Parisienne mais presque : 14 février

La Saint-Valentin, comme toutes les dates de fêtes règlementaires, est autant un jour de joie pour certains qu’un jour de stress ou de tristesse pour d’autres.

Aussi, ce jour, je voudrais qu’avec moi vous ayez une pensée pour ces derniers:

  • pour les couples qui se sont engueulé hier soir lors de leur dîner qui devait être romantique parce que ils n’étaient pas d’accord sur le menu / madame a gueulé que les fleurs c’est sexiste / mais ça fait 3 ans qu’on sort ensemble et tu ne sais toujours pas que je déteste [le cadeau choisi] / ah ouais, ton ex faisait mieux la cuisine? Et ben t’as qu’à retourner avec, je te retiens pas!
  • pour les couples qui ne se sont pas engueulé parce qu’ils ne se sont pas parlé de la soirée à part pour choisir le programme de Netflix, ayant passé le repas sur leur téléphone respectif à scruter les comptes de leurs ex sur les réseaux sociaux, suivre les résultats du foot, ou mater des TikTok de chat qui danse.
Carte de désaveu "J'ai beaucoup à donner mais pas à toi".
Carte de désaveu made by me
  • pour ces couples qui ne se sont pas engueulé parce que l’un des deux est vexé que l’autre n’ait pas eu une petite attention pour la Saint-Valentin, mais : est encore trop amoureux pour le dire / a abandonné depuis longtemps l’espoir que ça change / croit encore au discours « Nan mais moi je fais rien pour la Saint Valentin parce que c’est une fête commerciale et il n’y a pas de date pour aimer, ça doit être spontané », alors que ceux qui le tiennent ne font généralement rien d’autre le reste de l’année non plus. Et l’autre va se demander toute la journée pourquoi le premier ne dit rien. Ah non, statistique, le 2e c’est plutôt un homme, alors il ne va rien remarquer.
  • à ceux qui sont encore en couple alors qu’ils ne peuvent plus se voir en peinture après un an de confinement, mais que, vu que la situation économique ne s’est pas arrangé non plus, ils n’ont pas réussi à trouver un plan B pour se casser.
  • à ceux à qui cette année de télétravail + plusieurs mois alternés de garde de leurs enfants pendant les cours à domicile a fait réaliser qu’en fait, la vie domestique, c’est une vie de domestique, et que s’ils avaient su, ils auraient pas venu.

Allez, bon courage. N’oubliez pas de quand même poster une photo de votre dîner aux chandelles histoire de faire croire à vos ex que vous passez un super week-end. Et rappelez-vous : le couple, c’est affronter seul des problèmes qu’on n’aurait pas eu tout seul. Bisous.

Calendrier du confinement (1)

Je ne sais pas combien de temps ça va durer, mais plutôt qu’un énième journal de confinement (qui dans mon cas se résumerait à « télétravail, télé, dodo »), je vous propose des idées pour limiter la déprime.

La première, c’est de profiter du fait que les magasins ont déjà dégainé les calendriers de l’Avent. Et c’est un bon moyen de s’offrir une petite surprise par jour pendant 24 jours sans sortir de chez soi.

Pour conjuguer décoration festive, manque de place et esprit de Noël plutôt païen, j’ai opté pour celui-ci, chez Natures et Découvertes. En plus il y a un petit renard ! Yapuka le recevoir.

Réhabilitons le Dune de David Lynch

Alors que tout le monde trépigne d’impatience à l’idée de voir l’adaptation du roman culte de Frank Herbert par Denis Villeneuve, regardons un peu son prédécesseur, cad la version de David Lynch, sortie en 1984. Souvent critiquée depuis, par les fans et les cinéphiles.

Première exposition- a beginning is a very delicate time…

Il y a des oeuvres dans lesquelles vous voulez vous replonger régulièrement et d’autres qui vous marquent tellement qu’un seul passage suffit. Quand le film Dune est sorti, en 1984, j’étais trop jeune pour avoir lu le roman. Mais j’aimais la science-fiction, Temps X (l’émission des frères Bogdanoff) en a parlé et m’a incité à le guetter en salle. A dire vrai, j’avais tellement peu retenu le pitch que le temps que le film passe dans mon cinéma de province, je croyais voir l’histoire de 2 cosmonautes échoués sur une planète désertique.

