Vieux sketch (7) : « Les vacances / Koumac » de Patrick Timsit

Je vous ai déjà parlé des platitudes des vacances qui m’agacent, ou des modes en vacances que je ne comprends pas. Dans le genre, il y a les destinations lointaines et sauvages. Quand les gens commencent à parler trek dans le désert, sac à dos, « aventure humaine incroyable », ça me rappelle invariablement ce sketch du début de la carrière de Patrick Timsit (moins rythmé ici que dans mon souvenir : la version qu’il interprétait sur les scènes de télé devait être un peu raccourcie, et elle y gagnait en impact. Malheureusement, impossible de mettre la main dessus).

Et ça ne fait pas rêver. Par contre, ça me fait bien marrer.

Culture et confiture en Charente-Maritime

C’est l’été, je vous emmène aujourd’hui pour une longue ballade pleine d’idées de sortie en Charente-Maritime, pas forcément les plus connues, dont pas mal de temporaires – car l’été ça bouge, dans la région!

Ile d’Oléron

Exposition Klaus Pinter au musée de l’Ile d’Oléron

Le musée de l’Ile d’Oléron se trouve au centre de l’île, dans la ville de Saint-Pierre d’Oléron, sur la place Gambetta. C’est un petit musée agréable, installé dans une vieille maison à l’architecture singulière, bordée d’un petit parc.

Au rez-de-chaussée, la collection permanente présente aux visiteurs de nombreux témoignages de la vie quotidienne sur l’île à diverses époques du passé : vêtements, poteries, vieux pressoir monumental, très vieux film sur la vie des pêcheurs (récupéré au Canada!)… A hauteur d’enfant, des niches contiennent des étoffes à toucher, des coiffes à essayer et diverses activités interactives pour engager les bambins, qui ont souvent du mal à se contenter de regarder. Le musée organise également des ateliers pour petits et grands, et un « apéro musée » tous les jeudis d’été! Une équipe très active, donc, avec un nouveau site web, et un accueil très sympathique.

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A l’étage, un espace d’exposition temporaire accueille jusqu’au 8 janvier 2017 une variété d’oeuvres de l’artiste autrichien Klaus Pinter. Plus connu pour ses installations monumentales, dont celle au Panthéon, il expose ici peintures, collages et sculptures. La plus impressionnante est Laocoon, qui occupe une bonne partie de la salle, ainsi qu’Ellipsoid, le globe terrestre lumineux aplati de la pièce suivante. J’ai bien aimé aussi le Cocon, maquette d’un avant-projet pour une installation pour la Chapelle des Jésuites de Cambrai, dont la forme irisée me rappelle les vases Art Nouveau. Et les collages de la série Rooftop Oasis Project, qui en plein lancement de Pokémon Go, évoquent la réalité augmentée. Cette exposition d’art contemporain, qui peut paraître surprenante sur l’île, s’explique par le fait que Klaus Pinter s’est installé à Saint Trojan (un peu plus loin sur l’île) il y a quelques années. Elle lui a inspiré un virage naturel dans les matériaux de ses oeuvres, plus axées maintenant sur la récupération (bois flotté, etc).

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Parisienne mais presque : les platitudes de retour de vacances (3)

« C’est bien d’aller sur place pour voir la réalité de vie des gens ».

Mouif. Je suis plutôt cynique et méfiante vis-à-vis des médias. Néanmoins, entre un documentaire de National Geographic fait par des gens qui restent sur place 6 mois, en parlant la langue, après des repérages et avec l’aide de gens du cru, et mon « expérience » de la vie réelle des gens que je croise en vacances, je pense que le peu que j’en vois est nettement moins fiable que le docu*.
Parce que même en logeant chez l’habitant, si vous ne faites que passer, visiter le marché typique du samedi et les 3 ruelles historiques (reconstruites pour le folklore en 1947), vous n’en saurez pas beaucoup plus qu’avant.

A noter que ce genre de propos est souvent tenu par des gens qui conspuent les « faux rapports » qu’on a sur Internet. Alors que je crois que j’en ai plus appris sur le quotidien et la « vraie vie » dans d’autres pays par mes discussions par mail ou forums ou autre canal Internet, avec des gens du monde entier. Même si je suis consciente que, par la force des choses et du « qui se ressemble s’assemble », les gens avec qui je suis resté longtemps en contact via Internet, dans le monde entier, sont ceux avec qui j’avais des atomes crochus à la base.
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Parisienne mais presque : les platitudes de retour de vacances (2)

« Il faut vraiment être sur place pour ressentir ça »

Une collègue disait ça après être passée par hasard devant le siège de Charlie Hebdo en allant au théâtre. Et aussi, tous les gens qui racontent leurs vacances ou leurs sorties en mettant en avant que tu ouas, ils ont vécu un truc exceptionnel que tu peux pas comprendre, même si tu penses que tu comprends parce que tu imagines, mais il fallait le vivre pour de vrai.

