Post-scriptum : concert de Matsuzaki Nao et son compte Twitter

Dans mon précédent article, je faisais l’éloge de la chanson qui clôt les documentaires 72 Heures de la chaîne NHK World (l’équivalent nippon de TV5, cad une chaîne représentant le pays à l’étranger. Les programmes sont diffusés en anglais et non en japonais), une ballade nostalgique de Matsuzaki Nao, intitulée « Kawaberi no ie », la maison près de la rivière.

En l’écoutant sur Youtube, le célèbre site m’a suggéré un petit concert accoustique de la dame de 2014. Sympa! Sur la chaîne Hakoniwamarking :

Et elle a un compte twitter : @naonks

Et un site web : https://matsuzakinao.com/

Ce qui permet de voir qu’elle est encore en activité. Elle y a récemment posté un lien vers une autre performance disponible sur YouTube, enregistrée en concert en janvier dernier, avec son groupe Shika no Ichizoku :

Cerise sur le petit cake, on peut même acheter un peu de sa musique en ligne (Amazon, Spotify…). Apparemment, Kawaberi no Ie est son tube, la chanson qui est reprise à chaque fois. Mais le reste est agréable à écouter aussi. Merci NHK World.

La jolie chanson de générique des documentaires 72 heures de NHK World

Je regarde beaucoup NHK World depuis que j’ai réalisé que ça faisait partie de mon package du câble. C’est souvent zen, sans doute sponsorisé par l’office du tourisme nippon vu le nombre de clichés débités au kilomètre, mais on découvre aussi, dans les divers programmes de reportages bienveillants et sans habillage tape à l’œil (… à part l’ancienne émission kawaii, mais ça fait longtemps que je ne l’ai pas vue), le quotidien de japonais lambda. The Professionals, en particulier, c’est 1h pour montrer tous les aspects du travail d’un professionnel. Parfois un éminent docteur ou un inventeur, un artisan héritier de 5 générations, mais pas toujours.

Le lac Ashi à Hakone

Je me souviens d’un numéro récent, tourné pendant la pandémie, sur un « simple » chauffeur de bus de la région de Hakone, Omori Toru, qui déplorait que la ligne soit désertée faute de touristes étrangers (le Japon a plus ou moins complètement fermé ses frontières aux étrangers depuis le début de la pandémie). Il avait passé une bonne partie de sa vie à assurer ce service essentiel de conduire des gens d’un endroit à un autre, des habitants du coin sans voiture aux touristes, et c’était touchant de voir à quel point ça lui manquait. D’autant plus touchant que si ça se fait, j’ai fait partie de ses passagers : j’ai passé 3 jours et 2 nuits à Hakone lors de mon 2e séjour au Japon, pour une pause au vert au milieu de mon séjour à Tokyo, dans l’espoir de voir le Mont Fuji (en vain. Mais c’était une chouette escapade quand même, ça change des grandes villes). Et ne conduisant pas, j’ai beaucoup utilisé les bus de ce coin (ainsi que le téléphérique, le bateau pirate, etc).

Le lac vu à travers le grand Torii

Une autre émission proche des gens est 72 Hours, qui comme son nom l’indique, passe 3 jours entiers à un endroit pour documenter les gens qui y passent (résumé en 1h). Un petit konbini (supérette) dans une petite ville en bordure de route. Un bateau faisant la liaison entre les 2 grandes îles de Honshû et Hokkaido. Un bassin de pêche aux poissons rouges. L’itinéraire d’une bibliothèque ambulante dans une région rurale. Tout un tas de petites rencontres touchantes.

Le volcan d’Owakudani, à voir si vous passez dans la région de Hakone

On sait qu’il est temps de quitter cette parenthèse de Japon si banalement humain, pourtant si différent de la France, quand retentissent les premières notes d’une douce chanson, toujours la même, qui évoque la mélancolie, la fin de l’été peut-être. Seul le nom de la chanteuse, Matsuzaki Nao, est indiqué dans les crédits de fin d’émission. J’ai fini par trouver également le titre : Kawaberi no ie. Sans googler, je dirais que ça veut dire la maison au bord de la rivière, mais je peux me tromper. Je comprends juste un mot par ci par là, larme, souvenir… Mais à chaque fois, ça me serre un peu le cœur. Retournons au bord du lac Ashi… (le gars qui a fait la vidéo ci dessous l’a illustré avec des images de Manchester et Salford, rien à voir, mais au moins c’est la bonne chanson).

