Yuzuru Hanyu is the most complete figure skater of our time

Note : I added important things at the end of the article since the first publication.

Check it up : nobody knowing the discipline will dare denying this. Whenever you listen to commentators who used to be figure skaters, they all (save a few idiots who prefer to criticize his costumes) commend their perfection and how he manages to make them seem effortless (which is part of the note as Grade of Execution). Since I’m way too new to pretend I know, I gathered here explanations from people who know better and provide visual evidences. I’m grateful for their hard work. Please check each channel if you can, Hanyu fans and figure skating fans are really doing a great job at breaking down all the technicalities of the discipline.

Act I : Jump Master

Let’s take a look at his jumps in this excellent video putting side to side the ISU textbook description of jumps, and Hanyu’s jumps :

And of course, there is his quest to be the first to land a Quadruple Axel. The most difficult jump in the world. There’s another video I already posted earlier especially and his triple Axel, because they are already quite special. After watching that video, you too while call Hanyu’s brand of 3A the « triple Axel out of nowhere ». 3AOOO. And laugh.

Roseline Winter on Twitter did an entire thread of Yuzuru Hanyu’s crazy transitions to 3A. Enjoy.

He was also the first figure skater to accomplish a ratified Quadruple Loop, in 2016.

Can we agree then that he doesn’t need to prove anything regarding jumps? But we cannot *not* check his best 4A (so far) from Beijing, right?

4A… almost there

Act II : Spin Master

I’m so used to lame sports coverage with only people commenting without getting their hands dirty, so I was surprised to find this video of Hanyu demonstrating how to do his Camel spin on Japanese television, and that one of the show hosts, Suzuki Akiko, had tried the Camel spin herself previously to show it to the audience.

Easier said than done… but it looks so easy! (Not).

A guide to figure skating spins… with plenty of examples from Yuzuru Hanyu, who is one of the few male skaters able to do the Biellmann spin because it requires a lot of flexibility.

He even invented one that I don’t think he has shown in galas or competition, though. 🙃

Act III : Step Sequences

I thought it was better to include a video doing a great job at demonstrating the evolution of step sequences :

Act IV : NFT aka Nice F****g Transitions

(I stole the expression from Twitter but can’t remember where, so feel free to tag yourself if the meme was yours). Just one video serving as a… transition to the final act.

Act IV : Artistry

This will warrant a more elaborated post in itself about Hanyu’s perfectionnism, from getting music pieces tailored to the story he wants to tell, adjusting costumes so they’re visually matching the venue, making so that the heavy technical content is perfectly synchronized with it, and still performing it all with the grace and fluidity of a ballet dancer.

(no I’m not in love. Just in awe)

Let’s just illustrate this with a few pictures.

Convinced yet? Now let’s see what it gives when it’s packed together in a short program… that broke (again) the World Record at Four Continents Championship in 2020.

That’s all I have to say for today. Meet me in the corner of converted fans.

P.S. : I forgot a few things I wanted to add :

Yuzuru Hanyu is also the first male skater to achieve a Super Slam, eg to have won each and every major official internation competition both as a junior and a senior (picture from Planet Hanyu on Twitter) at least once… :

And an interview after his second Olympic gold medal where he explains his view on the age-old debate between the artistic and the athletic components of figure skating, and which one should prevail. And his answer is that « artistry is founded upon absolute technical prowess » and that (paraphrasing) his style is to make full programs that include technical difficulties rather than lining up jumps to add points.

Noël japonais à Paris : marché Shizen ce week-end et expo-vente du 13 au 19 décembre

Vous n’avez pas réussi à aller au marché organisé par Idées Japon, victime de son succès et de l’affluence du public?

Vous pouvez retrouver une partie des exposants et d’autres ce week-end et la suivante.

Shizen, le Noël japonais à la Recyclerie les 11 et 12 décembre

C’est seulement la 2e année de ce marché de Noël nippon organisé par la Recyclerie. 2 jours d’ateliers, animations, stands d’artisanat, de culture et de gastronomie.

Programme complet et infos sur Instagram et Facebook.

Avec entre autres les chocolats et douceurs de Patisserie Mayu, les éditions Akinome, Discover Japan, Maison Wa

Ateliers :
Kintsugi, Origami, Furoshiki, Ikebana, Paquets cadeaux à la japonaise, en collaboration avec Espace Japon.

Et des concerts de Paris Taiko Ensemble (tambours japonais) et Eisa & Sanshin (guitare d’Okinawa et danse), des projections et une exposition.

Adresse : 83 boulevard Ornano 75018 Paris

𝑯𝒐𝒓𝒂𝒊𝒓𝒆𝒔 :
𝒔𝒂𝒎𝒆𝒅𝒊 11:00-19:00
𝒅𝒊𝒎𝒂𝒏𝒄𝒉𝒆 11:00-19:00

Expo-vente d’artisans et artistes japonais à l’Espace Le Marais du 13 au 19 décembre

Les 5 exposants ci-dessus se sont rassemblés pour vous présenter des idées cadeaux créatives et originales avant Noël. N’hésitez pas à les suivre chacune sur Instagram pour plus d’informations.

