Mercredi Musée : les kimonos de maître Ichiku Kubota (musée Guimet)

Je vous ai parlé de l’exposition Du Nô à Mata Hari : 2000 ans de théâtre en Asie au Musée Guimet. L’essentiel de l’exposition était composé de pièces du siècle dernier ou beaucoup plus anciennes. La dernière salle, en revanche, était entièrement consacrée à un ensemble incomparable et inclassable : des kimonos de Ichiku Kubota, maître contemporain né en 1917, habituellement exposés au Japon.

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Il a retrouvé et modernisé la technique de la teinture à réserve ligaturée (en gros le tye and dye), le tsujigahana en japonais, qu’il a décidé d’appliquer au kimono traditionnel. Mais ses costumes de scène vont au-delà : présentés à plat contre un mur, ils peuvent aussi servir de décor. Et ce sont de vraies symphonies de couleurs et de textures. Difficile de dire si ce sont des oeuvres d’art, des vêtements, ou des décorations murales. Les trois à la fois.

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De près, c’est encore plus époustouflant : les tissus combinent texture gaufrée, dégradés de teintures, et tissages, parfois comme ici avec des fils de métal.

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De cet ensemble exceptionnel, le Musée Guimet avait la chance de nous présenter une dizaines de kimonos de la série Symphony of Light, dont Ichiku Kubota prévoyait de réaliser 80 variations, mais qu’il n’a pas pu terminer. Et la collection 7 kimonos Fuji, qui représente le fameux mont Fuji à différentes saisons, différentes heures de la journée. Les broderies évoquent la forêt, la neige, les effets de lumière…

Les explications meilleures que les miennes...

Les explications meilleures que les miennes…

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Mercredi Musée : Musée Guimet : Du Nô à Mata Hari : 2000 ans de théâtre en Asie

C’est trop tard pour y aller, et j’ai moi-même failli rater le dernier week-end de cette exposition. Elle s’est clôturée lundi 31 août, au musée Guimet des Arts Asiatiques.

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Cette exposition d’une grande beauté rassemble des pièces ayant trait aux différentes formes de théâtre en Asie.

Elle explore les récits indiens (Ramayana, Mahabharata…), leurs formes dansées et chantées, et comment ils inspirent encore les artistes aujourd’hui.

Sanjay Patel : Ramayana la divine ruse

Sanjay Patel : Ramayana la divine ruse

L’exposition présente à travers masques et costumes de scène chamarrés les différents styles de théâtre indonésien.

Une autre salle est consacrée aux théâtres d’ombres, dont des traditions existent ailleurs qu’en Chine.

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Les costumes de l’Opéra de Pékin conservés de justesse par Shi Pei Pu lors de la Révolution Culturelle, dont celui ci-dessous, sont des trésors de finesse et de couture.

Le kabuki et le Nô japonais sont présents à travers des costumes, des masques, et de sublimes estampes.

Ne pas confondre oni (démon, en haut) et onna (femme, en bas)

Ne pas confondre oni (démon, en haut) et onna (femme, en bas)

Dans la dernière salle se trouvent des kimonos de kabuki de Ichiku Kubota, maître contemporain, qui a retrouvé et modernisé la technique de la teinture à réserve ligaturée (en gros le tye and dye). Mais ses costumes de scène vont au-delà : présentés à plat contre un mur, ils peuvent aussi servir de décor. Et ce sont de vraies symphonies de couleurs et de textures. Ils mériteront un post à part!

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Dans la rotonde au premier étage, dans un complément à l’exposition, on découvre que, séduit par ses danses orientales Émile Guimet, le fondateur du musée, avait invité Mata Hari à donner un spectacle au musée dans cette même salle. Elle adopte le pseudonyme de Mata Hari, « soleil levant » en malais. Sa performance, mêlant exotisme et érotisme, avait marqué les esprits. De son vrai nom Margarita Zelle, hollandaise, la jeune femme avait vécu aux Indes Néerlandaises avec son mari, avant de divorcer. Pour subsister, elle avait recouru aux danses javanaises apprises du temps où elle habitait dans les colonies.

En me renseignant sur Mata Hari, je découvre qu’il y a des fans plus fétichistes que d’autres : d’après cet article du New York Post (mais faut-il s’y fier?…), le crâne de la danseuse et courtisane aurait disparu des collections du musée d’Anatomie de Paris (le musée Orfila rue des Saints-Pères, d’après l’adresse retrouvée dans un autre article, et non l’annexe du Museum d’Histoire Naturelle).

