Idée cadeau (3) : les romans des auteurs auto-édités interviewés sur le blog

Je continue mes suggestions d’idées cadeaux avec l’évocation des sujets traités sur le blog cette année. J’ai particulièrement apprécié de pouvoir interviewer des auteurs s’étant lancés dans l’auto-édition, afin de partager leur expérience riche en enseignements : sur tous les aspects que doit prendre en charge l’auteur dans cette aventure, mais aussi sur leurs méthodes d’écriture, leurs influences.

Je ne dis pas ça parce que c’est publié sur mon blog, mais je suis super fière de ces articles 😉 (et je le dis sans m’en attribuer le mérite vu que ce sont leurs réponses qui en font l’intérêt).

En suivant les liens suivants, vous pouvez donc découvrir ces auteurs et leurs oeuvres. Allez donc voir si certaines feraient de bons cadeaux sous le sapin! (la plupart sont disponibles à la fois en format papier et électronique)

Therianthropia - mini-aventure

Fred Marty : Sherona, les chroniques de Gabriel : aventures fantastiques de héros au sortir de l’adolescence, teintées de légendes basques, soit dans notre monde, soit dans un monde fantastique
Megane Lopez : la benjamine a déjà écrit et auto-publié deux romans, l’un de fantastique urbain et l’autre d’aventures en Laponie.
Jeff Benoit : nouvelles fantastiques en auto-édition et également chez les Editions Secrètes
J.L. Treuveur : l’univers fantastique de Theriantropia, plein de dryades et autres créatures féériques, décliné en romans et en mini-aventure jeunesse
Olivier Saraja : nouvelles et novelas de science-fiction, anticipation et aventures occultes

 

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Biographie : Marilyn Monroe : Confession inachevée

C’est une autobiographie un peu étrange que celle, inachevée, que Marilyn avait commencé à rédiger l’année de ses 28 ans, à la demande de son agent. Ecrit avec le scénariste et écrivain Ben Hecht, on se demande, comme toujours dans les autobiographies, quelle est la part de vérité et celle de réécriture d’un personnage public dans l’exercice.

Curieusement, de toutes les autobiographies d’artistes que j’ai lues ces derniers temps, celle-ci s’avère dégager le plus de candeur, tout en étant, par endroit, très directe et critique envers le monde d’Hollywood. Plus que d’autres qui, semble-t-il, caressent dans le sens du poil un milieu auquel ils appartiennent encore… C’est peut-être la raison pour laquelle cette biographie a été abandonnée en chemin, et n’a été publiée que douze ans après la mort de l’actrice.

C’est pourtant une lecture qui révèle une jeune femme à la fois finement observatrice et en même temps mal à l’aise dans le milieu du cinéma, dont elle incarne pourtant toute une époque à nos yeux.

Extraits :

p105
A Hollywood, une vedette n’est pas seulement un acteur, une actrice ou un grand ponte du cinéma. Ca peut être également quelqu’un qu’on a récemment arrêté pour un délit quelconque, ou passé à tabac, ou mis sur la sellette dans une histoire de ménage à trois. Si les journaux en font tout un plat, alors cette personne sera traitée comme une vedette tant que durera sa publicité.
Je ne sais pas si la haute société est différente dans les autres villes mais, à Hollywood, les gens importants ne peuvent pas supporter d’être invités dans un endroit où il n’y a pas d’autres gens importants. La présence dans l’assemblée de quelques personnes ordinaires ne les gêne pas, car ils trouvent en eux une oreille attentive. Mais si une vedette, ou le directeur d’un studio ou n’importe quel autre grand personnage du cinéma se retrouvent assis parmi une foule de gens anonymes, ils sont alors pris de panique, comme si on essayait de les déclasser.
Je n’ai jamais pu comprendre pourquoi les personnages en vue éprouvaient un tel besoin de se mettre sur leur trente et un et de se rassembler pour se regarder les uns les autres. Trois ou quatre d’entre eux peut-être auront quelque chose à dire à quelqu’un, mais les vingt ou trente autres se contenteront de rester assis comme des moules sur un rocher et de s’épier mutuellement, un sourire en toc sur les lèvres.