Mizutama Bijoux

Miki Umeda Kubo, calligraphe

Atelier Tchaba

Saori Urata

Post-scriptum :

J’ai essayé d’aller au Shizen dimanche après-midi, mais comme tous les trucs à bobos dans des « tiers lieux », il y avait 1h de queue rien que pour entrer et j’avais mieux à faire. Donc allez plutôt soutenir les artisans de l’expo-vente dans le Marais.

Parisienne mais presque : les Calendriers de l’Avent, j’aimerais aimer ça mais…

Tous les ans c’est pareil : j’aime bien l’idée du calendrier de l’avent, mais :

  • Ceux au chocolat ou autres gourmandises se rajouteraient aux fêtes déjà caloriques, et je m’en inquiète plus pour mon foie que pour mon poids : mon système digestif fragile est un bon limitateur de ce côté, mais ça se paye.
  • Ceux au thé, vu que 2 ans de télétravail m’ont à peine fait entrevoir la fin des paquets entamés et qu’il m’en reste au moins 3 pas ouverts (depuis un an ou plus…), c’est non.
  • Ceux de café, bah j’ai pas de machine à dosette, je suis contre. Et j’ai eu l’occasion d’en tester beaucoup au bureau, sans intérêt.
  • La mode pour les Calendriers pour femmes, c’est les produits de beauté/maquillage. Si vous avez vu passer mon post Facebook sur ma « routine beauté quotidienne » (sinon c’est : 1. Je me lave. C’est tout), vous vous doutez que ça m’en touche une bouger l’autre (d’oreille, bien sûr) parce que ça resterait non entamé encore plus sûrement que du thé.
  • ou les bijoux, fantaisie ou pas suivant vos moyens. Oui mais non. Des bijoux, j’en porte et j’en achète à l’occasion pour me faire plaisir, mais j’ai tendance du coup à les choisir avec soin. A les choisir, déjà.
  • les bières, je bois déjà très peu d’alcool et surtout pas de la bière, pouah. Le vin itou.
  • Reste les trucs geek / pour enfants. Mais je ne suis pas tout à fait assez fan de Harry Potter pour m’être décidée à acheter un machin qui lui est dédié (j’aime bien mais peut-être pas à ce point). Ceux de Star Wars, on dirait des packs cadeaux des invendus avec rien que des droïdes, vaisseaux et décors inconnus. Retour vers le Futur, peut-être. M’enfin rien que pour le manque de place, je sais très bien que si j’en achète un, je vais le ranger, voire le fourguer à Bookoff 3 mois après (oui j’ai réalisé qu’ils reprenaient aussi les jeux et jouets. Au même barème risible que le reste mais bon, c’est à côté de chez Aki alors… Je leur ai fourgué quelques achats d’impulsion de ce type et les doublons de mes Funko Mini Mystery Reine des Neiges 2).
  • Ah oui, il reste la Reine des Neiges, mon fandom récent le plus en vogue. Mais autant les calendriers de l’Avent Harry Potter sont, comme les Lego et autres Playmobil, assez neutres en âge, autant pour la Reine des Neiges, c’est QUE des âneries genre « bague en plastique bleue pour petite fille de 5 ans ». Sans déconner. Je veux un calendrier de l’avent de figurines de bonne qualité (mais petite, je vis pas dans un palais moi) de toutes les tenues d’Elsa, depuis sa nuisette de gamine à sa robe d’élémentale en passant par la robe de couronnement et celles des courts métrages. Et celles d’Anna et d’Iduna pour compléter. Et éventuellement Bruni s’il reste une place (la salamandre). Faute de mieux, j’avais collectionné durant les multiples périodes de confinement les Funko Mini Mystery, donc, et des figurines Hasbro vendues en « cristaux » surprise.
  • L’an dernier, coup de bol, j’avais trouvé sur Natures et Découvertes le calendrier illustré plus haut, qui permettait de créer un petit décor de forêt avec des animaux, qui m’avait un poil remonté le moral en plein second confinement en me faisant rêver de nature, tout en apportant un peu de déco hivernale à mon appartement… Il est de nouveau en vente cette année (et le mien, rangé dans sa boîte depuis… Au moins 3 mois 🤐).

    Mais cette année, je sèche.
    Des idées ?

La mort du petit commerce, c’est pas que la faute de Bezos

Concurrence du commerce en ligne, centres commerciaux des périphéries, chute du pouvoir d’achat : beaucoup de facteurs sont évoqués pour expliquer les fermetures de commerce en centre ville. On en oublie un : ceux qui ne font pas leur boulot et te dégoûtent de te déplacer dans de « vraies » boutiques.

Ce week-end j’ai fait 2 « bijouteries/horlogeries » aux Halles pour faire remplacer la pile de ma montre. Il n’y avait personne d’autre dans la boutique. Le premier me dit qu’il ne peut pas, boîtier trop petit, et me renvoie vers l’autre boutique. La vendeuse regarde et me dit qu’elle risque de l’abîmer parce que le contour du verre est trop fin. Il faut l’envoyer en atelier, ça prend 4 jours et 29 Euros. Vu qu’on m’a déjà changé la pile en 5mn sur ce modèle plusieurs fois (et pour moins cher), je le lui dis et je me barre.

Enfin !