Exposition mode : Jeanne Lanvin au Musée Galliera

Jusqu’au 23 août, se tient au musée Galliera une exposition dédiée à l’une des fondatrice du style français contemporain, Jeanne Lanvin.

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Jeanne Lanvin a commencé sa carrière comme modiste (pas modeuse : elle travaillait dans la confection de chapeaux) en 1880 à 13 ans. Quelques années plus tard, elle ouvrait sa première boutique, devenue plus tard la maison de haute couture à son nom, la plus ancienne encore en activité. Bien que Lanvin, racheté plusieurs fois, ne soit plus présent dans la haute couture, ils restent associés à une réputation d’élégance et de qualité dans les accessoires et la parfumerie.

Jeanne Lanvin ne se laissera jamais enfermer dans un style, mais des symboles reviennent régulièrement dans ses collections. A commencer par le logo stylisé de la mère et sa petite fille, inspiré d’une photo de Jeanne avec sa fille Marguerite présentée dans l’exposition, qui figure aussi sur les flacons de parfum.

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Le noeud, symbolisant cette relation, parfois hypertrophié comme sur la robe Cavallini ci-dessus, dont il est le seul ornement.
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Café Musée : Les Quat’z’arts – le bistro de la Pinacothèque

Lors de ma dernière visite pour visiter l’exposition Au temps de Klimt : la Sécession à Vienne, j’ai vu qu’un genre de brasserie/bistro avait ouvert dans une salle jusque là vide des locaux de la Pinacothèque 2 (la plus éloignée de la place de la Madeleine).

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Mais lorsque j’ai pris des photos du lieu, le vigile m’a vigoureusement hélé (pour ne pas dire engueulé), et demandé pourquoi je prenais des photos du menu. Ben… parce que je m’intéresse aux cafés de musée. Et au cas où je voudrais revenir pour avoir une idée des tarifs avant. Et qu’est-ce que ça peut te faire, ce n’est pas sous copyright, ça, si?

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Je n’ai pas répondu, mais du coup je n’ai pas insisté pour y aller. A 14 Eur la visite (hors frais de réservation) et 2,50 Eur la carte postale, je me dis qu’on avait largement assez soutenu les arts… A la place, nous sommes donc allés au salon de thé du Hyatt Regency Madeleine, où on est autrement mieux accueilli.

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Pas de photos de leurs produits, donc, ni de photo du comptoir donc je n’ai pas pu m’approcher.

Informations pratiques :
La Pinacothèque de Paris
8 rue Vignon, 75009 Paris
(M) Madeleine

Café Musée : le Café du Musée des Arts Aborigènes d’Utrecht – AAMU

Vu mon court week-end bien rempli, je n’avais malheureusement pas le temps de découvrir les collections de ce musée original, le seul en Europe consacré aux Arts Aborigènes Contemporains. Plutôt que de bâcler en les parcourant au pas de course, j’ai préféré garder pour une prochaine occasion une visite en bonne et due forme. Néanmoins, le personnel a gentiment accepté de me laisser prendre des photos de leur café pour ma collection, bien qu’il ne soit normalement accessible que via l’entrée au musée. Je les remercie de leur patience et de leurs explications.

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Le musée se trouve en plein coeur du Utrecht historique à 5mn de la cathédrale. Il donne sur le canal principal (Oudegracht). Le café du Musée des Arts Aborigènes d’Utrecht (AAMU), donc, est situé au rez-de-chaussée mais sur la façade arrière du bâtiment. Sa façade en rotonde débouche sur une cour inondée de soleil, très agréable, comme la salle épurée. La cour et la salle sont décorées d’œuvres aborigènes (les multitudes de points sont un motif courant dans l’art traditionnel aborigène).

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Café Musée : Le café du Speelklok Museum, Utrecht 

Dans une des principales artères commerçantes du centre historique d’Utrecht, au N°6 de la  Steenweg, se trouve le Speelklok Museum, le musée des instruments de musiques automatiques.

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Cela peut sembler bizarre de se focaliser sur la présence ou pas d’un café pour aller visiter un musée. Mais, tout comme mes autres hobbies, c’est l’occasion de découvertes. Je ne suis pas sûre que j’aurais poussé la porte d’un musée consacré aux automates musicaux, sinon. Ça aurait été dommage : déjà, le musée est installé dans une ancienne église. Outre le cachet que cela donne à l’architecture, on voit des traces de l’ancien édifice par endroit, comme ces reliefs sculptés dans le sol.