p108
Autre aspect capital de ces réceptions hollywoodiennes : c’est là que se font et se défont les idylles amoureuses. Presque tous ceux qui assistent à une grande « partie » espèrent non seulement un mot flatteur pour eux dans les colonnes des journaux, mais comptent bien aussi tomber amoureux ou séduire un nouveau partenaire avant la fi de la soirée. Il est difficile de croire que l’on puisse avoir le béguin quand on s’ennuie à mourir, mais je sais que c’est vrai, parce que ça m’est arrivé plusieurs fois.
Dès que j’eus les moyens de m’offrir une robe du soir, j’achetais la plus voyante que je pus trouver. Elle était d’un rouge éclatant, avec un décolleté plongeant et, en général, elle rendait folles de rage la plupart des femmes présentes. J’étais désolée en un sens d’utiliser ce moyen mais le chemin était long à parcourir et j’avais besoin du maximum de publicité pour parvenir au but.

p109
Je ne prononçais en général pas trois mots au long du dîner, mais, assise à côté de Mr Schenk, je m’imbibais de tout ce qui se disait comme une éponge. Les rumeurs selon lesquelles j’étais devenue la petite amie de Mr Schenk ne me gênèrent pas au début. Mais par la suite je finis par m’en irriter. Mr Schenk ne m’a jamais effleurée du bout du doigt ni même essayé de le faire. Il s’intéressait à moi parce que j’étais un élément décoratif à sa table et parce que j’avais ce qu’il appelait une personnalité « à contre-courant ».
J’aimais être assise près de la cheminée avec Mr Schenk et l’écouter parler de l’amour et du sexe. Il était plein de sagesse sur ces deux sujets, comme s’il avait eu beaucoup d’expérience dans ce domaine. J’aimais aussi observer son visage. C’était autant le visage d’une ville que celui d’un homme. On pouvait y lire toute l’histoire de Hollywood.

(après avoir refusé la proposition d’un ponte de passer la nuit avec lui sur son yacht)

p118
Je regagnai ma chambre au volant de ma voiture. Oui, il y avait quelque chose de spécial chez moi, et je savais ce que c’était. J’étais le genre de filles qu’on retrouve morte dans une chambre minable, un flacon de somnifères vide à la main.

(après avoir rompu avec le premier homme dont elle soit vraiment tombée amoureuse, et qui durant leur relation multipliait les remarques méprisantes. Y compris lorsqu’elle lui fit le cadeau somptueux d’un bracelet lorsqu’elle eut son premier contrat)

p145
Il m’a fallu deux ans pour régler au bijoutier la totalité des cinq cent dollars. Lorsque je lui ai enfin remis le dernier versement de vingt dollars, mon amant était marié à une autre.

p157
Je me suis demandé parfois lorsque je jouais dans un film si ceux qui en étaient responsables n’avaient pas fait écrire le scénario par leur enfants et je pensais : « Est-ce que ça ne serait pas merveilleux si j’ouvrais une porte par mégarde et que je les tous là – les enfants qui sont les vrais auteurs du scénario -, une pièce pleine de gosses de huit à neuf ans. Je pourrais alors trouver le directeur du studio et lui dire : « Vous n’auriez pas un scénario un peu moins médiocre à me proposer? Quelque chose d’un peu plus humain, de plus vécu. » Et quand il me répondrait que ce scénario avait été écrit par les plus grands cerveaux du pays et que j’étais une idiote de le critiquer, je lui répondrais que je connaissais son secret – la pièce remplie de bébés chargés de fabriquer tous les films. Il pâlirait alors et cèderait; on me donnerait ensuite un scénario écrit par un adulte et je deviendrais une véritable actrice.
Je ne me suis pas raconté ce genre d’histoires pendant que je tournais Asphalt Jungle, parce que c’était un scénario adulte. Et puis j’avais un public qui me regardait jouer – un public composé d’une personne, le metteur en scène. C’est excitant de travailler avec un metteur en scène comme Mr. Huston. Certains réalisateurs semblent prendre plus d’intérêt à photographier le décor que les acteurs. Ils n’arrêtent pas de déplacer la caméra et de dire « Voilà qui fera un plan formidable. » Ou encore : « Ca va être superbe. On va avoir la cheminée et le masque oriental dans le champ. » Ou bien ils disent : « Ca fera un plan de coupe formidable. Ca nous donnerai un rythme plus rapide. »