Bonjour la claque sidérale devant le « spice opéra » démesuré de David Lynch.

Duel au couteau dans le futur

Sur le moment, j’ai adoré.

Tellement que dans la foulée, j’ai lu le roman. Et là, re claque : ah mais à côté du livre, le film est tout pourri. Enfin, très réducteur. Normal, vous me direz : impossible de faire tenir en 2h l’intrigue touffue, les nombreux personnages et les clans/organisations dont ils font partie, et toutes les considérations politiques, religieuses, environnementales et autres du roman. Fatalement, la comparaison n’était pas à l’avantage du film.

De ce fait, je ne l’ai jamais vraiment regardé à nouveau.

De David Lynch, je ne peux pas dire que je sois fan, même si après Dune, j’avais regardé et bien aimé Twin Peaks. Elephant Man m’avait pas mal traumatisé, et j’ai heureusement suffisamment peu accroché à Eraserhead pour en dire autant… Après, je n’ai pas insisté, arrivant à la conclusion que pour original que soit son cinéma, ça ne me donnait pas forcément envie de le regarder.

Dame Jessica et Paul

Deuxième exposition – 2020

La nouvelle adaptation en préparation ayant rappelé à tout le monde l’existence de Dune, Arte et Netflix ont ressorti le film de David Lynch. Que j’ai donc regardé, en m’apprêtant à en rire un peu.

Alors certes, les effets spéciaux ont assez mal vieilli. Normal, ils ont pris 25 ans. Je rappelle qu’à l’époque, pour reproduire les yeux de l’Ibad « bleu sur bleu » des Fremen, vu que les acteurs ne supportaient pas les lentilles prévues à cet effet (les lentilles de contact font mauvais ménage avec un tournage dans le désert), et faute d’effets numériques, les gens des effets spéciaux les ont repeint à la main sur la pellicule, image par image.

Certes, Lynch n’a pas lésiné sur les détails glauques, notamment pour le Baron Harkonnen, qui est certes déjà décrit dans le roman comme cruel, abuseur de très jeunes hommes et d’une obésité morbide, mais à qui il rajoute des pustules et autres scènes ajoutant au sordide, pour qu’on comprenne bien que c’est le méchant.

Certes, ce parti pris des voix off pour que les personnages expliquent leurs pensées est un peu lourdingue. Mais l’intrigue est touffue, et l’Empire est un milieu où il ne fait pas bon se révéler à voix haute.

Certes, certains décors font un peu carton-pâte (surtout les sietch dans le désert). D’autres ont attiré des critiques parce que perçus comme trop baroques et évoquant plutôt le passé que le futur, tout comme les uniformes néo-prussiens des Atréides. Mais franchement, rien ne se date plus vite que tenter de faire futuriste (hello Flash Gordon)… Et stylistiquement, l’histoire est un éternel recommencement. De plus, un aspect non évoqué dans le film est que les humains ont renoncé à utiliser des machines intelligentes car elles avaient failli conduire l’humanité à sa ruine. Donc exit les gadgets informatiques.

Mais sinon, j’ai été surprise de voir à quel point le film était en réalité fidèle au livre. La principale entorse concerne l’invention des Modules Étranges, sans doute pour se passer d’expliquer comment la seule présence de Paul et Jessica suffit à transformer en quelques années les Fremen de guérilleros pénibles en conquérants des armées de l’Empereur lui-même, les féroces Sardaukar.

