Transports en commun : on a retrouvé Dédale…

… il travaille pour la RATP/SNCF.

Correspondance des lignes 3/12/13/14/E à Haussmann Saint-Lazare.

Le couloir m’amène à un embranchement : à gauche, des escalators descendent vers les quais 31 et 33 du RER E. A droite, vers les quais 32 et 34. Au centre, un panneau indique les prochains départs. Mais pas l’heure qu’il est suivant la RATP/SNCF. Je tente le coup et descend rapidement les escalators vers le quai 31 dont doit partir le premier. Et le voit partir sous mon nez.

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Celui du quai 33 part dans 12mn, autant remonter prendre ceux des quais pairs, ils partent plus tôt. Je prends le premier escalator montant. Il m’amène à un autre étage que celui dont je venais. Pour desservir quoi? Mystère. Au lieu de déboucher directement sur des escaliers pour redescendre vers les quais 32 et 34, le trajet pour les rejoindre m’expédie fort loin, si j’en crois les panneaux.

Vu que je ne peux pas redescendre l’escalator, je les suis en pestant contre cet itinéraire qui me paraît bien loin alors que mon but se trouve, à vol de téléporteur, à 50m. En route, une volée de marches sans signalétique m’interpelle : si mon sens de l’orientation et la gueule de ce que ce que je vois du sol en bas de cet escalier ne me trompent pas, ils conduisent au quai que je cherche.

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Je descends : j’ai raison, et le prochain train part dans 2 minutes.

Si j’avais suivi les putains de panneaux du putain d’ingénieur de mes fesses qui a chié le plan de circulation officiel, qui me faisait faire un long détour, nul doute que je serais arrivée trop tard pour le prendre, et j’aurais été bonne soit pour attendre 18 mn le prochain, soit pour recommencer à chercher mon chemin dans ce dédale.

Message à l’attention de la RATP/SNCF

Vous voulez inciter les gens à moins prendre la voiture et à être moins agressifs ? Arrêtez donc de leur rendre les transports en commun encore plus insupportables et consommateurs de temps qu’ils ne le sont déjà.

Parce que si je mets la main sur le connard qui a pondu ces plans de circulation, en toute amitié, je le pousse sous la prochaine rame. Pour l’exemple.

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Parisienne mais presque : aider les touristes dans le métro (4) – des fois on le fait, si si

C’est vrai, des fois, les touristes, ce sont des plaies (cf. les 3 épisodes précédents). Et les aider relève de la gageure ou du sacerdoce, tellement ils y mettent de la mauvaise volonté.

Mais parfois aussi, les Parisiens méritent leur réputation de butors peu accueillants, au point de me donner honte d’être Parisienne.
un butor étoilé. Je ne sais pas en quoi il est malploli*

Ainsi, je me souviens de ce monsieur en costume-cravate, au milieu d’un long couloir de RER de la station tentaculaire Auber-Saint-Lazare, cherchant désespérément à accrocher le regard et l’attention des passants qui passaient. Il avait en cela deux désavantages : 1) il parlait en anglais 2) il était noir. Je ne sais laquelle de ces raisons explique en priorité que personne ne s’arrêtait pour au moins s’enquérir de ce qu’il voulait.

Qu’à Paris au bout d’un moment, tu te méfies de quiconque t’adresse la parole sans sollicitation, vu qu’en général c’est pour te demander de l’argent, d’accord. Je le fais moi-même volontiers. Mais les mendiants font rarement la manche en costume-cravate avec un attaché-case… Et les cailleras des técis ne cherchent pas la bagarre dans cette tenue non plus. Et ils ne t’abordent pas avec un « Excuse-me? » poli.

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Honteuse de mes concitoyens, je m’arrêtai pour lui proposer mon aide. Le monsieur, soulagé que ENFIN on s’intéresse à son cas, me demanda par où sortir de ce dédale de couloirs. Je lui demandai s’il avait un but en particulier, vu que les sorties couvrent un grand périmètre. Quelque peu excédé par ses déambulations passées, il dit en substance « Peu importe, je veux juste SORTIR! ». Je l’escortai jusqu’aux escalators les plus proches, et il me serra chaleureusement la main avant de prendre la direction que je lui indiquais.
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Parisienne mais presque : pourquoi les Parisiens font la gueule dans la rue / les transports

D’abord, éclaircissons un point : ils ne font pas la gueule. Ils arborent un visage neutre et fermé. Certains provinciaux (voire venant de plus loin que les provinces françaises) s’étonnent qu’ils ne disent pas bonjour.

Ceci pour plusieurs raisons (pas spécifique à Paris, la plupart des très grandes villes entraînent les mêmes effets).