Cinéma : Une affaire de famille, de Hirokazu Kore-Eda

Vu sur Arte « Une affaire de famille » de Hirokazu Kore-Eda, palme d’or à Cannes 2018. Ken Loach était absent sans doute alors ils ont trouvé un autre pays pour parler de la misère, et le Japon on n’a pas l’habitude. Il paraît d’ailleurs que le film a été assez mal accueilli là bas par le gouvernement et une partie de population car perçu comme encourageant le vol et autres comportements déviants- au passage, la traduction du titre japonais est « La famille des vols à l’étalage ».

Une famille idéale ou presque

Le pitch: une petite famille (en apparence) survit de petits boulots et de la pension de la grand-mère Hatsue dans la vieille maison traditionnelle de celle-ci : Osamu le « père » travaille sur des chantiers et apprend le vol à la tire au jeune Shota. Nobuyo la « mère » perd son boulot à la blanchisserie en cours de film. La jeune Aki fait des strip tease dans un peep show. Un soir d’hiver, Osamu et Shota découvrent la petite Yuri, 5 ans, bloquée dehors sur un balcon. Ils la ramènent chez eux pour qu’elle dîne au chaud, et découvrent des marques de coup sur ses bras. Ils essaient de la ramener chez elle en pleine nuit, mais les bruits de dispute musclée entre les parents les dissuadent (« Moi non plus j’en voulais pas de cette gosse ! »). Ils gardent donc l’enfant, qui ne semble pas pressée non plus de retrouver ses parents biologiques.

Au fil du film, dont l’action s’étend sur une année, on apprend que tous ces gens ont pour seul point commun un itinéraire cabossé et manquant d’amour, et qu’ils se sont adoptés les uns les autres.

Spoilers ci-dessous.

Parenthèse à la mer

Mais la réalité finit par les rattraper et la société japonaise, qui ne reconnaît que les liens du sang, sera intraitable avec leur famille de cœur.

Film moins déprimant que ne le suggère le résumé, sauf vers la fin, parce qu’on s’attache à ces cœurs cassés sans les juger, en dépit de leurs petits et gros travers- l’immaturité d’Osamu, ses manœuvres avec Nobuyo pour profiter de la pension de la mamie, elle-même allant soutirer de l’argent au fils de la 2e femme de son ex-mari…. Les acteurs sont tous géniaux, y compris la toute petite Yuri/Shuri/Rin.

Le documentaire qui suit le film, sur Arte, met en lumière à quel point les liens du sang et la famille « normale » sont encore considérés comme incontournable et la seule norme là bas. Rien que dire que les liens du sang ne sont pas toujours top, c’est tabou. A croire que l’adoption ils ne connaissent pas. (pourtant ils pratiquent depuis très longtemps même et surtout dans les lignées nobles pour assurer la continuité de la maison, et dans les commerces également, pour la transmission qui est très importante. Donc famille « choisie » au lieu de génétique).

« S’ils t’ont dit qu’ils te frappaient parce qu’ils t’aimaient, ils mentaient »

A ce titre, les paroles de l’enquêtrice à Nobuyo « On ne peut pas être mère sans avoir accouché » sont extrêmement violents pour tous les parents adoptifs de la planète. Alors que je suis bien d’accord avec la phrase de Nobuyo à laquelle elle répondait « Vous croyez qu’il suffit d’accoucher pour devenir mère ». Pour moi il y a les géniteurs et les parents, dans la plupart des cas ce sont les mêmes, mais pas toujours.

Autre différence culturelle expliquée par la spécialiste française : le concept de charité n’existe pas vraiment dans la société japonaise. Ceux qui ne réussissent pas, c’est forcément qu’ils n’ont pas assez « ganbaru », persévérer. Et une grosse tendance à mettre un couvercle sur les problèmes (de maltraitance, de pauvreté…). Une étude a montré de plus que les enfants maltraités chez eux étaient aussi plus souvent victimes de harcèlement à l’école- comme s’ils portaient sur eux une étiquette de souffre-douleur.

Bref, il n’y a effectivement pas beaucoup de films japonais qui montrent ces gens là. Mais ce film montre une période de répit pour cette petite bande hétéroclite.

L. A. Little Tokyo Map

Au quartier Little Tokyo de Los Angeles en septembre dernier, je me suis offert une expérience typiquement nippone que je n’avais pas eu l’occasion de vivre lors de mes deux séjours au Japon : entrer dans un Koban (commissariat de quartier) pour demander un renseignement. Il se trouve que celui là sert aussi de mini office de tourisme du quartier. A ce titre, il distribue des cartes, certes succinctes, mais bien suffisantes, Little Tokyo étant plus little que Tokyo.

