Portrait de fan (3) : le militant

« Si j’existe, c’est d’être fan »

Fan – Pascal Obispo

Description

Le militant ne se contente pas d’aimer son sujet de prédilection, il veut également convaincre le reste du monde que cet amour devrait être universellement partagé. Pour cela, il utilise tous les moyens de communication à sa disposition. Dans les temps anciens, cela se limitait à la création de fan-club, de street team (littéralement « équipe de rue », des fans qui s’organisent en petits groupes pour faire la promotion de leurs idole), la distribution de flyers (prospectus publicitaires), et éventuellement à des campagnes d’appels auprès des médias officiels – radios, magazines, télévision. De nos jours, tout cela peut s’organiser à grande échelle sur Internet, par l’intermédiaire de forums, conduisant à des fan-actions internationales (envoi de cartes postales à des chaînes de télévision pour protester contre l’arrêt de séries comme Star Trek ou Firefly).

Parfois, cette activité s’explique par un espoir d’attirer l’attention voire la gratitude du sujet, et peut-être d’obtenir ainsi des passe-droits (accès à des concerts, des soirées, bref être plus qu’un fan). Cela répond aussi au besoin de s’engager pour une cause, même si celle-ci ne semble pas bien noble à un œil extérieur. Comme je l’ai souvent lu, « les vrais héros, ce ne sont pas les chanteurs / acteurs » ce sont les héros du quotidien, pompiers, médecins etc qui sauvent des vies ». Certes. Mais les artistes et sportifs jouent un rôle primordial sur le moral, et diminuent le stress. Donc d’une certaine façon, ils augmentent la qualité de la vie – à commencer par la leur, avec leurs royalties.

Même s’il peut se cacher des motifs égoïstes derrière cet engagement (comme tout autre), qu’on ne s’y trompe pas : rares sont les gens qui ont assez de temps et d’énergie à perdre pour se dédier à ce point à leur sujet sans en être réellement passionné. Depuis que les maisons de disques ont renoncé à investir dans la publicité sauf pour les produits déjà vendeurs, elles utilisent ces réseaux en les mobilisant par des concours pour leur faire répandre la bonne parole et des bannières de publicité sur le web.

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Archétype

Chris Cole dans le film Rock Star. (film qui, au passage, est sans prétention mais assez sympa. Plus de détails en fin de cet article)

Avantages

Il fait vivre le fandom même en période de faible actualité, en créant des événements et en canalisant les énergies vives de personnes d’horizons divers

Dangerosité

Il peut finir par se retourner contre le sujet, si les avantages en retour ne sont pas à la hauteur de ceux attendus. Ce qui est rarement le cas.

Phrase fétiche

« Il faut absolument que tu lises ça! »

Parisienne mais presque : 10 raisons de vouloir quitter Paris

1) Marre des transports en commun.

Malgré les voies de bus et malgré les travaux permanents sur les lignes de RER et métro (les travaux Castor sur la ligne C ont commencé avant mon arrivée à Paris, ils durent encore… Ceux de la ligne A, bloquée un mois entier par an sur tout le tronçon intra-muros de Paris, est bien parti pour faire pareil), les temps et conditions de transports ne font qu’empirer d’année en année.

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Les lignes perturbées pour travaux sont marquées d’un panneau jaune

2) Marre des cinglés à tous les coins de rue.

Gna gna tolérance machin bidule. Ouais. Personnellement, si je n’avais pas peur de rallonger mon temps de trajet et de finir en taule, il y a longtemps que j’en aurais poussé plusieurs sous les roues du métro. D’autant plus qu’à chaque fois que je suis sur un quai et que j’entends un énième siphonné, je crains qu’il ne fasse subir ce sort à un passager.

3) Marre d’être prise pour un pigeon.

Des burgers à 15 Eur, des bagels idem, des « concept food » type éclair salé au prix du caviar (je vous rappelle qu’à la base, tous ces trucs sont DES PUTAINS DE SANDWICHS DEGUISES)… des brunchs à 40 Eur où on te vend l’omelette et le croissant surgelé au prix d’un repas entrée-bavette-dessert de très bonne qualité. Tout un tas de formules attrape-pigeons, et d’autres qui ne marchent que parce que la clientèle est captive (ex : la Défense).

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4) Marre des « incivilités ».