Heureusement, j’ai trouvé pas très loin de chez moi un petit bijoutier horloger de quartier à l’ancienne. Un jeune homme (sans doute le fils de la maison) m’a aimablement changé la pile, 3mn montre en main (jeu de mots), 10 Euros. Et sans matériel de pointe, hein. Parce que l’excuse de la vendeuse c’était « on n’a pas tous le même matériel« . Non, vous n’avez pas tous la même formation. Toi tu as un BTS vente, et la chaîne qui t’a recrutée ne s’est pas donné la peine de te former à autre chose qu’à fourguer des montres bling bling. Moralité, tu n’apportes aucune plus value par rapport à une boutique en ligne, parce que tu vendrais aussi bien (ou aussi mal) des chaussettes ou des surgelés. Même pas sûr que tu saches mettre un bracelet de montre à la taille de l’acheteur. Du coup, pourquoi se déplacer ?

Dans le même registre, j’ai sillonné plusieurs magasins pour trouver un article apparemment rare : des baskets en cuir. Parce que depuis quelques temps, la mode est aux matières « respirantes », cad du textile à trous qui fait qu’on a les pieds trempés à la première averse, et froid aux pieds dès que le temps rafraîchit. Sachant que personnellement, je ne cours pas. Les baskets, c’est l’alternative été / mi saison aux bottines pour le boulot et les week-ends passés à crapahuter dans Paris entre bus en rade et métros crados. Bref, il me faut une paire pour les jours de pluie. En cuir donc. En vrai cuir, parce que le faux, ça fait puer des pieds et ça file des ampoules (oui je suis un canari de mineur, je ne supporte rien. Je ne suis pas seulement hypersensible côté cerveau, le corps aussi).

Et l’étiquette bordayle !

Or, donc, lasse de regarder les étiquettes de matières parfois cachées par des embauchoirs àlacon, je demande carrément aux vendeuses si elles vendent des baskets en cuir. « En vrai cuir ? ». Ben oui. Et là, soit il y a tellement peu de modèles qu’elles sont capables de me les indiquer du doigt (mais aucun à ma taille), soit ils n’en vendent carrément aucun.

Qu’on ne me dise pas que c’est parce que le prix du vrai cuir a augmenté : ça ne gêne pas les fabricants même de « marques » un peu réputées de vendre du synthétique à 80 ou 100 balles. Effet du veganisme ? Ou juste de la tendance grandissante à vendre de la mauvaise qualité au prix de la bonne ? Sans parler des tendances de la mode…

Je veux du noir, sobre…

Je ne sais pas si vous avez vu cette pub extrêmement nulle pour une voiture, où un cliché ambulant bobo interchangeable veut acheter des baskets (pardon, des sneakers) et comme on ne lui propose que des dégradés de blanc, il va s’en faire customiser une paire d’éclaboussures rouges pour être raccord avec sa voiture. Les marketeux qui ont pondu cette pub n’ont pas dû voir de « sneakers » depuis 10 ans. Parce que ça fait un bail que les modèles ressemblent à des arc-en-ciels (et encore là c’est le rayon femmes, plutôt pastel. Les mecs c’est carrément flashy, fluo, criard).

Et sinon au rayon moins sportif et plus « sportswear », pour les femmes, il y a les modèles « banlieue » boule à facettes : du bling, du doré, des imprimés léopard ou tigre sur semelles compensées… Euh… Ouais mais non. Je ne sais pas si c’est la mode et je m’en cogne, je ne mettrai pas plus ça que des claquettes en fourrure, merci.

C’est pas la pire..

Au ffinal, je n’ai pas encore trouvé, mais par contre, niveau conseil, c’est dans une boutique de quartier, pas une chaîne, que j’ai reçu ceux les plus professionnels. Et d’un monsieur d’un certain âge.

BREF : allez dans vos petits commerces à l’ancienne tant qu’ils existent. Sinon vous devrez payer 30 balles et attendre une semaine pour un simple changement de piles…

SJW = marketing débile

La dernière trouvaille débile et inutile des SJW* : un jeu de cartes égalitaire et multi racial où toutes les cartes ont la même valeur. C’est vrai que le jeu de cartes, c’est un instrument d’oppression du patriarcat blanc. Comme sans doute la fourchette, l’oreiller et la pile AAA.

Et puis ça va être pratique pour jouer aussi. C’est pas comme si quasiment tous les jeux de cartes étaient basés sur les valeurs (spéciale dédicace à Perceval).

*SJW = Social Justice Warriors. Auto-appointés défenseurs du bien, le plus souvent pour se victimiser ou récupérer des avantages, notamment en se plaçant politiquement (la politique restant le meilleur moyen de gagner de l’argent sans rien faire. Ceux qui essaient de faire sont généralement dégoutés au bout de quelques années), ou ici en développant des produits concepts fumeux. Tant qu’y a des cons qui paient..