Le film a pour lui un casting aux petits oignons, que les acteurs aient été connus à l’époque ou non. Rétrospectivement, Kyle MacLachlan s’en sort bien malgré son brushing et ses 10 ans de trop. C’est dans les nombreux seconds rôles que se joue la crédibilité. Je ne sais pas si je pourrais imaginer le duc Leto autrement que sous les traits de Jurgen Prochnov. Idem pour Francesca Annis qui apporte sa noblesse à dame Jessica, Sean Young en Chani a le genre de visage qu’un jeune homme peut imaginer en rêve, et à peu près tous les autres : Stilgar, Gurney Halleck, le baron Harkonnen, l’Empereur, Thufir Hawat… bon, Sting en fait un peu des caisses en Feyd-Rautha, mais on va dire que c’est cohérent avec le côté baroque du film.

Paul et Leto en uniformes de la maison Atréides

Autre point fort sur lequel on n’aurait pas parié une cacahuète en le lisant : la bande originale composée par le groupe Toto avec Brian Eno. Je l’ai ressortie de la naphtaline comme méthode anti-stress pendant cette période difficile qui me pousse à la régression vers un passé moins anxiogène, et je la trouve toujours aussi géniale. Il ne m’a fallu que quelques écoutes pour être à nouveau capable de réciter le monologue d’introduction de la princesse Irulan – qui, outre qu’il pose le décor du film de façon plus vivante qu’un texte défilant vers l’arrière, reprend le principe du roman des citations de la princesse en tête de chaque chapitre. (Soit dit en passant, pour faire taire le hamster dans la tête qui te colle des crises d’angoisse à 5h du matin, se réciter la Litanie contre la Peur ou le dit monologue, c’est une méthode qui en vaut une autre). Il me suffit d’écouter quelques notes de n’importe quel des morceaux pour me retrouver transportée sur Dune. De préférence sous l’identité de ma Mary Sue, parce qu’en vrai, je n’y tiendrai pas 5mn avant de me faire bouffer par un ver des sables ou liquider (c’est le cas de le dire) par les Fremen au titre de poids mort.

Alors certes, David Lynch ne s’est jamais remis de l’échec commercial et critique du film, au point de faire retirer son nom du générique de la version de 4h remontée pour la télévision. Mais finalement, cette adaptation est loin d’être déshonorante

Quand on pense à ce que ça aurait pu être…

Depuis des années, j’entends parler de la version sur laquelle travaillait Alejandro Jodorowsky avant que, faute de trouver un complément de financement aux USA, le projet ne capote.

En général, c’est avec des tremolos en mode « Rah la la c’est tellement dommaaaaage ». Jodorowsky est culte, mais je n’ai jamais réussi à accrocher à ses récits, trop… mystiques pour moi. Un des aspects que j’ai préférés, dans Dune, c’est que si Paul, débarquant dans le désert, se retrouve propulsé au rôle du Messie qu’attendaient les Fremen, c’est parce depuis des siècles, les Bene Gesserit avaient implanté ces légendes chez eux pour le cas où ça pourrait leur servir.

Cette année, Arte a diffusé le documentaire Jodorowsky’s Dune, qui retrace le long travail de préparation de Jodorowsky et des artistes qu’il avait rassemblés pour adapter le roman. Sur le papier, ça fait rêver : Moebius qui fait un story board au fur et à mesure que Jodorowsky lui raconte sa version. H.R. Giger qui crée les visuels pour la planète des Harkonnen. Dan O’Bannon est responsable des effets spéciaux – il écrira Alien par la suite, en travaillant avec Giger et un autre transfuge du projet, l’illustrateur Chris Foss.

Même faire jouer Paul par son fils de 12 ans (au début des travaux), en le soumettant à un entraînement paramilitaire du même style 6 jours sur 7 pendant 2 ans… c’est complètement taré, mais ma foi, le fiston a de la gueule.

L’Empereur et sa cour débarquent sur Dune

Mais quand Jodorowsky explique ce qu’il voulait faire de l’histoire, ça se gâte. Un duc Leto castré qui conçoit Paul via une goutte de sang (why?). Son insistance à recruter un Salvador Dali aux exigences démesurées pour jouer Shaddam IV, au motif que lui seul aurait « l’excentrisme pour jouer l’Empereur fou ». Mais… IL N’EST PAS FOU, SHADDAM IV. Il est posé et stratège, il a juste voulu faire tuer le duc Leto parce qu’il devenait trop influent.