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Au Weller Court, genre de petit centre commercial en plein air (on est à « elleïh » après tout), on trouve un hommage au premier astronaute américain d’origine japonaise, Eli Onizuka (qui donne son nom à la rue), décédé dans l’explosion de la navette Challenger.

On trouve aussi une petite échoppe de boba tea/matcha, le Midori Matcha Café.

Calendrier de l’avent d’avant : idée cadeau 9 : un sanctuaire inari chez soi

Si tu ne vas pas z’au Japon, le Japon viendra-t-à toi.

 

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C’est au Renard Doré, la librairie spécialisée en culture japonaise (littérature, mangas et produits dérivés) que j’ai découvert l’existence des Pusu Pusu, genre de puzzles en 3D en carton, faits de petites pièces prédécoupées qui s’emboîtent les unes dans les autres pour former des dioramas d’endroits célèbres (« Pusu Pusu c’est le bruit que ça fait). Comme ce sont des produits japonais, on trouve tout plein de lieux typiquement nippons, comme un sanctuaire shinto, le mont Fuji et autres.

C’est un peu l’équivalent 3D des coloriages zen. Obligation de rester calme et d’y aller en douceur pour ne pas abîmer les petites pièces. Et voilà, vous pourrez reconstituer tout un paysage nippon. Attention, risque d’addiction.

https://boutique.lerenarddore.fr/product/show/pusu-pusu-mont-fuji/7

Calendrier de l’avent d’avant : idée cadeau 8 : livre : Maneki-neko et autres histoires d’objets japonais, de Joranne

Depuis des années, Joranne illustre sur son blog et son compte Twitter l’origine et le sens des petits objets typiquement japonais, comme le Maneki-neko, les marimo, les slips en ruban, les noren…

A partir d’aujourd’hui, vous pouvez en acheter la version livre augmentée et complétée, aux éditions Sully, collection Le Prunier. Enfin, on va pouvoir s’instruire en rigolant en feuilletant du beau papier. Merci Joranne!

joranne

Calendrier de l’avent d’avant : idée cadeau 3 : goodies : Hello Kitty pop-up store et café

*Voix de Michel Drucker*

« Vous aimez les chats? »

A l’occasion des 45 ans de la vedette féline de Sanrio, Hana Bento, la petite chaîne qui monte qui monte de restaurants japonais à Paris, dont j’ai déjà chanté les louanges ici même, s’est associée aux Galeries Lafayette pour ouvrir un Hello Kitty Café au 6e étage du bâtiment principal, entre la librairie et le rayon jouets. Au menu, macha ou café latte avec latte art et sablés à l’effigie de la petite chatte. Des chocolats blancs au macha et des cookies macha sont également en vente, sur place et dans certains des autres restaurants Hana Bento.

 

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Le pop-up store contient de quoi satisfaire pour Noël tous les fans de l’emblème mondial de la mignonnerie, du béret (!) au dessous de tasse, en passant par les vêtements, les peluches, les mascottes en carton à monter soi-même, les coussins etc. (rien sur les autres personnages comme Aggretsuko, en revanche). Vous pouvez également acheter sur place le mug de l’événement personnalisé avec un prénom, ou le commander sur la boutique en ligne des restaurants.

Vous pouvez aussi vous prendre en photo devant le mur de peluches et poster le résultat sur Instagram avec le hashtag #hellokitty45 en taggant les comptes des Galeries Lafayette, de Hana Bento et de Hello Kitty Europe. La photo sélectionnée rapportera 200 Eur de goodies Hello Kitty à son auteur.

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Informations pratiques :
Hello Kitty pop-up store aux Galeries Lafayette et Hello Kitty Café par Hana Bento
Du 28 octobre au 18 novembre aux Galeries Lafayette Haussmann
40, Boulevard Haussmann, 75009 Paris
Du lundi au samedi de 09:30 à 20:30
& le dimanche de 11:00 à 20:00

HORAIRES EXCEPTIONNELS :
Vendredi 1er Novembre de 10h30 à 20h30
Lundi 11 Novembre de 10h30 à 20h30

Exposition : Daimyo, au musée Guimet (2)

Petite séance de rattrapage pour ceux qui n’auraient pas pu visiter la magnifique exposition du musée Guimet sur les Daimyo, dont j’ai parlé précédemment. Exposition à présent terminée. Outre les 12 armures de la rotonde du bâtiment principal, il y avait donc à l’Hôtel d’Heidelbach plusieurs autres armures complètes, ainsi que d’autres objets associés. Notamment quelques sabres de cérémonie, dont un en photo ci-dessous à la poignée en galuchat (peau de raie ou de requin, très dure). Des vêtements portés par dessus les armures, dont le splendide manteau de plumes également ci-dessous.