Un regard sur #saccageparis

Connaissez-vous le hashtag #saccageparis ? Depuis mars ou avril, il est un gros gravillon dans les escarpins qu’a chaussés Anne Hidalgo pour sillonner les routes de France et d’ailleurs afin de préparer sa candidature à la présidence de la République. Cette semaine, elle était à Kigali au Rwanda pour une conférence de l’Association Internationale des Maires Francophones, énième « machin » inutile que la mairie de Paris subventionne à hauteur d’1,6 Million par an (en sus des 40 000 euros de cotisation). Et après on se demande pourquoi Paris a 7 milliards de dettes. Enfin non, depuis que je suis le hashtag, je ne me le demande plus…

Bien que les médias aient tendance à réduire les revendications rassemblées derrière ce tag (et non le compte Twitter du même nom, qui s’est créé après pour l’exploiter) à la saleté des rues de Paris, elles sont plus nombreuses et variées :

  1. Défaut d’entretien des rues et du mobilier urbain, parfois dangereux- panneaux arrachés, trous dans la chaussée et sur les trottoirs,… Le Canard Enchaîné a aimablement révélé une des raisons :

2. Quand aux lampadaires et autres feux rouges réparés au chatterton, avec des câbles électriques apparents, c’est le travail de l’entreprise Evesa, titulaire du marché. Qui, comme tant d’autres entreprises en contrat pour la ville de Paris, ne semble faire l’objet d’aucun contrôle des travaux… A 90 millions par an, ça fait cher du rouleau de scotch.

3. Disparition et dégradation du mobilier urbain, remplacé au mieux par des modèles anti-SDF hors de prix commandés à des designers de renom (mais moches quand même), au pire par des modèles qui plaisent aux EELV de l’alliance majoritaire, tout en bois de palette et poutres en bois. Vous savez, EELV, ce sont ces écologistes qui ignorent que le bois non traité, ça pourrit vite en plein air…

4. Ces mêmes écolos qui promeuvent des pieds d’arbres végétalisés gérés par les riverains (ou associations) qui en font la demande. Et qui, dans leur grande majorité, sont d’aussi piètres jardiniers qu’eux. Eh oui, le jardinage, ce n’est pas un hobby pour bobo qui passe ses week-ends en villégiature et ses soirées à boire des cocktails à la goyave. Ça demande du temps, de la constance, et des compétences. Des compétences qu’ont les jardiniers de Paris, dont la mairie diminue les effectifs.

5. Remarquez, ça ne devrait pas être trop grave, puisque les espaces verts diminuent à vitesse grand V devant la bétonnisation de Paris faite à marche forcée par Hidalgo. Partout où il restait des friches ou des espaces verts, la maire fait installer des programmes immobiliers, de préférence des tours géantes dont, pourtant, la population avait clairement exprimé à son prédécesseur Delanoë qu’elle ne voulait pas.

6. Et cela alors que la mairie, par le biais de l’adjoint envoyé au front le plus souvent, Emmanuel Grégoire, clame haut et fort qu’il faut lutter contre la densification de Paris… Et prétend, pour lutter contre le réchauffement climatique et les canicules parisiennes, multiplier les arbres et les « forêts urbaines ». Du pipeau démonté par Le Monde, oui parce que dans les projets annoncés lors de la campagne, on ne sait pas, à la mairie, qu’un arbre, ça a besoin de terre. Et pas juste 20cm de profondeur. Donc la forêt devant l’hôtel de ville, c’est pas possib’ ma brave dame… Des mensonges aussi sur les arbres soit disant plantés en masse par la mairie, qui ne compensent pas du tout tout ceux qu’elle coupe, sous des motifs farfelus. Remember la glycine de Montmartre ? Abattue soit disant parce qu’elle dépérissait, il faudra 2 mois à la mairie pour publier un justificatif… Qui concerne un autre végétal. Est-ce qu’on ne se foutrait pas un peu de notre gueule ? Je crois que la question elle est vite répondue…

7. A la place, on nous installe des jardinières, souvent biodégradables elles aussi, et qui font d’excellents nids pour les rats. C’est ça, la biodiversité version EELV. Remarquez, dans mon quartier, c’est multi usage, ça sert aussi : de cendrier, de poubelle, de cache pour les dealers, et d’urinoir.

8. Ah oui, les urinoirs. Fameux exemple du gâchis d’argent de cette mairie axée sur la communication, mais qui n’a pas le début d’une notion de « budget », de retour sur investissement ou d’analyse d’impact… C’est pas grave après tout, c’est pas leur pognon… C’est le nôtre ! Le plus célèbre exemple, donc, ce sont ces « Naturinoirs » à 40 000 euros de la société Ecosec, censés recycler l’urine en engrais grâce à l’énergie solaire. Résultat :

Parce que dans les start-up de l’écologie, vous voyez, on ne sait pas que les arbres, ben, ça fait des feuilles. A la mairie non plus, du reste. Je ne sais pas à combien ils se sont mis pour valider le projet, mais je pense que tous autant qu’ils sont, ils ont autant de compétences en écologie qu’un gamin de 6 ans.

9. Remarquez, au rayon du gaspillage d’argent public, ils nous ont aussi conçu, pour recycler Audrey Pulvar après son échec retentissant aux régionales, une Académie du Climat, pour sensibiliser les jeunes au changement climatique et réfléchir à des solutions pour y remédier. Ça cogite dur, niveau atelier bricolage de mon petit cousin de CP :

On reproche au mouvement d’être récupéré par l’opposition. Ben…. Encore heureux non ? Ce n’est quand même pas notre faute si à chaque fois qu’on identifie un problème à Paris et qu’on creuse, on trouve à la source des décisions lamentables de la même majorité ? Croyez moi, j’en ai été surprise, ayant voté pour eux jusqu’à la première élection d’Hidalgo. Depuis, je regrette…