L’apothéose du wtf, c’est quand, hilare, il explique que pour faire un enfant à une mariée, il faut bien lui arracher sa robe et la violer, et qu’il a violé le Dune de Frank Herbert. Dégoût. Ouais, ben l’oeuvre ne s’est pas laissée faire et c’est tant mieux, finalement…

D’ailleurs, en voyant le documentaire arrivé au point où le producteur français va démarcher les studios US avec la « bible » monumentale du film sous le bras, je me demandais vraiment comment il avait espéré une seconde qu’on lui file les 15 millions qui manquaient. Pour tourner, dans le désert, un film au scénario mystico-barré, sur la base d’un roman déjà bien trop intelligent et complexe pour le public américain de base. Ça sentait le dépassement de budget astronomique à 15 parsecs, et le flop commercial aussi. On ne file pas 15 briques pour un projet qui a toutes les chances de se planter. C’est d’ailleurs à se demander si Jodorowski ne s’est pas sciemment saboté en empilant exigences dantesques sur délires irréalistes, histoire de ne jamais avoir l’occasion de réaliser le film.

En conclusion, le film de David Lynch aurait sans doute pu être mieux avec du budget supplémentaire pour les effets spéciaux, un montage plus long et plus clair (mais Dune ne sera jamais pour les mous du bulbe, sinon on perd la moitié de son intérêt), mais au moins, il ne trahit pas l’oeuvre de Frank Herbert.

On attend maintenant la version de Denis Villeneuve, qui a l’air aussi habité par l’oeuvre que Jodorowsky, mais de manière plus réaliste… et qui a eu les moyens de ses ambitions, apparemment.

Pour poursuivre la lecture, quelques articles :

https://www.ecranlarge.com/films/dossier/964724-le-mal-aime-dune-le-film-maudit-renie-par-david-lynch

https://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Dune-Pourquoi-le-roman-culte-de-Frank-Herbert-est-il-si-dur-a-adapter-au-cinema-

La fin du début de la fin

Résumons. Après 2 mois de confinement :
– je n’ai pas fait de pain une seule fois
– je me suis habillée tous les jours
– mon appartement n’est que modérément plus propre et rangé qu’avant
– je rentre encore dans mes pantalons
– je n’ai rien commandé sur Amazon
– j’ai à peine entamé ma pile à lire
– je n’ai pas écrit de journal de confinement
– je n’ai pas fait de cours de sport Zoom parce que ça me soûle les conf call, j’en fais assez au boulot
– j’ai arrêté d’applaudir les soignants au bout d’une semaine parce que la proximité de mes voisins d’en face a commencé à me peser

Bref, j’ai l’impression d’être un peu passée à côté de l’événement de l’année…

Heureusement, je ne suis pas complètement hors norme :
– j’ai participé à un apero Zoom
– j’ai assisté à un pot de départ via Teams
– j’ai regardé 4 concerts en streaming (Bandmaid en live et 3 enregistrements de Babymetal)
– j’ai 2 « vrais » concerts qui ont été annulés / reportés
– j’ai cousu un masque en tissu
– j’ai envoyé des cookies à des soignants
– je continue le télétravail, comme pendant la grève. Same player, play again.

Vivement le vaccin…

Paris en commun sans transports

Vous avez passé de bonnes fêtes?

Parce que moi, pas vraiment.

J’ai fait le réveillon par Skype parce que les grèves de train, bus, métro ont empêché la famille de se réunir.

Les congés que j’avais posés pour profiter de leur présence pendant les fêtes, et que je ne pouvais pas repousser sans les perdre, je les ai passés à circuler à pied dans mon quartier pourri et à m’épuiser quand j’en sortais, car même aux heures de circulation annoncée, les transports étaient trop pleins pour monter dedans.

Le reste du temps, j’ai dû faire du télétravail, ce qui sur le long terme, me rend neurasthénique.

Un pickpocket a essayé de me faire les poches et une semaine plus tard, un autre a tenté de me piquer mon téléphone alors que je m’étais arrêtée 5 minutes pour jouer à Pokemon Go (heureusement, ils sont aussi incompétents que malhonnêtes, et je suis paranoïaque).