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Café Musée : le Salon des Porcelaines du musée Guimet

Les collections du musée Guimet étant riches et s’étalant sur 3 étages et quelques (il y a quelques pièces au 4e), une petite pause à mi-chemin peut être la bienvenue. Au sous-sol du musée, on trouve un café-restaurant, le Salon des Porcelaines. Ainsi nommé parce qu’il est décoré de porcelaines :
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Dépourvu de fenêtre, le lieu n’est pas des plus design, au contraire de restaurants de musées plus récents, ce type d’endroit étant devenu à la mode pour la communication des musées depuis quelques années. Néanmoins, casé dans une salle biscornue et en longueur du sous-sol, il a fait l’objet de quelques efforts, notamment ce joli jardin zen à l’entrée qui donne le ton (tout en dissimulant à moitié l’extincteur réglementaire).
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Côté carte, en restauration il est proposé tout un éventail (… non ce n’était pas voulu mais c’était plus élégant qu’assortiment) de plats asiatiques de tous les pays : soupe Thaï, rouleaux de printemps, yakitoris, raviolis vapeur, …. Au choix, ils peuvent être pris à la carte, ou dans le menu « Route de la soie » (plat + entrée ou dessert) à 19,40 Eur, ou le menu Guimet (entrée + plat + dessert) à 22,80 Eur. Plutôt cher, et pourtant le restaurant est souvent plein. Il faut dire qu’il n’est pas très grand, et que le musée gagne peu à peu en visiteurs.
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Ce jour-là, après les agapes des fêtes, nous n’avons testé que les crumbles aux fruits rouges, servis en tarte, assez peu orthodoxes mais pas mauvais quoiqu’un peu cher (6,10 Eur). Côté boissons, le café propose évidemment des thés, dont le célèbre thé Marco Polo de Mariage Frères. Histoire de rester vraiment dans le thème…
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Informations pratiques :
Musée Guimet, 6 place d’Iéna.
Horaires :
Tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h.
Menu « Route de la soie » (plat + entrée ou dessert) à 19,40 Eur, ou menu Guimet (entrée + plat + dessert) à 22,80 Eur.

Café Musée : la Maison Européenne de la Photographie

Je voulais voir l’exposition Magnum (l’agence de presse, pas le détective moustachu ni l’eskimo au chocolat) à l’Hôtel de Ville, mais il y avait trop la queue et il faisait trop froid pour attendre. Alors je me suis rendue à la Maison Européenne de la Photographie, que j’appellerai MEP par la suite par pure flemme. La MEP, donc, est située non loin de l’Hôtel de Ville de Paris (à 10 mn de marche grand max en remontant la Seine vers Saint-Paul). Le bâtiment est biscornu, installé dans l’ancien hôtel de Cantobre auquel une annexe moderne a été ajoutée.

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J’y étais allé un jour, entre autres pour enrichir ma collection de photos de cafés de musée, car ils en ont un au sous-sol, ou plutôt au rez-de-chaussée car en le traversant on accède à une salle donnant sur la rue François Miron. Las, j’y étais allé un vendredi, or le café n’est ouvert que le week-end. Grosjean comme devant, je m’étais donc promis d’y retourner. C’était là l’occasion, vu qu’on était samedi. Fourbus de la visite des expositions des étages, on arrive donc dans la cosy et design petite salle intimiste… Las, à part une bouteille de Badoit en plastique abandonnée sur une table, aucun signe d’activité, ni de personnel. En l’absence de mot d’information (comme la fois précédente d’ailleurs), j’en conclus que ce Café est ouvert le week-end, sauf le samedi et le dimanche. Impossible donc de se faire une opinion sur ce qu’ils servent. En revanche je pense qu’on peut qualifier le service d’atroce, puisqu’inexistant et ne daignant pas même laisser d’informations au client. Faut-il revenir dans 10 mn? Ou le café est-il fermé pour la journée? Pour l’année?…

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Remarquez, c’est assez raccord avec le reste de mon expérience de la MEP, à savoir un personnel plutôt mal aimable et peu disert. Quelques panneaux de plus ou un plan ne seraient pas du luxe, non plus, vu le labyrinthe que constitue la Maison avec ses demi-niveaux, ses escaliers éparpillés et ses caves voûtées actuellement inutilisées. Quant aux expositions, ce jour-là il y avait notamment une exposition d’Alberto García-Alix, dont certains clichés m’ont plu mais d’autres laissé perplexe sur la technique (cad que si c’est pour faire des photos floues et cadrées bizarrement, je sais le faire aussi). J’y eus la bonne surprise de trouver ce portrait d’Ed Lachman, un directeur de la photographie ayant notamment oeuvré sur les images de Dark Blood, le dernier film de River Phoenix, tourné par George Sluizer (qui nous a quittés en 2014 après un long combat contre la maladie).