3, 2 millions pour enfiler les banalités comme des perles

10. Le patrimoine de Paris est démoli pour des réaménagements pas toujours nécessaires, surtout quand on a déjà 7 milliards de dette. Les fontaines de la porte de la Chapelle. Celles de la place de la République. Le jardin de la Pagode (c’est ballot : là où il y a des arbres en pleine terre, la mairie ferme les yeux sur leur excavation. Elle se vend si cher que ça, la terre parisienne ?)…

11. Autre grief : la gestion (ou absence de) de la toxicomanie dans le nord de Paris : les riverains des jardins d’Eole, dans le quartier de Stalingrad, ont dû en venir à dégager les dealers de crack à coup de mortier de feux d’artifice pour que les médias se décident à parler de leur calvaire, aggravé par le démantèlement de la Colline du Crack et le confinement : un quartier livré aux dealers et consommateurs de crack, une drogue particulièrement destructrice. Des riverains sous pression qui ne peuvent dormir à cause des bagarres, cris et viols sous leurs fenêtres, des enfant traumatisés par les scènes d’injection et de déchéance, et par les agressions de toxicos prêts à tout pour se payer une nouvelle dose. Scènes similaires autour de la gare du Nord et de la salle de shoot de l’hôpital Lariboisière. Il paraît qu’il ne faut pas dire salle de shoot mais SCMR, salle de consommation à modération des risques. Pourtant les riverains, eux, dénoncent une aggravation des risques pour eux. La SCMR de Paris ne poussant pas franchement à la désintoxication et ne fournissant pas de palliatifs, elle attire les dealers sûrs d’y trouver des clients. Chaude ambiance.

Je n’habite pas très loin. Le quartier n’a jamais été jojo, mais ça allait encore jusqu’à il y a quelques années. Je le décrivais comme « coloré pas craignos ». Depuis le début du confinement, j’ai failli me faire piquer mon téléphone dans la rue 2 fois, j’ai assisté à 2 vols à la tire, entendu dans la rue une bonne cinquantaine d’altércations / poursuites (au minimum. Je ne les compte plus. Durant le couvre-feu, tous les soirs il y avait un passage de cassos braillards dans la rue, rarement les mêmes. Ambiance American Nightmare). Et, grâce à l’extension des zones de deal, depuis 3 mois, j’ai assisté 3 fois à des scènes de shoot dans la rue, en plein jour.

Il était 18h…

Je pourrais continuer des heures. La liste des méfaits de la mairie est longue. En gros, ils trouvent toujours de l’argent pour des projets artistiques non durables, mais la sécurité, la propreté et la beauté de Paris, ils s’assoient dessus.

Et puis ce soir, je suis tombée sur l’article d’un anglais qui écrit depuis Paris, qui nous donne son avis sur le mouvement saccageparis. La traduction dans Courrier International, ci-dessous, n’est accessible en entier qu’aux abonnés, mais la version originale sur le site The Local est disponible en entier.

https://www.courrierinternational.com/article/vu-du-royaume-uni-le-vrai-saccage-de-paris-cest-lexode-de-ses-habitants

Je suis ravie d’apprendre que le fait que la criminalité à Paris ait augmenté de 46% en 6 ans en 2019 n’est pas grave, parce que « c’est limité aux quartiers nord et est de Paris, les plus pauvres ». C’est là que j’habite, mais sans doute que lui non, alors il s’en fout. Et encore, les chiffres s’arrêtent à 2019. Ils ont dû bondir avec le confinement, si tant est que les gens se fatiguent encore à porter plainte, étant donné qu’en général derrière, pour un « simple » vol, il n’y a pas d’action (testé pour vous. L’officier qui a pris ma plainte pour un vol de chèque, à la 3e tentative, a été sympathique, mais ne m’a laissé aucune illusion sur le fait d’avoir des nouvelles… Alors qu’on avait le nom et le numéro de compte de la personne qui avait encaissé le chèque volé à la Poste- ah oui, la Poste non plus n’a pas enquêté. Suite à ma réclamation, ils m’ont juste envoyé un courrier sans aucun moyen de réponse pour m’offrir le prix du timbre en compensation, et encore, même ce coupon n’était pas en pièce jointe… Nuls jusqu’au bout).

Et je suis aussi ravie de découvrir que pour lui, le problème, c’est la gentrification, qui diminue la charmante et folklorique diversité de population. Dans mon quartier, c’est pas les bobos qui représentent 90% de la population… Notez, les toxicos eux sont de toute nationalité. Le gros mec bourré tout nu qui menaçait de descendre par la fenêtre (du 5e étage) en découdre avec les autres glandus qui picolent devant l’hôtel dans ma rue (qui, vu la populace aux fenêtres, a dû être réquisitionné comme hébergement d’urgence pour cassos divers et avariés), vue sa gueule et son accent, il était plutôt des pays de l’Est.

Comme dans Friends !

Mais le reste du quartier, lui, est devenu une banlieue d’Islamabad, complète avec ses conflits ethniques ou religieux (je ne parle pas l’ourdu ni le pendjabi, je n’ai pas saisi les détails des bagarres régulières)… Remarquez, l’avantage, c’est que quand des bandes de jeunes d’autres minorités descendent des quartiers nord pour trafiquer, ou des « mineurs isolés marocains » viennent jouer les pickpockets, ils ne s’embêtent pas avec des médiateurs de la ville de Paris : ils prennent directement qui une chaise, qui un bâton sur un des chantiers perpétuels du coin, et ils se menacent façon parade d’intimidation, voire ils se foutent directement sur la gueule.