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J’ai pris une photo d’un énième connard en train de pisser dans la rue, littéralement à 2m de sanisettes gratuites (et en état de marche, j’ai vérifié).

Je n’ai pas eu de courrier pendant 3 semaines parce que mon propriétaire a mis dans l’immeuble des boîtes aux lettres aux normes (!) et que la Poste ne voulait pas les desservir tant que les serrures des façades n’auraient pas été installées (par la Poste).

Cerise sur le petit cake, la même Poste m’a perdu un courrier recommandé.

Et toutes ces contrariétés et le fait de ne guère pouvoir les contrebalancer par les quelques bons points de la capitale sans faire une randonnée ont réveillé mes symptômes de burn-out (insomnies, tensions etc).

 

Alors quand je vois que la mère Hidalgo nous sort un slogan « Paris en commun » (qui n’a pour seul mérite que de souligner que les transports en ont déjà disparu…), je me sens obligée de rectifier que la réalité de Paris, c’est ça (oui, je dessine les voitures comme des patates), significativement aggravé par les grèves et les actions d’allumés comme Extinction Rebellion (qui me donnent envie de mettre une cape et un seau noir sur la tête pour parler comme un asthmatique, pour leur montrer ma toute nouvelle station de combat) :

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Et encore, faute de web 7.0, vous n’avez ni le bruit des klaxons et des gueulards, ni les effluves de « Eau Jaune » de Mimile, de bouffe des rues et de poubelles sauvages.

Avis aux infortunés touristes que les événements des 20 dernières années n’auraient pas définitivement découragé de venir en France : fuyez, il est encore temps, allez dépenser votre argent dans des pays qui sont encore civilisés!

 

Quant à moi, si je dois voter, ce sera pour le candidat qui promet d’utiliser les salles de shoot pour effectivement tirer sur tous les résidus de capotes trouées qui contribuent chaque jour à faire de cette ville un cauchemar de pays du Tiers Monde (je ne parle pas des rats, qui ont le mérite de diminuer le volume d’ordures ménagères et de ne pas venir se servir dans nos poches).

ET SURTOUT BONNE ANNEE ! (finalement j’étais en avance de 3 ans pour mon « mot pour l’année à venir »).

Et on était contents !

En cette dernière ligne droite du marathon d’endurance du foie, et alors que l’année prochaine s’annonce résolument sous le signe des conflits (de classe, de religion, de régime alimentaire, de génération…) et de la décroissance, je dédie cette photo amoureusement concoctée par mes soins à mes contemporains, cad aux enfants d’enfants de la guerre, qui ont grandi en entendant à chaque période de Noël : « Moi de mon temps, pour Noël, on avait une orange et deux papillotes. Et on était contents ! » 

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Le télétravail, c’est grâce à SudRail !

10e jour d’affilée de télétravail à cause des grèves (RATP/SNCF).

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NKM est demandée sur la ligne…

L’occasion de me rendre compte que, si je suis sans doute plus productive qu’au bureau, en revanche rester cloîtrée chez moi me tape assez vite sur les nerfs si je ne peux pas faire ce que je veux de ce temps… Et si en plus, je ne peux guère sortir de mon quartier à cause de l’absence de transports. De l’inconvénient d’avoir choisi une location dans mes moyens à mon arrivée à Paris et d’avoir toujours eu la flemme d’en déménager pour aller dans plus cher, que ce soit mieux situé (cad dans un quartier qui présente un autre intérêt que sa desserte par les transports -en temps normal) ou plus grand, ou les deux.

Tout ça aussi pour pouvoir mettre de l’argent de côté pour ma retraite à laquelle je n’ai jamais compté, vu qu’on nous disait déjà que le système courait à sa ruine quand j’ai commencé à travailler (vous la sentez, la délicieuse ironie de la situation ?…).