1) la ville est une jungle pleine de gens dont l’objectif est de vous soutirer de l’argent.

Mendiants, vendeurs de mutuelles, diseuses de bonne aventure, marchands de ci ou de ça, rabatteurs pour salons de manucure ou pour restaurant… Plus on a l’air souriant et ouvert à la discussion, plus ils essaient de vous mettre le grappin dessus et se montrent insistants, vous faisant perdre d’autant plus de temps et d’énergie.
Si déjà, vous tirez une gueule de Bacri, on vous prendra un peu moins pour une proie facile.

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Carnets de voyage : pont dans la gueule

Les quais de la gare d’Austerlitz, en travaux depuis 1912, sont noirs de monde. Est-ce dû à une énième grève de la SNCF? Sur le panneau des départs, un numéro de quai apparaît en face de l’Intercités. La foule s’ébranle et prend de la vitesse, comme à l’ouverture des portes d’un concert de Tokio Hotel, mais avec des valises et des enfants en plus. C’est un week-end de 3 jours, et le train est sans réservation. Il n’y aura pas de place (assise) pour tout le monde. Une fois, j’ai même dû batailler pour monter dans le train, et fait tout le trajet le dos contre la porte, coincée contre ma valise. Quelques semaines plus tard, j’avais le dos bloqué.

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Le train est un vieux coucou avec des compartiments de 8 places. Une passagère demande si la dernière place (près du couloir) est libre. La femme assise à côté répond que c’est une place handicapé, mais qu’elle fait comme elle veut, sur un ton laissant clairement entendre qu’elle sera sévèrement jugée si elle ose s’y asseoir. La passagère s’en va, moitié pour ne pas contrevenir au panneau, moitié à la perspective de passer le trajet à côté d’une casse-pied. La jeune femme aux raquettes de tennis installée sur l’autre place réservée encaisse sans un mot, mais non sans un sourire en coin, la tirade qui lui était indirectement destinée.

Le train continue à se remplir. Une frêle vieille dame vient poser la même question, et obtient la même réponse. La vieille dame insiste avec timidité « Oui mais je suis une personne âgée alors… » et dépose ses affaires. Casse-pieds la morigène. J’enlève mes écouteurs et me fait le porte-parole de la Justice et de la Raison (… en clair, je contredis Casse-pied) : « Les handicapés sont prioritaires, mais s’il n’y en a pas dans le train, vous pouvez vous y asseoir. Le train sera sûrement plein ». Casse-pieds maugrée que oui bon mais elle qui travaille dans le secteur…
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Parisienne mais presque : « Mais pourquoi les concerts c’est toujours à Paris? »

Dans la liste des petites guéguerres qui opposent parisiens (tête de chien) et provinciaux (tête de chiot?), il y a cette phrase qui revient souvent. On la lit en particulier beaucoup sur les forums et autres lieux d’échanges de fans, au sujet des concerts. Parce que, immanquablement, quand un artiste international fait un seul concert en France, c’est à Paris. (ou au Main Square Festival d’Arras, ou aux Vieilles Charrues, ou à la Foire aux Vins de Colmar, ou au Hellfest, ou… mais bizarrement dans ces cas-là, on voit moins de gens râler « Putain vous faites chier les Ch’tis / Bretons / Alsaciens, pourquoi les concerts c’est toujours chez vous?! »).

Et puis pour les artistes pas internationaux, ou ceux qui peuvent se permettre de faire des salles plus petites que le Stade de France, et qui ont assez de public pour espérer remplir des salles dans le reste de la France, il y a quand même des concerts en province. Pas que dans les Zénith de métropoles comme Lyon, Lille, Marseille ou Toulouse, mais aussi dans des salles et des villes plus petites.
(exemples : Corson, ou Minor Majority).

Et là vient la remarque qui fâche du régional de l’étape :
« Ah je viendrais bien mais c’est trop loin, c’est à presque une heure en voiture de chez moi! ».

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Parisienne mais presque : aider les touristes dans le métro (3) – ou « Fais du bien au vilain, il te chie dans la main »*

A la sortie d’une station de métro, un touriste français entouré de valises et de sa petite famille me demande où se trouve la rue Nomàlacon, ou l’hôtel Duchemin. Je n’ai jamais entendu ce nom, et on n’avait pas encore de carte avec GPS sur les téléphones. Je descends donc dans la station consulter le plan des environs immédiats, toujours complaisamment affiché par la RATP près des sorties. Je cherche, je scrute: pas l’ombre d’une rue Nomàlacon en vue. Je remonte donc informer le quidam et l’enjoindre à demander à des commerçants du coin.