J’espère que quand je raconte mes concerts et autres, ce n’est pas l’impression que ça dégage, parce que si je le mets sur ce blog ou ailleurs, c’est parce que je considère que le web est un buffet : si l’événement t’intéresse, mes récits sont disponibles à la lecture, avec mes impressions en bonus. Mais si ça ne t’intéresse pas, je le comprends tout à fait. Je n’estime pas que ce sont des choses qu’il faut avoir absolument vécu. J’ai trop l’habitude d’avoir des goûts décalés ou minoritaires, et je suis trop consciente que la vie est trop courte pour tout faire, et qu’on ne doit donc pas se faire ch*** à faire lors de nos loisirs des choses qui ne nous intéressent pas.

Alors le trek d’une semaine au Maroc sans se doucher, par 50°C à l’ombre en journée, -10°C sous la tente la nuit, à dormir sur une natte puant la crasse, le chameau et la crasse de chameau, certes ce n’est pas quelque chose qu’on vit tous les jours. Mais si je fais un travail qui n’est pas ma passion, c’est (outre le fait qu’aucune de mes passions ne permet de gagner sa vie) pour dormir avec un toit sur ma tête, du chauffage en hiver et des douches toute l’année. Pas pour payer pour vivre comme un clodo! Je ne sais pas, je dois avoir plus d’imagination que ces vacanciers, je visualise assez bien ce que ça donne, si si… Assez pour ne pas du tout avoir envie de le vivre.

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Parisienne mais presque : les platitudes de retour de vacances (1)

« L’important dans les voyages, c’est les rencontres ».

C’est curieux tout de même : je voyage essentiellement dans des pays occidentaux, en partie parce que j’aime mon confort, en partie parce qu’il y a de bonnes chances qu’on y baragouine assez d’anglais (ou très éventuellement du français ou de l’allemand) pour que je puisse me faire comprendre si besoin est, et en partie par goûts personnels (musées, architecture, concerts…). Dans tous les cas, les conversations excèdent rarement « Un café crème et une part de gâteau, s’il vous plaît », « A quelle heure est le petit déjeuner? » ou « Ce train/bus va bien à Utrecht/Coblence? ».

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Certes, ça m’est arrivé d’avoir des conversations plus longues (gros poutou à la petite vieille qui a tenu à m’escorter jusqu’au 2e bus menant à l’aéroport de L.A., et à me confier elle-même aux bons soins du chauffeur, alors que moi j’avais juste demandé au chauffeur quel arrêt c’était pour la correspondance pour LAX… et qui m’a raconté un bout de sa vie en chemin). Mais 9 fois sur 10, c’était lors de voyages à visées fan-esques, avec des fans qui étaient venus pour la même raison que moi. Donc même si c’était des inconnus et qu’on venait de pays différents, on avait déjà un terreau commun. Et quelques heures à tuer au même endroit (en général pour faire la queue). Ce sont les seuls cas, aussi, où les échanges ont été assez longs pour qu’on garde le contact après.

Or les gens qui sortent la platitude ci-dessus le font généralement en parlant d’un trek en Papouasie Orientale ou d’une expédition en Thaïlande, enfin dans des pays dont ils ne parlent pas un traître mot de la langue locale. Et dans les expériences qu’ils racontent, les échanges se bornaient à encore moins que ça, vu qu’ils avaient déjà du mal à faire comprendre qu’ils avaient faim ou soif.

Alors de deux choses l’une : soit eux et moi on n’a pas la même conception de « rencontre », soit ils (se) racontent des histoires. Ou alors, ils font partie des gens qui font tout pour éviter la coloritude dans leur vie de tous les jours, et pour qui du coup c’est une nouveauté quand ils croisent des gens « pas comme eux ». Ah mais quelle chaleur humaine! Quelle gentillesse incroyable de ces peuplades qui pourtant vivent dans le dénuement, ah là là quelle leçon de vie quand même etc etc. (un bon 8/10 au classement des clichés condescendants)