C’est une bonne chose à savoir, cela dit : ça conforte ma non-envie d’aller habiter en banlieue, car il s’avère que, si en temps normal je supporte mon chez moi, c’est que je n’y passe pas tant de temps, ou alors à y buller en faisant l’impasse sur mon environnement.  

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Ca me fait aussi sérieusement remettre en question mes faibles velléités de changer de boulot pour passer indep ou faire du freelancing en quoi que ce soit. Autant j’arrive à bosser là parce qu’on se connecte en même temps avec les collègues et on est en équipe (et on est sans doute fliqués…), autant sur mes projets persos j’ai toujours du mal. 

Autre révélation : je m’étais toujours demandé pourquoi les free-lance et autres auto-entrepreneurs/artistes etc se regroupaient en ateliers, en espaces de co-working et autres, alors que personnellement je considère l’open space comme la plus grande calamité du monde du travail moderne. (bon OK y en a plein d’autres : la Uberisation, les écoles de commerce, le management à l’américaine…). Là je comprends. Même moi je déprime et j’angoisse là.

Souvenirs de Luke Perry

Un des signes de l’âge, c’est que les gens célèbres que tu connais font plus souvent la une à la rubrique fait divers ou décès que pour un heureux événement de leur carrière, hélas.

Paradoxalement, dans le cas de Luke Perry, j’ai presque plus de souvenirs « en vrai » de lui que de souvenirs du petit écran. Non parce qu’on était proches, mais parce que j’étais trop « snob à rebours » pour regarder Beverly Hills, la série qui l’a rendu célèbre auprès de ma génération. Cad que déjà que je me sentais assez peu concernée par les séries de collège (tout aussi peu que je me sentais concernée par la vie du mien, de collège…), celles sur des ados riches et beaux de Californie m’intéressaient encore moins. Vu le succès de la série, j’en avais quand même entendu parler et je connaissais les grandes lignes. Mais c’est à cause de Buffy contre les vampires que nos chemins se sont croisés (et que j’écris aujourd’hui cet article).

En effet, alors qu’il tournait la série Beverly Hills, Luke Perry a joué dans l’adaptation en film de Buffy avec Kristy Swanson dans le rôle principal. Joss Whedon étant insatisfait de la façon dont son script d’origine avait été transformé, cela l’a conduit à réaliser ensuite sa propre version sous forme de la série avec Sarah Michelle Gellar, qui a eu le succès que l’on sait. A l’époque où j’étais fan de la série et de James Marsters, Luke Perry a été invité en guest star d’une des conventions à laquelle j’ai assisté, à Londres : Halloween Con 2004.

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Luke Perry, la classe

Un peu mieux organisé que d’autres, cette convention avait demandé aux clients d’envoyer à l’avance des questions pour les différents invités, afin de filtrer les questions répétitives et/ou de répartir les interventions des fans. Comme j’essayais de traiter avec autant d’intérêt les invités même si j’y allais surtout pour un (scrupule que j’ai perdu par la suite), j’avais envoyé des questions pour tous. Moralité, si une seule de mes questions avait été retenue pour la totalité des invités stars (James Marsters et David Boreanaz), j’en avais eu une entre autres pour Luke Perry qui était là en second couteau… et comme je connaissais une des filles de l’organisation, elle m’a demandé comme un service de lui en poser quelques autres qu’elle m’a donné sur un petit carton, car il n’avait pas eu beaucoup de candidats et les organisatrices craignaient que son Q&A (Questions & Answers – session de questions réponses) soit pas mal raccourci de ce fait. Ce qui aurait été gênant pour tout le monde.

Il faut dire aussi que les autres invités n’étaient pas des moindres : David Boreanaz alias Angel, donc, qui n’avait pas encore joué dans Bones, James Marsters alias Spike, Juliet Landau alias sa Drusilla (très classe, grande dame), Amy Acker alias Fred dans la série Angel (enceinte jusqu’aux yeux et adorable), ainsi que Jane Espenson, ma scénariste favorite de la série Buffy, très sympa.

