Tribu : les Bronies, ces fans mâles de Mon Petit Poney

A ne pas confondre avec les gâteaux au chocolat (qui prennent un w), les bronies sont la contraction de bro (brother = frère) et ponies (pluriel anglais de poney).

Ils sont en train de devenir un phénomène médiatique, parce que c’est assez inattendu et amusant pour que Wired.com leur consacre plusieurs articles, et que même le Wall Street Journal parle d’eux.

A la base de ce buzz, un show initialement conçu pour les enfants, et en particulier les petites filles, le remake 2010 de Mon Petit Poney. Initialement une de ces séries animées créées dans les années 80 pour servir de publicité à une ligne de jouets, la marque a toujours gardé des afficionados, mais plutôt du sexe féminin.

Assez bizarrement a priori, le remake a conquis (à leur corps défendant pour la plupart) un grand nombre de fans masculins, d’un âge supérieur à celui attendu.

D’après un recensement fait par un de ces bronies, sur environ 9000 personnes ayant répondu à son sondage, 85% étaient de sexe masculin, et presque 90% ont entre 15 et 29 ans. Les stats démographiques des vidéos sur YouTube indiquent un ratio plus proche de 2/3 d’hommes pour 1/3 de femmes.

Surprenant? Oui et non.

4Chan, le site en train de devenir célèbre car considéré comme la source du mouvement des Anonymous, doit son nom à Yotsuba, une petite fille naïve et enjouée dont la découverte du monde fait la joie des lecteurs du manga du même nom (publié en France par Kurokawa – et je le recommande). Or ses membres, bien que variés, se trouvent en grande partie parmi les technophiles entre 15 et 40 ans, pas franchement portés sur les bluettes.

Les bronies, donc, comme d’autres avant eux, ont découvert par ce biais les vertus du positivisme et de la légèreté. Un peu de douceur dans un monde de brutes.

Je laisserai le mot de la fin à C.S. Lewis, auteur des Chroniques de Narnia :

« When I was ten, I read fairy tales in secret and would have been 
ashamed if I had been found doing so. Now that I am fifty, I read them 
openly. When I became a man I put away childish things, including the 
fear of childishness and the desire to be very grown up. »