Ce n’est pas que j’ai une affection démesurée pour le bobo biobio donneur de leçons qui commande des baskets équitables en soja sur son iPhone changé tous les ans, mais croyez moi, je m’estimerais heureuse si le problème de mon quartier, c’était la gentrification… Déjà, il y aurait plus d’une femme sur 20 dans la rue…

Parisienne mais presque : 14 février

La Saint-Valentin, comme toutes les dates de fêtes règlementaires, est autant un jour de joie pour certains qu’un jour de stress ou de tristesse pour d’autres.

Aussi, ce jour, je voudrais qu’avec moi vous ayez une pensée pour ces derniers:

  • pour les couples qui se sont engueulé hier soir lors de leur dîner qui devait être romantique parce que ils n’étaient pas d’accord sur le menu / madame a gueulé que les fleurs c’est sexiste / mais ça fait 3 ans qu’on sort ensemble et tu ne sais toujours pas que je déteste [le cadeau choisi] / ah ouais, ton ex faisait mieux la cuisine? Et ben t’as qu’à retourner avec, je te retiens pas!
  • pour les couples qui ne se sont pas engueulé parce qu’ils ne se sont pas parlé de la soirée à part pour choisir le programme de Netflix, ayant passé le repas sur leur téléphone respectif à scruter les comptes de leurs ex sur les réseaux sociaux, suivre les résultats du foot, ou mater des TikTok de chat qui danse.
Carte de désaveu "J'ai beaucoup à donner mais pas à toi".
Carte de désaveu made by me
  • pour ces couples qui ne se sont pas engueulé parce que l’un des deux est vexé que l’autre n’ait pas eu une petite attention pour la Saint-Valentin, mais : est encore trop amoureux pour le dire / a abandonné depuis longtemps l’espoir que ça change / croit encore au discours « Nan mais moi je fais rien pour la Saint Valentin parce que c’est une fête commerciale et il n’y a pas de date pour aimer, ça doit être spontané », alors que ceux qui le tiennent ne font généralement rien d’autre le reste de l’année non plus. Et l’autre va se demander toute la journée pourquoi le premier ne dit rien. Ah non, statistique, le 2e c’est plutôt un homme, alors il ne va rien remarquer.
  • à ceux qui sont encore en couple alors qu’ils ne peuvent plus se voir en peinture après un an de confinement, mais que, vu que la situation économique ne s’est pas arrangé non plus, ils n’ont pas réussi à trouver un plan B pour se casser.
  • à ceux à qui cette année de télétravail + plusieurs mois alternés de garde de leurs enfants pendant les cours à domicile a fait réaliser qu’en fait, la vie domestique, c’est une vie de domestique, et que s’ils avaient su, ils auraient pas venu.

Allez, bon courage. N’oubliez pas de quand même poster une photo de votre dîner aux chandelles histoire de faire croire à vos ex que vous passez un super week-end. Et rappelez-vous : le couple, c’est affronter seul des problèmes qu’on n’aurait pas eu tout seul. Bisous.

Calendrier du confinement (1)

Je ne sais pas combien de temps ça va durer, mais plutôt qu’un énième journal de confinement (qui dans mon cas se résumerait à « télétravail, télé, dodo »), je vous propose des idées pour limiter la déprime.

La première, c’est de profiter du fait que les magasins ont déjà dégainé les calendriers de l’Avent. Et c’est un bon moyen de s’offrir une petite surprise par jour pendant 24 jours sans sortir de chez soi.

Pour conjuguer décoration festive, manque de place et esprit de Noël plutôt païen, j’ai opté pour celui-ci, chez Natures et Découvertes. En plus il y a un petit renard ! Yapuka le recevoir.

Réhabilitons le Dune de David Lynch

Alors que tout le monde trépigne d’impatience à l’idée de voir l’adaptation du roman culte de Frank Herbert par Denis Villeneuve, regardons un peu son prédécesseur, cad la version de David Lynch, sortie en 1984. Souvent critiquée depuis, par les fans et les cinéphiles.

Première exposition- a beginning is a very delicate time…

Il y a des oeuvres dans lesquelles vous voulez vous replonger régulièrement et d’autres qui vous marquent tellement qu’un seul passage suffit. Quand le film Dune est sorti, en 1984, j’étais trop jeune pour avoir lu le roman. Mais j’aimais la science-fiction, Temps X (l’émission des frères Bogdanoff) en a parlé et m’a incité à le guetter en salle. A dire vrai, j’avais tellement peu retenu le pitch que le temps que le film passe dans mon cinéma de province, je croyais voir l’histoire de 2 cosmonautes échoués sur une planète désertique.

Bonjour la claque sidérale devant le « spice opéra » démesuré de David Lynch.

Duel au couteau dans le futur

Sur le moment, j’ai adoré.

Tellement que dans la foulée, j’ai lu le roman. Et là, re claque : ah mais à côté du livre, le film est tout pourri. Enfin, très réducteur. Normal, vous me direz : impossible de faire tenir en 2h l’intrigue touffue, les nombreux personnages et les clans/organisations dont ils font partie, et toutes les considérations politiques, religieuses, environnementales et autres du roman. Fatalement, la comparaison n’était pas à l’avantage du film.