 

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Beaucoup plus de photos dans la galerie Facebook.

Exposition : Daimyo, au musée Guimet (1)

Il vous reste exactement une semaine pour aller voir la magnifique exposition en 3 parties sur les armures des Daimyo, seigneurs locaux du Japon féodal. Elle est répartie entre le musée Guimet, son annexe l’hôtel Heidelbach avenue d’Iéna, et le Palais de Tokyo.

Aussi je n’ai pas le temps de rédiger un long article qui serait de toute façon plein d’approximations, je me contenterai de partager ici des photos des 2 premières parties (n’ayant pas pu voir celle du Palais de Tokyo). D’autant plus que pas mal de personnes ont raté la 2e partie faute d’informations. Or, le bâtiment principal du musée Guimet n’expose « que » les 12 plus belles armures, dans sa rotonde du 4e étage. C’est au musée Heidelbach qu’on voit également des masques, des armes, des casques et d’autres pièces (ainsi que d’autres armures complètes), avec également des informations complémentaires sur les différents styles et la fabrication des armures.

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Plus de photos dans mon album dédié sur Facebook (sous peine d’exploser mon quota  WordPress) 

Informations pratiques :
Daimyo – Seigneurs de la guerre au Japon
16 février 2018 – 14 mai 201
Musée national des arts asiatiques – Guimet
6, place d’Iéna, 75116 Paris
Hôtel d’Heidelbach
19, avenue d’Iéna, 75116 Paris
Tarif :
11,50 Eur
Horaires :
Tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h (? Le site indique que du fait des grèves des transports en commun, le musée ferme à 17h, j’ignore si c’est encore le cas). Attention, dans tous les cas la Rotonde ferme au plus tard à 17h30.

En parallèle, le palais de Tokyo non loin expose une installation de George Henri Longly (entrée possible avec le billet de l’exposition du musée Guimet).

Capsules de Japon : (14) l’Allemagne au Japon

Mais quel est le phoque, Japon? Alors moi, je fais 10 000 bornes en avion pour m’offrir du dépaysement de mes habituelles escapades en Allemagne, et sur quoi je tombe?

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 « Konditorei Kobe » (Konditorei c’est pâtisserie / salon de thé en allemand) dans je ne sais plus quelle gare (à Osaka de mémoire), Steak & Hamburg (j’ignore s’ils ont confondu la ville de Hambourg et les hamburgers… pas vérifié) au Abeno Q Mall à Osaka, le stand de bretzels et autres gâteaux teutons de Bäckerei Perkeo au centre commercial jouxtant la gare de Kyoto… (Bäckerei Perkeo est une boulangerie située dans les hauteurs de Kyoto vers le Chemin des Philosophes. J’ai été trop occupée et trop fatiguée pour y aller. Cad que j’ai des goûts bizarres et une certaine attirance pour l’Allemagne, mais pas au point de faire 10 bornes à pattes pour aller manger des bretzels alors que je suis au Japon).

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J’ai aussi vu à plusieurs endroits, dans des cafés ou des boutiques de souvenirs, des « baumkuchen » comme celui-ci, étiqueté ainsi, alors que ce nom ne m’évoquait rien. C’est tout récemment que j’ai trouvé la réponse à ma question sur Twitter grâce à Jerome Ydarack :

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Effectivement, celui que j’ai goûté avait bien la texture moussue du gâteau à la broche que je mangeais plus jeune et plus au sud qu’ici… (ici à Paris, j’entends. Pas ici à Osaka, mon voyage date d’octobre).

Mais le pompon, ça a été ce dîner au Küppers Kölsch. Eh oui, vous ne rêvez pas : sans même chercher et totalement par hasard, j’ai trouvé le moyen de tomber sur un restaurant / pub à thème allemand, qui vend des saucisses sous toutes leurs formes, différentes sortes de bières, des gaufres… bref, c’est quasiment une escale à Munich au beau milieu d’Osaka, si ce n’est qu’on est servis par des Japonais et que le prix est en yen. Apparemment ils appartiennent à un petit groupement de restaurants, et il y a 3 Küppers Kölsch à Osaka. A priori, d’après les photos, celui où j’ai mangé est celui d’Imadegawa. Il est en sous-sol d’un énième centre commercial / immeuble d’affaires, et du diable si je me souviens comment je suis arrivée dans ce coin…

J’ai préféré me rabattre sur le fish and chips, qui n’est certes pas très allemand, mais je n’étais pas d’humeur à manger de la charcuterie. Mais bon. Je ne me plains pas, au contraire. Une gaufre! (toute petite) Une Apfelschorle! Wouhou!

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