p179
Jamais il n’a été jaloux de telle ou telle chose que j’aurais faite, mais uniquement de ce que j’aurais pu faire. La plupart des hommes que j’ai connus ont été jaloux pour la même raison. Et j’ai toujours aimé leur jalousie. Souvent, c’était le seul aspect sincère de leur amour. Pour la majorité des homme, ce sont les tourments et non pas le bonheur que vous apportez dans leur vie qui vous donnent de l’importance. Mais il y a une forme de jalousie que je n’ai jamais supportée. Celle qui pousse un homme à vous harceler de questions sur les autres hommes, à exiger des confidences toujours plus détaillées. Dans ce cas, j’ai l’impression que ce jaloux s’intéresse plus à ces hommes qu’à moi et qu’il masque son homosexualité en se prétendant dévoré de jalousie.

p201
Le pire à mon avis, c’est que, lorsque les gens se mettent sur leur trente et un pour aller à une soirée, ils laissent leur véritable personnalité chez eux. Ils deviennent des acteurs sur une scène, jouent à se croire importants et veulent vous impressionner avant tout par leur fausse importance. Mais le plus détestable peut-être c’est que, sous le prétexte de se réunir « en société », les gens n’osent pas se montrer humains ou intelligents. Ils ont une peur bleue de se singulariser. Non seulement ils s’habillent de la même façon, aussi bien les hommes que les femmes, mais encore ils pensent de la même façon. Et, pour chacun, il est entendu que les invités ne tiendront que des propos « mondains ».
Lorsque je vois des gens prendre des airs avec moi, ou se pavaner parmi le tout-venant des personnalités, je me pétrifie. J’aime bien les gens importants, mais je les aime quand ils font des choses importantes – pas quand ils se contentent de collectionner les courbettes des comparses et sous-fifres.
Dans ces réceptions du Tout-Hollywood se rencontrent aussi des personnages inconsistants, mal définis, qui auront le lendemain les honneurs de la presse et seront cités parmi les « reconnus de l’assistance », mais qui se contentent d’errer au hasard comme des extra sur un plateau de cinéma. Ils semblent n’avoir rien à dire et rien à faire, sinon meubler élégamment le décor.
S’il m’arrive de m’approcher d’un groupe de ces figurants, ils se mettent tous à jacasser, à rire et à tenir des propos incompréhensibles. J’ai l’impression qu’ayant enfin trouvé quelqu’un de plus mal à l’aise qu’eux – moi, en l’occurrence – ils se donnent un mal de chien pour me faire croire qu’ils s’amusent et se sentent parfaitement chez eux. Les soirées hollywoodiennes non seulement me déconcertent, mais encore me déçoivent bien souvent. Et ma déception se précise par exemple lorsque je fais la connaissance d’une vedette que j’admirais dans mon enfance.
J’avais toujours imaginé que les vedettes de cinéma étaient des êtres fascinants, pétris de talent et d’originalité. Quand il m’arrive d’en rencontrer une au cours d’une soirée, je découvre souvent un personnage terne et borné. Je me suis souvent ainsi tenue silencieuse durant des heures au cours d’une réception à regarder mes idoles de l’écran se transformer sous mes yeux en fantoches sans envergure.

(au sujet du calendrier)