Loin de me remercier d’avoir pris le temps de chercher à sa place, l’abruti ronchonne qu’il est bien embêté avec femme, enfants et bagages à traîner à sa suite, m’engueulant presque de ne pas l’aider.

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Eh ducon, c’est toi le touriste, c’est toi qui a charge de famille. Tu n’aurais pas pu prendre un plan ou noter l’itinéraire avant de partir? Tu veux pas que je te paye un taxi pour la course non plus?

Surtout que, en regardant un plan une fois rentrée chez moi, la rue Nomàlacon est une rue minuscule située à deux bonnes stations de métro de là. Et Paris est une grande ville, avec plus de trois rues et de deux hôtels. Tu aurais demandé la direction des Champs Élysées ou de la rue Rivoli, ou l’hôtel Crillon, ou bien une rue ou un hôtel situés vraiment dans le quartier, et pas à 1 km de là, tu aurais eu des chances de trouver quelqu’un capable de te renseigner. Mais là, faut pas pousser mémé dans les orties.

* (d’autant moins que c’est justement à mémé que je dois le vieux proverbe que j’ai choisi en titre pour illustrer cette histoire. Merci mémé pour l’adage, qui se vérifie bien souvent)

Parisienne mais presque : aider les touristes dans le métro (2)

Un jour, un touriste, une question débile.

Or donc, ce jour-là, Gare du Nord, un jeune homme consulte la carte du réseau parisien, l’air perdu.
Ca se confirme quand il me demande si je connais Paris. Question à laquelle quiconque ayant un peu vécu à Paris va répondre par « Un peu », parce que même en ayant vécu 50 ans à Paris, je pense qu’on n’en connaît pas tous les recoins. C’est un peu comme la culture et la connaissance en général : celui qui ne sait rien croit qu’il en sait assez. Celui qui en sait un peu plus sait qu’il ne sait pas grand-chose.

Donc, je lui demande où il veut aller.
« Vous savez quelle ligne je dois prendre pour aller au Ministère de la Jeunesse et des Sports? »
*blink blink*
Oh ben oui, j’y vais tous les jours… Je suppose que le jeune homme y a rendez-vous, et je lui demande donc si on lui a donné une adresse.
« Non, je ne pensais pas que c’était si grand Paris. Et je n’ai pas internet sur moi ».

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Ah ouais, quand même.
Pourtant le gars a l’air d’un jeune urbain un peu altermondialiste mais pas trop, enfin il n’a pas l’air de débarquer d’une grotte au fin fond de l’Alterkistan oriental, non plus?
Et tu croyais que c’était grand comment, Paris? Les Champs-Elysées, l’Elysée et la tour Eiffel regroupés autour d’une seule place, avec un Notre-Dame en guise d’église locale et un Café du Commerce?

Bon, j’ai le temps et je suis d’humeur charitable, donc je consulte mon téléphone, où Google et Wikipédia m’indiquent que le Ministère se trouve Avenue de France dans le 13e. Je connais l’avenue, ce sont les nouveaux quartiers d’affaires autour de la Grande Bibliothèque. De mémoire, c’est l’arrêt Olympiades de la ligne 14, même si le plan à côté de nous indique qu’on peut y aller par un tram, mais encore faudrait-il rejoindre le tram.
Ceci dit, contrairement au jeune homme, je sais que 1) Paris, c’est grand. L’avenue de France ça doit être assez long. Et 2) un ministère aussi c’est grand. Il est probable qu’ils aient plusieurs adresses.

En même temps, si le gars n’a pas d’adresse précise à fournir, je commence à soupçonner que soit il y a une manif ou un quelconque événement pseudo-culturel (auquel cas ils sont quand même couillons de ne pas donner d’adresse), soit, étant jeune et sportif, il a conçu un projet pour lequel il souhaite un soutien financier, et il pense qu’il suffit de débarquer devant le ministère pour voir quelqu’un qui lui donnera une subvention.

Bref.

Je lui indique donc qu’il faudrait prendre la ligne 14. Il me répond qu’on lui a parlé de la Place d’Italie.

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C’est vrai que sur le plan, ce n’est pas loin. Mais je visualise assez bien la Place d’Italie, et ce n’est pas super près non plus…

Mais ignorant les conseils de la régionale de l’étape que je suis, le jeune homme poursuit son idée de ligne 5 et demande « comment ça se passe » et où il peut trouver la ligne 5. Heureusement, il remarque de lui-même que les portillons de ladite ligne sont juste à côté, et il part en me remerciant.

Mouif.

A l’heure qu’il est, il doit encore errer quelque part dans le 13e arrondissement, à la recherche d’un ministère que jamais-z-il ne trouva.
Et après il dira que c’est la faute des extra-terrestres.