MEP : Ed Lachman par Alberto García-Alix

MEP : Ed Lachman par Alberto García-Alix

Parmi les photos les plus impressionnantes à mon goût d’Alberto García-Alix présentées à la MEP, il y a ces Cicatrices d’un Ange, dont on ne sait si elles sont dues à des piercings retirés ou à des broches chirurgicales. Le photographe a réalisé plusieurs portraits et photos de corps mutilés ou de personnes au physique inhabituel, dont une très belle femme enceinte amputée d’un avant-bras.

MEP : Cicatrices d'un ange par Alberto García-Alix

MEP : Cicatrices d’un ange par Alberto García-Alix

Informations Pratiques :
La Maison Européenne de la Photographie
5 Rue de Fourcy, 75004 Paris
Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 19h45.
Tarif : 8 Eur (plein tarif), 4,50 Eur (tarif réduit)

Café musée : une Sacher Torte à Berlin

Parce que la recherche de la meilleure Sacher Torte à Paris c’est bien joli mais ce n’est pas tout, j’ai également cherché à retrouver mon gâteau au chocolat préféré à Berlin. Alors certes, l’Allemagne n’est pas l’Autriche, et rien ne garantissait le succès. Je n’y suis pas allée pour ça d’ailleurs, mais à l’occasion de la Berlinale. J’en ai profité pour cumuler.

Kaffeehaus Berlin

Ma première tentative fut à l’un des restaurants de Sarah Wiener, cuisinière de terroir dont je suis les aventures culinaires sur Arte depuis plusieurs années. Sarah Wiener est d’origine Autrichienne, elle ne pouvait donc pas faire l’impasse sur la Sacher Torte. A Berlin, elle a 3 restaurants : l’un au musée de l’Art Contemporain, dit Hamburger Bahnhof (parce qu’il est installé dans l’ancienne gare menant vers Hambourg, pas à cause du sandwich). Le Speisezimmer est sur Chausseestrasse.

Musée des Télécommunications

Le 3e était le plus proche de mon itinéraire, il jouxte le musée de la Poste et des Télécommunications. J’y retournerai un jour, l’architecture est belle et les expositions semblent ludiques et modernes.

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Café Musée : café et restaurant du musée Mercedes de Stuttgart

Amateurs de voitures (en particulier de berlines allemandes), d’histoire et/ou d’architecture, le Musée Mercedes, à Stuttgart, a tout ce qu’il faut pour vous plaire. Dantesque, le bâtiment a la structure d’un parking de luxe : à l’arrivée dans le hall gigantesque, on vous remet un audioguide et on vous dirige vers une nacelle qui n’est autre qu’un ascenseur collé au mur, qui vous dépose tout en haut. De là, vous descendez en pente douce une spirale de niveau en niveau, qui parcourt chronologiquement l’histoire automobile (sans oublier les salles rondes sur les côtés du musée trilobe, avec chacun sa petite exposition à thème – les utilitaires, les voitures de stars, etc). CafeMercedes_01   Comme tout grand musée qui se respecte (et vu qu’il faut bien 3h pour tout voir), le Musée Mercedes héberge un Café Bar (ci-dessus) et un restaurant (les trois dernières photos). Je ne sais pas qui est l’architecte décorateur, mais j’ai rarement trouvé un café de musée autant en accord avec son cadre… Déjà, comme vous le voyez ci-dessus, depuis le café, on a encore une belle vue sur quelques modèles de voitures. On y accède par une des dernières pentes (un escalator en l’occurrence) de la visite. CafeMercedes_02 Evidemment, comme tous les cafés de musée, les prix sont plutôt élevés… Ah non tiens? Ah oui j’oubliais : on est en Allemagne, pas en France. On ne prend pas systématiquement le client pour un pigeon. Donc le muffin n’est qu’à 1,80 Eur, la tartelette aux fruits exotiques à 3 Eur, et la part de Sahne Torte (le gros gâteau noir qu’on voit ici, une génoise à la crème tout-chocolat miomissime avec une couche de poire au milieu) à 3,50 Eur. Lire la suite