoqué sur ce blog. Les deux groupes n’ont en commun que d’être des filles en jupes venant du Japon et faisant de la musique qui envoie du lourd. Dans Bandmaid, les filles ne dansent pas – enfin, elles bougent, mais pas des chorés codifiées -. Vu le rythme très rapide des paroles sur la plupart des chansons, Saiki ne pourrait de toute façon pas conjuguer chant et danse. Par contre, elles jouent de leurs instruments. La principale comparaison qui me vient, ce serait à des groupes de rock féminin comme les Bangles (qui n’ont pas toujours été pop), les Four Non Blondes et autres.

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Kanami (guitare)

Spécificité japonaise : l’imagerie et la com’ inspirée des hôtesses de « maid café », Miku, la fondatrice du groupe, ayant eu cette idée après avoir travaillé dans un établissement de ce genre. De fait, c’est celle qui semble le plus adhérer à cet esprit, les autres n’en conservant que quelques éléments vestimentaires, mais dans un style plus « lolita gothique » que maid. C’est particulièrement apparent les quelques fois où Miku prend la parole (essentiellement en japonais), demandant aux « master and princess » de la salle de reprendre en choeur « moe moe » et « cune cune » d’une voix kawaii typique des maids. Le public obéit volontiers même si, je pense, la plupart comme moi ne pannent pas un broc de ce qu’elle raconte – sauf ses bribes en anglais. Comme quoi, les masters ne sont pas là où ils semblent être.

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Saiki au chant

Et de fait, à l’inverse total de leur look de soubrettes, sur scène, ce sont les Bandmaid qui font la loi. Leur musique est puissante, rapide, et mène au côté obscur pardon, automatismes… pleine d’énergie. Saiki commande régulièrement les « call and response » de la foule, qui scande alors des Ho! Ho! Ho en brandissant des cornas. Le reste de la communication est assuré par Miku. Le light show est présent mais discret. L’étroitesse de la scène limite les mouvements, et en guise de pause, les filles ne peuvent guère que se contenter de tourner le dos au public – un membre du staff fendra même la foule sur le côté en plein concert. La Boule Noire, c’est intime comme salle…

Bandmaid

Misa (basse) et Miku (floue)

Le groupe assurait ici son 2e concert en France (leur premier était déjà à la Boule Noire il y a un an presque jour pour jour), dans le cadre de leur 2e tournée européenne. Elles ont encore 2 concerts prévus en Allemagne (décidément toujours plus friand de ce type de mélange que la France).

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Certains des concerts proposaient une formule VIP, à 55 eur au lieu des 20 du billet normal. La formule VIP incluait une entrée en priorité (à 18h), un meet&greet, une photo exclusive et l’accès au merchandising avant la foule. Pas exorbitant, parce qu’à 20 eur l’entrée pour une salle de 200 personnes, j’aurais un doute sur la rentabilité du voyage depuis le pays du Soleil Levant. Mais à Paris, la salle était pleine de fans qui ont dévalisé le stand de merchandising – qui proposait 2 styles de T-shirt et un hoodie, ainsi que les deux CD du groupe.

Keine Zeit, keine Zeit

Je pensais qu’avoir prévu une semaine de posts planifiés me laisserait le temps de dépiler mes photos du Japon pour commencer à poster des articles dessus, mais diverses considérations matérielles se sont, comme de bien entendu, mises en travers de ces bonnes intentions.

Aussi, je ne peux vous proposer pour l’instant que cet échantillon typique :

japon_cafe kaiketei

Evidemment, comme je ne sais pas comment WordPress gère le changement d’heure, ceci ne se postera sans doute pas à l’heure prévue…

Exposition : Architecture Japonaise, Gare de l’Est

Depuis plusieurs années, le service Gares et Connexion de la SNCF tente d’égayer les espaces de transport avec des activités culturelles.

Après les concerts de midi de la Gare Montparnasse jusqu’à 2015, l’extension de l’expo Gus Van Sant à la Gare de Lyon l’an dernier, et les diverses expositions de la gare de l’Est sur l’Allemagne ou la Grande Guerre, c’est encore cette même Gare de l’Est qui orne ses grilles de belles photos d’architecture.

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Le prétexte en est la Saison Japonaise au centre Pompidou de Metz (desservi depuis cette gare). Et en particulier l’exposition sur l’architecture japonaise, qui, si vous m’excusez ce cliché, dégage le zen et le dépouillement souvent associé à cette culture.

Ça repose agréablement les yeux, dans ce quartier pas particulièrement photogénique.

L’exposition, gratuite, est visible du 9 septembre 2017 au  janvier 2018, à peu près aux mêmes dates donc que l’exposition de Metz sur l’architecture japonaise (qui sera suivie par une sur la création contemporaine au Japon).

Post-scriptum : Umami Matcha Café, 1 an après

Parler des lieux quand ils font le buzz, c’est bien, mais tout le monde le fait. En parler pour voir comment ils évoluent dans le temps, on n’y pense pas toujours.

