Bars Geek (article de A nous Paris)

Le numéro du 19 novembre 2012 de A Nous Paris (hebdo gratuit distribué dans le métro) traînait chez moi depuis sa sortie, car je voulais lire cet article sur les bars geeks. J’espérais découvrir que le concept se répandait comme une traînée de poudre : en fait pour l’instant il y en a deux (à moins que ça ait augmenté depuis la parution).

Ceci étant dit, deux, c’est déjà « des » (je n’avais entendu parler que du Dernier Bar avant la Fin du Monde).

Et l’article est intéressant, avec quelques clichés mais pas trop (même si j’ai du mal à imaginer un vrai geek avec un iPhone). En voilà le scan pour ceux qui n’ont pas pu le lire.

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Et pour ceux qui sont en région parisienne ou comptent y venir prochainement, les adresses :

Le Meltdown
32, rue Albert Thomas,
75010 PARIS
(M) République
http://www.meltdown-paris.com

Le Dernier Bar avant la fin du monde
19, avenue Victoria,
75001 PARIS
(M) Châtelet
http://www.dernierbar.com

 

Film : Trekkies 2

Ce film documentaire sorti en 2004 est la suite de Trekkies (vous aviez deviné?), où Denise Crosby, actrice de Star Trek, allait à la rencontre de fans de la série afin de .

Je n’ai pas vu le 1er opus, qui est apparemment une galerie de cas assez gratinés. Ici, Denise Crosby et le réalisateur, Roger Nygard, après le succès (aux USA, parce qu’en France…) du premier, ont étendu leur exploration de l’univers des fans de Star Trek au-delà des Etats-Unis, en profitant des conventions organisées aux quatre coins du monde, pour voir si les fans étaient différent d’un pays à l’autre.

Ils débutent ainsi à FedCon, à Bonn en Allemagne, la plus grande convention de science-fiction d’Europe, qui en était en 2012 à sa 22e édition. D’après les invités, les fans allemands sont très passionnés et « très sérieux ». Certains ont notamment réalisé des films amateurs en reconstituant les décors de passerelle de vaisseau spatial, de façon très convaincante.

En Australie, où fantastique et science-fiction n’ont pas la même image underground qu’ici, l’ambiance est plus familiale. Les fans sont volontiers des mères de famille qui se font des « mercredi Star Trek » avec visionnage d’épisode, petits gâteaux et commentaires licencieux sur les beaux mâles du casting.

En France, les fans de la série sont plutôt conformes à l’idée populaire, à savoir des hommes entre 20 et 40 ans. Ils sont aussi nettement moins nombreux, sans doute parce que la France, bien que patrie de Descartes et de Jules Vernes, est aussi la patrie de l’exception culturelle qui considère la science-fiction comme un mauvais genre. Comme le soulignent les membres interviewés d’Unification, le fan-club français, c’est avec l’essor d’Internet qu’a pu naître une réelle communauté de fans en France. Auparavant, les fans étaient isolés car il leur était plus difficile de trouver d’autres fans dans leur entourage.

Aux USA, où Star Trek est partie intégrante de la culture populaire, les fans couvrent maintenant plusieurs générations. Ca va de l’infirmière vétéran de guerre retraitée à la 2e ou 3e génération de fans, les enfants qui adorent se déguiser pour accompagneur aux conventions leurs parents, qui parfois se sont rencontrés sur les lieux.

Dans l’ensemble, le film est bon enfant et montre une plutôt bonne image des fans, tout en n’omettant pas de parler des cas excessifs. Le DVD permet de visionner les scènes coupées au montage, qui sont tout aussi bonnes que les scènes qui ont fini dans la version cinéma.

Il consacre également du temps à montrer toutes les activités créatives des fans : outre ceux qui réalisent leurs propres films de Star Trek, d’autres ont des groupes de rock aux chansons inspirées de la série, ou détournent des chansons folk en parodies. Sans parler des nombreux experts de déguisement.

Quelques citations :

« Je suis heureuse d’être une adulte excentrique ».

« Quand la réalité cessera d’être nulle, on arrêtera ».

« Si les blaireaux qui jettent des bouteilles de bière n’en font pas partie, c’est que c’est bien ».

Tribu : les Bronies, ces fans mâles de Mon Petit Poney

A ne pas confondre avec les gâteaux au chocolat (qui prennent un w), les bronies sont la contraction de bro (brother = frère) et ponies (pluriel anglais de poney).

Ils sont en train de devenir un phénomène médiatique, parce que c’est assez inattendu et amusant pour que Wired.com leur consacre plusieurs articles, et que même le Wall Street Journal parle d’eux.

A la base de ce buzz, un show initialement conçu pour les enfants, et en particulier les petites filles, le remake 2010 de Mon Petit Poney. Initialement une de ces séries animées créées dans les années 80 pour servir de publicité à une ligne de jouets, la marque a toujours gardé des afficionados, mais plutôt du sexe féminin.

Assez bizarrement a priori, le remake a conquis (à leur corps défendant pour la plupart) un grand nombre de fans masculins, d’un âge supérieur à celui attendu.

D’après un recensement fait par un de ces bronies, sur environ 9000 personnes ayant répondu à son sondage, 85% étaient de sexe masculin, et presque 90% ont entre 15 et 29 ans. Les stats démographiques des vidéos sur YouTube indiquent un ratio plus proche de 2/3 d’hommes pour 1/3 de femmes.

Surprenant? Oui et non.

4Chan, le site en train de devenir célèbre car considéré comme la source du mouvement des Anonymous, doit son nom à Yotsuba, une petite fille naïve et enjouée dont la découverte du monde fait la joie des lecteurs du manga du même nom (publié en France par Kurokawa – et je le recommande). Or ses membres, bien que variés, se trouvent en grande partie parmi les technophiles entre 15 et 40 ans, pas franchement portés sur les bluettes.

Les bronies, donc, comme d’autres avant eux, ont découvert par ce biais les vertus du positivisme et de la légèreté. Un peu de douceur dans un monde de brutes.

Je laisserai le mot de la fin à C.S. Lewis, auteur des Chroniques de Narnia :

« When I was ten, I read fairy tales in secret and would have been 
ashamed if I had been found doing so. Now that I am fifty, I read them 
openly. When I became a man I put away childish things, including the 
fear of childishness and the desire to be very grown up. »