De ce fait, je ne l’ai jamais vraiment regardé à nouveau.

De David Lynch, je ne peux pas dire que je sois fan, même si après Dune, j’avais regardé et bien aimé Twin Peaks. Elephant Man m’avait pas mal traumatisé, et j’ai heureusement suffisamment peu accroché à Eraserhead pour en dire autant… Après, je n’ai pas insisté, arrivant à la conclusion que pour original que soit son cinéma, ça ne me donnait pas forcément envie de le regarder.

Dame Jessica et Paul

Deuxième exposition – 2020

La nouvelle adaptation en préparation ayant rappelé à tout le monde l’existence de Dune, Arte et Netflix ont ressorti le film de David Lynch. Que j’ai donc regardé, en m’apprêtant à en rire un peu.

Alors certes, les effets spéciaux ont assez mal vieilli. Normal, ils ont pris 25 ans. Je rappelle qu’à l’époque, pour reproduire les yeux de l’Ibad « bleu sur bleu » des Fremen, vu que les acteurs ne supportaient pas les lentilles prévues à cet effet (les lentilles de contact font mauvais ménage avec un tournage dans le désert), et faute d’effets numériques, les gens des effets spéciaux les ont repeint à la main sur la pellicule, image par image.

Certes, Lynch n’a pas lésiné sur les détails glauques, notamment pour le Baron Harkonnen, qui est certes déjà décrit dans le roman comme cruel, abuseur de très jeunes hommes et d’une obésité morbide, mais à qui il rajoute des pustules et autres scènes ajoutant au sordide, pour qu’on comprenne bien que c’est le méchant.

Certes, ce parti pris des voix off pour que les personnages expliquent leurs pensées est un peu lourdingue. Mais l’intrigue est touffue, et l’Empire est un milieu où il ne fait pas bon se révéler à voix haute.

Certes, certains décors font un peu carton-pâte (surtout les sietch dans le désert). D’autres ont attiré des critiques parce que perçus comme trop baroques et évoquant plutôt le passé que le futur, tout comme les uniformes néo-prussiens des Atréides. Mais franchement, rien ne se date plus vite que tenter de faire futuriste (hello Flash Gordon)… Et stylistiquement, l’histoire est un éternel recommencement. De plus, un aspect non évoqué dans le film est que les humains ont renoncé à utiliser des machines intelligentes car elles avaient failli conduire l’humanité à sa ruine. Donc exit les gadgets informatiques.

Mais sinon, j’ai été surprise de voir à quel point le film était en réalité fidèle au livre. La principale entorse concerne l’invention des Modules Étranges, sans doute pour se passer d’expliquer comment la seule présence de Paul et Jessica suffit à transformer en quelques années les Fremen de guérilleros pénibles en conquérants des armées de l’Empereur lui-même, les féroces Sardaukar.

Le film a pour lui un casting aux petits oignons, que les acteurs aient été connus à l’époque ou non. Rétrospectivement, Kyle MacLachlan s’en sort bien malgré son brushing et ses 10 ans de trop. C’est dans les nombreux seconds rôles que se joue la crédibilité. Je ne sais pas si je pourrais imaginer le duc Leto autrement que sous les traits de Jurgen Prochnov. Idem pour Francesca Annis qui apporte sa noblesse à dame Jessica, Sean Young en Chani a le genre de visage qu’un jeune homme peut imaginer en rêve, et à peu près tous les autres : Stilgar, Gurney Halleck, le baron Harkonnen, l’Empereur, Thufir Hawat… bon, Sting en fait un peu des caisses en Feyd-Rautha, mais on va dire que c’est cohérent avec le côté baroque du film.

Paul et Leto en uniformes de la maison Atréides

Autre point fort sur lequel on n’aurait pas parié une cacahuète en le lisant : la bande originale composée par le groupe Toto avec Brian Eno. Je l’ai ressortie de la naphtaline comme méthode anti-stress pendant cette période difficile qui me pousse à la régression vers un passé moins anxiogène, et je la trouve toujours aussi géniale. Il ne m’a fallu que quelques écoutes pour être à nouveau capable de réciter le monologue d’introduction de la princesse Irulan – qui, outre qu’il pose le décor du film de façon plus vivante qu’un texte défilant vers l’arrière, reprend le principe du roman des citations de la princesse en tête de chaque chapitre. (Soit dit en passant, pour faire taire le hamster dans la tête qui te colle des crises d’angoisse à 5h du matin, se réciter la Litanie contre la Peur ou le dit monologue, c’est une méthode qui en vaut une autre). Il me suffit d’écouter quelques notes de n’importe quel des morceaux pour me retrouver transportée sur Dune. De préférence sous l’identité de ma Mary Sue, parce qu’en vrai, je n’y tiendrai pas 5mn avant de me faire bouffer par un ver des sables ou liquider (c’est le cas de le dire) par les Fremen au titre de poids mort.

Alors certes, David Lynch ne s’est jamais remis de l’échec commercial et critique du film, au point de faire retirer son nom du générique de la version de 4h remontée pour la télévision. Mais finalement, cette adaptation est loin d’être déshonorante

Quand on pense à ce que ça aurait pu être…

Depuis des années, j’entends parler de la version sur laquelle travaillait Alejandro Jodorowsky avant que, faute de trouver un complément de financement aux USA, le projet ne capote.