Comme l’amie avec qui j’étais allée à la convention était, elle, également fan de Beverly Hills et sincèrement intéressée par Luke Perry, j’ai partagé les questions bonus avec elle. Et nous avons été les premières à nous présenter à sa séance d’autographes du premier jour. En dehors de nous, il y avait quelques nostalgiques de Beverly Hills et des fans complétistes de Buffy, pas vraiment foule mais quand même de quoi l’occuper un peu. Néanmoins, c’était la seule séance d’autographes prévue pour lui ce week-end (ça ne le dérangeait pas outre mesure : il était venu avec son épouse et en profitait pour se faire un voyage romantique en Europe avec elle, nous a-t-il confié).

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J’ai flouté la signature exprès

Histoire de trouver des choses à lui demander, j’avais regardé Jeremiah, la série de science-fiction post-apocalyptique que Luke Perry co-produisait alors et dont il jouait le rôle principal, et qui venait justement de commencer sa diffusion en France. Bonne surprise : c’était une série intéressante, bien fichue, sur un postulat de base utilisé dans plusieurs classiques (un virus a exterminé tous les adultes, et les adolescents ont dû survivre seuls dans un monde ayant perdu la plus grande partie de sa civilisation). Je n’ai donc pas eu à mentir pour lui dire tout le bien que j’en pensais. Il a été charmant avec moi et mon amie (pas charmeur : charmant, humble et sympathique, comme souvent les vrais professionnels du spectacle qui n’ont rien à prouver, au contraire des cabots…), nous disant même quelques mots en français.

Son Q&A était pile sur l’absence de pause déjeuner, plutôt une heure creuse du coup, car la seule disponible pour aller casser la dalle. Mais l’humour et l’intelligence de ses réponses ont peu à peu captivé et conquis le public. J’ai pu lui demander entre autre en quoi consistait son rôle de co-producteur sur la série (sujet qui m’intéressait car j’aime bien connaître les métiers « behind the scene », et je n’avais jamais bien cerné à quoi ça correspondait : simple financement ou rôle actif?).

Dans son cas, vu qu’il était à l’origine de la série, il s’impliquait dans tous les aspects de la production, du choix des lieux au casting et à divers aspects créatifs de la série. L’idée étant bien sûr de se donner un véhicule intéressant, à une époque où les rôles se raréfiaient pour lui. Et d’avoir voix au chapitre, ce qu’il n’avait guère en tant qu’acteur, alors que, ayant commencé à travailler comme acteur tout jeune, il avait acquis une solide expérience dans la plupart des domaines du métier.

Résultat de ce charisme et sa sympathie naturelle : la salle éparse s’est remplie durant son intervention. Il y a même eu de la demande pour des autographes, de sorte que les organisateurs n ont ajouté une 2e session d’autographes, et pour son 2e Q&A, il a fait salle comble. Les échos de lui que j’ai eus par mes « contacts » à l’organisation ont été tout aussi élogieux. Je garde donc de bons souvenirs de cet acteur qui, comme beaucoup, a peiné à égaler le succès de ses débuts, malgré des talents évidents et une intelligence réelle.

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Je n’avais pas d’autre photo de groupe, désolée pour Jane Espenson

C’est pourquoi je voulais reprendre la plume pour lui rendre ce petit hommage.

So long, Luke Perry.

Nostalgeek : héroïnes de ma jeunesse: Cat’s Eyes

Teva rediffuse actuellement Signé Cat’s Eyes, série animée japonaise de la Toei, qui a bercé mes jeunes années. Et moins jeunes aussi, parce que je ne me lassais pas de les revoir lors des rediffusions successives.

Le pitch : les 3 soeurs ?? (Chamade en VF) tiennent le café Cat’s Eye le jour, et deviennent cambrioleuses la nuit. Pour la bonne cause: rassembler la collection d’art de leur père, dans l’espoir de retrouver celui-ci. Chacune des trois soeurs a ses talents et son style (son charme…) particulier. Cilya, l’aînée, a un look de femme fatale tout droit sortie d’un polar en noir et blanc, grain de beauté inclus. C’est la plus calme et la plus réfléchie des trois. Tam, la cadette, est la jolie acrobate qui réalise généralement la partie la plus physique des cambriolages. Alex (je crois qu’on ne l’appelle Alexia que dans le générique…), la benjamine, est un petit génie de la mécanique, un peu garçon manqué (nota bene : a-t-on une idée de l’origine de ce poncife? Car d’elle à Skuld dans Ah My Goddess, Kitty Pryde dans les X-Men, etc…).