J’ai fait un article sur ce restaurant – épicerie japonais (tenu par des français nippophiles) en juin 2016. Depuis, conquise par la carte, j’y suis retournée plusieurs fois. C’est une adresse qui ne démérite pas : pour éviter la lassitude (celle du chef et celle des clients), et pour suivre les saisons, ils changent régulièrement la carte – au grand dam des aficionados de leur Tiramisu macha.

Petit panorama en images au fil des mois…

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Ils ouvrent désormais également le dimanche de 11h30 jusqu’à 15h pour une offre de brunch d’un bon rapport qualité-prix et original, dont un végétarien et sans gluten. L’équipe s’est renforcée, le succès étant au rendez-vous. A l’occasion, ils font découvrir de nouveaux produits pour tester l’accueil du public français, et enrichissent ainsi l’offre de leur rayon épicerie.

Lisez aussi cet article de Divinithé pour en découvrir plus sur les fondateurs du lieu.

L’important dans les rencontres, c’est les voyages

Il y a quelques années, j’expliquais à quel point je détestais cette platitude des vacances, « L’important dans les voyages, c’est les rencontres ». Mais je ne suis pas toujours asociale. Surtout quand ça permet de voyager.

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Il y a quelques temps, j’étais allée tester le salon de thé japonais Tomo. Comme c’était blindé, les clients faisaient la queue, debout, un certain temps avant qu’une table ne se libère. Quand son tour est arrivé, une cliente a proposé aux 2 jeunes filles qui attendaient derrière elle de partager la sienne. Les 2 filles hésitant, j’ai invité la dame à s’asseoir à la mienne, supposant d’une part les filles préféraient sans doute papoter seules, et d’autre part que vu son réflexe poli, la dame devait être d’une agréable compagnie. Ca ne me dérangeait pas de partager ma table avec quelqu’un de serviable.

En plus, elle était japonaise. Du coup, elle m’a remercié, et a engagé la conversation en me demandant si j’étais allée au Japon. J’ai répondu que non, mais j’aimerais bien. Elle m’a conseillé Kyoto, trouvant que Tokyo c’est « une grande ville, comme Paris » (cad, vue sa moue et ses explications à demi-mot, moche, bruyant et trop rapide). On a parlé gâteaux japonais, elle était ravie que je connaisse aussi les autres pâtisseries nippones de Paris, Toraya et Aki, et m’a donné son avis sur les spécialités respectives des uns et des autres.

Elle m’a raconté sa vie, que c’était l’anniversaire de ses filles, qui vivent à l’étranger (l’étranger de France, et l’étranger du Japon aussi). J’ai casé un Arigato gozaimasu qui l’a surprise et faite rire, apparemment mon accent est bon (pour quelqu’un qui ne parle pas réellement japonais…). On a échangé quelques mots de japonais sur le peu que je connaissais. Nos consommations terminées, on est parties en même temps, et elle m’a lancé un Sayonara cordial. Ca faisait un peu bizarre, mais dans le bon sens.

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Dans la même lignée, je travaille maintenant dans un quartier cossu. Un midi, j’achète un dessert dans une boulangerie. La vendeuse volubile et pakistanaise (ou proche) aborde joyeusement une habituée, en lui disant qu’elle est bronzée (lol ironie). La cliente répond dans un français fragmentaire qu’elle revient de vacances au ski dans son pays, en « norwaige ». La vendeuse lui demande c’est quoi déjà son pays, la cliente répète. Je souris à part moi, reconnaissant à la fois l’accent et le français « traduit de l’anglais » – je fais le même genre de raccourci quand je ne connais pas des mots en allemand, je tente une prononciation allemande d’un mot anglais…

La cliente est juste devant moi quand on sort de la boutique, et me tient la porte. Je lui dis « Tusen Tak », elle marque un temps d’arrêt puis rit et me parle en glut. Je l’arrête vite en disant en anglais que je ne connais que quelques mots en norvégien (cad en fait surtout le Tusen Tak, qui signifie merci beaucoup), mais que comme j’ai entendu sa conversation, ça m’a paru amusant de le sortir. Elle confirme que ça fait plaisir d’entendre quelque chose de familier, s’étonne quand même de pourquoi je connais ces mots. Et je lui dis donc que je l’avais appris par politesse avant un voyage à Oslo, dont je loue brièvement les mérites. Elle est repartie contente que sa patrie soit appréciée.

J’aime bien les gens qui viennent de pays que j’aime (Vous remarquerez que dans les deux cas, c’était des gens bien élevés. Ceci expliquant cela).

Et depuis que j’ai moi aussi voyagé, j’ai remarqué que même sans être un nationaliste convaincu, quand on est loin de chez soi (surtout pour du long terme), ça fait plaisir de retrouver des sons connus.

Kaffeehaus Berlin