En général, c’est avec des tremolos en mode « Rah la la c’est tellement dommaaaaage ». Jodorowsky est culte, mais je n’ai jamais réussi à accrocher à ses récits, trop… mystiques pour moi. Un des aspects que j’ai préférés, dans Dune, c’est que si Paul, débarquant dans le désert, se retrouve propulsé au rôle du Messie qu’attendaient les Fremen, c’est parce depuis des siècles, les Bene Gesserit avaient implanté ces légendes chez eux pour le cas où ça pourrait leur servir.

Cette année, Arte a diffusé le documentaire Jodorowsky’s Dune, qui retrace le long travail de préparation de Jodorowsky et des artistes qu’il avait rassemblés pour adapter le roman. Sur le papier, ça fait rêver : Moebius qui fait un story board au fur et à mesure que Jodorowsky lui raconte sa version. H.R. Giger qui crée les visuels pour la planète des Harkonnen. Dan O’Bannon est responsable des effets spéciaux – il écrira Alien par la suite, en travaillant avec Giger et un autre transfuge du projet, l’illustrateur Chris Foss.

Même faire jouer Paul par son fils de 12 ans (au début des travaux), en le soumettant à un entraînement paramilitaire du même style 6 jours sur 7 pendant 2 ans… c’est complètement taré, mais ma foi, le fiston a de la gueule.

L’Empereur et sa cour débarquent sur Dune

Mais quand Jodorowsky explique ce qu’il voulait faire de l’histoire, ça se gâte. Un duc Leto castré qui conçoit Paul via une goutte de sang (why?). Son insistance à recruter un Salvador Dali aux exigences démesurées pour jouer Shaddam IV, au motif que lui seul aurait « l’excentrisme pour jouer l’Empereur fou ». Mais… IL N’EST PAS FOU, SHADDAM IV. Il est posé et stratège, il a juste voulu faire tuer le duc Leto parce qu’il devenait trop influent.

L’apothéose du wtf, c’est quand, hilare, il explique que pour faire un enfant à une mariée, il faut bien lui arracher sa robe et la violer, et qu’il a violé le Dune de Frank Herbert. Dégoût. Ouais, ben l’oeuvre ne s’est pas laissée faire et c’est tant mieux, finalement…

D’ailleurs, en voyant le documentaire arrivé au point où le producteur français va démarcher les studios US avec la « bible » monumentale du film sous le bras, je me demandais vraiment comment il avait espéré une seconde qu’on lui file les 15 millions qui manquaient. Pour tourner, dans le désert, un film au scénario mystico-barré, sur la base d’un roman déjà bien trop intelligent et complexe pour le public américain de base. Ça sentait le dépassement de budget astronomique à 15 parsecs, et le flop commercial aussi. On ne file pas 15 briques pour un projet qui a toutes les chances de se planter. C’est d’ailleurs à se demander si Jodorowski ne s’est pas sciemment saboté en empilant exigences dantesques sur délires irréalistes, histoire de ne jamais avoir l’occasion de réaliser le film.

En conclusion, le film de David Lynch aurait sans doute pu être mieux avec du budget supplémentaire pour les effets spéciaux, un montage plus long et plus clair (mais Dune ne sera jamais pour les mous du bulbe, sinon on perd la moitié de son intérêt), mais au moins, il ne trahit pas l’oeuvre de Frank Herbert.

On attend maintenant la version de Denis Villeneuve, qui a l’air aussi habité par l’oeuvre que Jodorowsky, mais de manière plus réaliste… et qui a eu les moyens de ses ambitions, apparemment.

Pour poursuivre la lecture, quelques articles :

https://www.ecranlarge.com/films/dossier/964724-le-mal-aime-dune-le-film-maudit-renie-par-david-lynch

https://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Dune-Pourquoi-le-roman-culte-de-Frank-Herbert-est-il-si-dur-a-adapter-au-cinema-

La fin du début de la fin

Résumons. Après 2 mois de confinement :
– je n’ai pas fait de pain une seule fois
– je me suis habillée tous les jours
– mon appartement n’est que modérément plus propre et rangé qu’avant
– je rentre encore dans mes pantalons
– je n’ai rien commandé sur Amazon
– j’ai à peine entamé ma pile à lire
– je n’ai pas écrit de journal de confinement
– je n’ai pas fait de cours de sport Zoom parce que ça me soûle les conf call, j’en fais assez au boulot
– j’ai arrêté d’applaudir les soignants au bout d’une semaine parce que la proximité de mes voisins d’en face a commencé à me peser

Bref, j’ai l’impression d’être un peu passée à côté de l’événement de l’année…

Heureusement, je ne suis pas complètement hors norme :
– j’ai participé à un apero Zoom
– j’ai assisté à un pot de départ via Teams
– j’ai regardé 4 concerts en streaming (Bandmaid en live et 3 enregistrements de Babymetal)
– j’ai 2 « vrais » concerts qui ont été annulés / reportés
– j’ai cousu un masque en tissu
– j’ai envoyé des cookies à des soignants
– je continue le télétravail, comme pendant la grève. Same player, play again.

Vivement le vaccin…