Pour ajouter un peu de piment à l’histoire, le jeune inspecteur chargé de l’enquête n’est autre que ? (Quentin Chapuis en VF), le petit ami de Tam. D’une naïveté confondante, il ne fera jamais le rapprochement entre les trois voleuses qui passent leurs nuits à déjouer ses plans, et les trois soeurs chez qui il va prendre un café… Dans leur café nommé le Cat’s Eye (pour la discrétion, on repassera).

Histoire de garder un soupçon de crédibilité à l’histoire, une de ses collègues, Odile / Asaya , soupçonnera dès son arrivée la vérité. Mais elle ne parviendra jamais à le prouver, bien que ses stratagèmes causent de belles peurs aux 3 soeurs.

Ce que je redécouvre en retombant sur la série, c’est que le vocabulaire était plus évolué que je ne l’attendais d’un dessin animé pour enfants / ados. (retrouver sur FB?)

« Tu manges tout(e) seul(e) ? »

Ca devait arriver, si vous déjeunez dans un restaurant près de votre travail : des collègues ont choisi le même lieu, et comme ce sont des gens qui trouvent que ohmondieu mais c’est trop triiiste de manger solo dehors, ils vous demandent « Tu manges tout(e) seul(e) ? », sur le ton de qui va vous inviter à rejoindre la tablée*. A vous la joie de parler boulot alors que vous vouliez faire un break…

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Cachez votre joie

Souriez, voici une petite liste de répliques pour sauvegarder votre pause dej :

1. J’aimerais bien, oui. // Sobre, bref, direct. SCUD.

2. Ben non, avec Berthold (en désignant une chaise vide). Berthold, je te présente [nom de l’intrus]. // De deux choses l’une : soit votre interlocuteur comprend que c’est une blague destinée à le faire partir, soit il vous croit fou/folle. Dans les deux cas, peu de chances qu’il s’incruste à votre table.

3. Oui, il faut absolument que je termine ce challenge Sailormoon Drops, c’est le dernier jour pour gagner le personnage de ChibiUsa avec les oreilles de lapin. // trop de détails dans la sincérité, c’est une option aussi, mais dangereuse pour votre réputation de sérieux et de maturité.

4. Non, j’attends mon amant. // Comme la solution 2 : si votre interlocuteur ne prend pas ça comme une blague, ça peut être dommageable à votre image professionnelle.

5. Si je veux garder mon appétit, oui. // Méchant. Pas forcément faux, mais méchant.

6. Oh ça devrait aller, ça fait longtemps que je sais me servir d’une fourchette et je ne suis pas encore grabataire. // Suivant l’effet voulu, dosez bien le sarcasme dégoulinant dans la voix.

Ah, et pas d’inquiétude : avec le temps, j’ai découvert que si, le reste du temps, on était enjoué et sympathique, le fait de vouloir par contre déjeuner seul en dehors de quelques occasions particulières passait crème. Les gens prennent note que bon ok vous n’êtes pas hyper sociable, ils trouvent ça un peu bizarre, mais la plupart l’acceptent une fois qu’ils ont compris qu’il n’y a rien de personnel là-dedans. Les seules personnes qui pourraient mal le prendre sont celles avec qui, probablement, vous auriez le moins envie de rééditer trop souvent la chose… Donc vous n’y perdez pas réellement.

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* Je sais que ça part parfois d’un bon sentiment. Mais parfois je pense que c’est aussi juste pour avoir des potins. Et puis, sachant qu’on passe déjà plus de temps avec ses collègues qu’avec ses proches, si on pouvait éviter d’y passer toutes ses pauses déjeuner, hein… Je n’aime pas mélanger privé et professionnel.