p208
Quelques semaines plus tard, je constatais que, loin de me nuire, cette histoire m’avait été favorable. D’une part les gens avaient été touchés de découvrir cette preuve de mon honnêteté, et de plus, le calendrier, très apprécié, se vendit à plusieurs millions d’exemplaires.
Pour en revenir à mon ascension si peu orthodoxe vers la célébrité, elle a été imposée uniquement par le public de cinéma, et la majorité de ce public était en uniforme et en Corée, en train de se battre.
Par milliers, par centaines de milliers, les lettres ont commencé à déferler au studio. Elles m’étaient toutes adressées. Elles arrivaient au rythme de trois mille cinq cents, puis de cinq et sept mille par semaine.
Je recevais cinq fois plus de courrier que la vedette qui venait en tête du box-office de l’époque, Betty Grable.
Les rapports envoyés par le service du courrier à la direction la plongèrent dans la confusion. Le service publicité fut convoqué et on lui demanda si son personnel s’étaient engagé dans une campagne secrète en ma faveur. Ca n’était pas le cas. Les lettres arrivaient en masse parce que les spectateurs m’avaient vue à l’écran et se sentaient suffisamment emballés pour écrire et me remercier ou me demander un autographe.
On annonça dans les potins de cinéma que les spectateurs saluaient en moi la nouvelle coqueluche d’Hollywood. Ca n’était pas le résultat d’un communiqué. Les journalistes publièrent la nouvelle parce que tout le monde en parlait.
Au début, les grands patrons du studio demeurèrent de glace. Ils avaient leurs propres stars à lancer. J’étais considérée par M. Zanuck comme une sorte de phénomène qui, pour une raison indéfinissable, exerçait, sur le public, une fascination morbide.
[…]
Il était clair que M. Zanuck ne m’appréciait guère et ne me trouvait pas plus de talent ou de beauté que le jour où il m’avait mise à la porte un an plus tôt sous prétexte que je n’étais pas photgénique. Les grands manitous des studios sont très jaloux de leurs prérogatives. Tout comme ceux de la politique, ils aiment choisir leurs propres candidats à la renommée. Ils n’aiment pas que le public s’en mêle et leur colle sur les bras une créature de leur choix en déclarant : « C’est elle qu’on veut ».

Des propos qui restent, pour la plupart, bien actuels…

Fan professionnel : Beatles Collector, la collection de Jacques Volcouve

Jacques Volcouve est un exemple de ce à quoi on pense quand on utilise le mot « fan ». Patiemment, depuis 40 ans, il collectionne tout ce qui a trait aux Beatles, et est devenu une encyclopédie vivante de ce groupe légendaire.

Aujourd’hui, avec deux journalistes de France Info, il a détaillé dans un grand livre le contenu de sa collection, et ses souvenirs de rencontres avec les membres du groupe et autres proches.

 

 

Lecture : Joël de Rosnay : « La révolte du pronétariat »

On change des biographies avec cet ouvrage de 2005 qui tente de théoriser la montée en puissance sur Internet du peuple, qui y trouve un moyen d’expression et d’organisation lui permettant de s’affranchir des médias existants. Joël de Rosnay a été chercheur au MIT et est le co-fondateur d’AgoraVox, c’est donc un sujet qu’il connaît plutôt bien. 2005 d’un point de vue informatique et web, c’est déjà très vieux, donc certaines informations ne sont plus d’actualité.

Mais le point de vue est intéressant, et il a le mérite d’être exhaustif. Il invite notamment les pouvoirs existants (politiques et médiatiques) à mieux considérer et écouter les pronétaires (terme bâti de la contraction de prolétaire et net), au lieu de rester sur leurs positions et s’accrocher à leur pouvoir en essayant de brider les outils.
Ce qu’ils semblent avoir compris depuis 2005, en ce qui concerne leur implication sur les réseaux – maintenant, de nombreux politiques et institutions communiquent sur Twitter et autres -. Mais pas du tout en ce qui concerne les règlementations sur les droits d’auteur, puisque HADOPI a été voté, alors que Joël de Rosnay invite plutôt à repenser complètement le droit intellectuel afin de s’adapter aux usages sans léser les ayant-droits.

Le site associé au livre, www.pronetariat.com, est toujours en ligne bien que plus très actif. On peut y télécharger l’ouvrage en version PDF.

Morceaux choisis :

C’est la base de la nouvelle nouvelle économie. Toute la création collective, en particulier le « logiciel libre » actuellement au coeur d’une bataille juridique, repose sur cette idée simple. Il vaut mieux toucher 10 centimes d’euro sur 10 millions de personnes attirées gratuitement sur un de ces sites fun, avec une marge de près de 90%, plutôt que 100 euros sur 10 000 clients convaincus à grand-peine par une publicité et un marketing coûteux, le tout pour en tirer une marge bénéficiaire de 20 à 30% au mieux…

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Le modèle actuel de la télévision est lié à un système de production, de distribution et de consommation. Son organisation est pyramidale : la diffusion s’effectue de « un vers beaucoup » (1VT), avec un mode de rémunération provenant principalement de la publicité, la part du financement public étant chaque fois plus marginale. Ce qui revient à envoyer des audiences vers des annonceurs plutôt que des contenus vers des audiences.

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Aujourd’hui, 41% du budget publicitaire des grands annonceurs sont consacrés à une publicité particulièrement ciblée, appelée nano- ou micro-advirtising. En d’autres termes, mieux vaut investir dans une publicité ciblée garantissant un rendement important sur une série de niches, avec des effets amplificateurs, plutôt que d' »arroser » massivement les foyers, juste avant le journal télévisé de 20 heures ou une émission en prime time, avec un spot qui sera noyé dans une marée d’autres spots vantant les mérites de dizaines d’autres produits.

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Les grandes entreprises, comme dans l’industrie pharmaceutique, créent un certain type de désinformation, par exemple en discréditant les propriétés de produits naturels connus pour diminuer la tension artérielle ou le taux de cholestérol afin de favoriser la vente des blockbusters, ces médicaments largement répandus qui génèrent des chiffres d’affaires de plusieurs dizaines de milliards de dollars (tranquillisants, somnifères, produits antihypertension ou anticholestérol…).

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Le pouvoir ne se partageant pas, les leaders jouent la montre, le réseau, les rapports de forces, pour tenter de rester au sommet de la pyramide. Ils ressentent tout naturellement la montée des nouveaux pouvoirs, et particulièrement celui des médias des masses, comme une menace, alors qu’il s’agit d’une forme d’expression démocratique, certes encore rudimentaire.

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Les médias traditionnels anglo-saxons font pourtant de cette séparation une loi, en particulier dans la sphère de la presse professionnelle. L’article doit dans un premier temps présenter scrupuleusement les faits puis, dans un second temps, il est permis de les commenter. Nous remarquerons à titre anecdotique que, dans la presse française, le style narratif polémique hérité de la Révolution reste très prégnant. Le goût intellectuel pour l’analyse, l’envie du journaliste de faire figure d’essayiste expliquent que les articles n’isolent pas toujours les faits du commentaire critique.

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On se souvient des débats passionnés au moment de l’arrivée des magnétoscopes. Ils annonçaient, pour Jack Valenti, le puissant patron de la MPAA, la fin du cinéma. Pourtant, aujourd’hui, les majors tirent une grande partie de leurs revenus de la vente de cassettes VHS et surtout de DVD. Même réaction des éditeurs face aux photocopieurs, qui allaient « tuer le livre ».

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Cette montée en puissance des pronétaires inquiète évidemment les entrepris de structure classique, avec leur hiérarchie rigide et leur système de commandement et de contrôle pyramidal. Elles doivent désormais compter avec des groupes de consommateurs qui non seulement décident de ce qu’ils veulent, mais parviennent même à le produire. Et leurs voix se font entendre. Ils n’ont plus besoin d’attendre que les journaux et magazines veuillent bien publier leurs lettres dans le courrier des lecteurs : ils expriment instantanément leurs opinions dans des blogs à l’influence croissante. On assiste ainsi à l’émergence d’une économie du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Téléfilm : Le monde à ses pieds, dangers de la célébrité

Hier soir, France 2 diffusait le téléfilm Le monde à ses pieds, inspiré de l’histoire de la jeune mannequin Ruslana Korshunova, qui s’est apparemment suicidée à New York en juin 2008 (la police envisage un acte mafieux).

Le téléfilm était suivi d’un débat sur les dangers de la célébrité acquise du jour au lendemain et à un jeune âge, avec des invités issus du monde de la mode. On se serait cru à une conférence de presse d’Orange après un des suicides d’employés, vu le choeur de « C’est pas notre faute! ». Sur le plateau également, de jeunes chanteurs, dont Lorie, qui a raconté comment, le jour de sa première télé, les gens qui à son arrivée ne la regardaient pas, l’attendaient à la sortie pour des autographes et des photos.

Etait présent aussi comme expert Laurent Muldworf, psychologue, co-auteur d’un livre sur les dangers de la célébrité dont je termine actuellement la lecture, et que je vous recommande : Succès damné: Manuel de psychologie à l’usage des célébrités et de ceux qui comptent le devenir.