Marre des incivils, surtout. Là encore, si ce n’était pas illégal, il y a longtemps que j’aurais sorti le BFG-9000 pour régler le problème de surpopulation de la région francilienne…

5) Marre de faire la queue.

Pour entrer dans le métro, tu fais la queue.
Pour faire tes courses au supermarché, tu fais la queue.
Pour visiter une exposition, tu fais la queue.
Pour acheter un sandwich, tu fais la queue.
Des fois, pour entrer dans un restaurant ou un magasin, tu fais la queue… (mais là, c’est sans moi).

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6) Marre des employeurs qui délocalisent leurs bureaux tous les 2 ans.

Et s’éloignent de plus en plus du centre de Paris. Pour dépenser moins mais sans penser que la qualité du travail va s’en ressentir si les salariés ont 1h de trajet en plus dans les wagons à bestiaux de la RATP, nos chers décideurs déplacent leurs sièges de plus en plus loin : avant c’était à la Défense, maintenant ça devient Charenton, Villejuif, Saint-Quentin-en-Yvelines, Melun…

7) Marre du bruit.

Open space, transports en commun, commerces, voitures, gens qui écoutent fort de la musique de merde (c’est toujours de la musique de merde)… Je me définissais comme foncièrement citadine, mais après plus de 15 ans ici, je sature.

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9) Marre des gens qui demandent de l’argent.

Pour eux-mêmes, pour des oeuvres de charité, pour ceci, cela… Si avec tous les impôts que je paie, il n’y a pas assez de services publics pour vous entretenir, allez demander de l’argent aux députés et aux ministres, pas à moi! Si je me tartine les transports et 40h de boulot par semaine, c’est pas pour sauver le monde : c’est pour me payer un toit et remplir mon assiette. D’ailleurs vu tout ce qui précède, vous devez bien vous douter que je préfère encore faire des dons pour aider les animaux que les humains.

10) Marre des gens.

Il y a trop de gens au mètre carré dans cette ville. Vous me direz que c’est le propre des capitales, mais après avoir voyagé, je réalise que non : Paris est particulièrement dense. Berlin et Londres sont plus étalées et donc paraissent peu habitées par comparaison. Ici, le seul moyen d’être tranquille est de monter en gamme et d’aller dans des endroits un peu chic (et pas trop branchouille, car le branchouille attire la foule, et le braillard qui aime attirer l’attention et écouter de la musique fort). Le luxe, c’est l’espace, il paraît. Et le calme.

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Mode : en attendant la Saint Valentin

Esprit, je t’ai déjà dit ce que je pensais de toi, et ma foi, depuis, comme tu l’avais annoncé, tu sembles effectivement redresser un peu la barre dans l’esprit (justement). Foin des slogans pour pétasse bêtasse « Too pretty to work », on essaie de se détacher de la concurrence qui occupe déjà le créneau « Be stupid ».

Nonobstant, et bien que je soutienne à 100% l’idée de briser ce cliché qu’il faut absolument être la moitié d’un couple pour exister, en particulier à l’approche de la Saint Valentin, quand j’ai vu ce T-shirt :

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Je n’ai pas pu m’empêcher de compléter la phrase mentalement. Puis avec mes petits doigts dans pas-Photoshop. Pour ajouter deux lignes.

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C’était trop tentant.

Parce que les vêtements à message, c’est bien, mais à lectures multiples, c’est encore mieux.

Throwback Thursday Livresque #17 : un livre invisible (dont on ne parle pas assez)

Le Throwback Thursday Livresque est un rendez-vous littéraire organisé par BettieRose Books and Pin-up. Vous pouvez retrouver tous les liens des participant(e)s sur son blog. Chaque semaine, un thème est associé et le principe est de parler d’une lecture en rapport avec ce thème, un livre qui n’est pas dans l’actualité mais dont vous aviez envie de parler.

Comme Lost in Chapter 13 la semaine dernière, il s’agit cette semaine de ma première participation à ce rendez-vous. N’étant pas bloggueuse littéraire, je n’ai pas prévu de le faire régulièrement, mais en voyant le thème de cette semaine, c’était l’argument idéal pour rédiger un article qui me trottait en tête depuis un moment.

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Le livre : Mauvais génie, de Marianne Denicourt et Judith Perrignon

Ce tout petit volume, co-écrit par l’actrice Marianne Denicourt et la journaliste Judith Perrignon est idéal dans la catégorie du livre invisible, parce qu’en essayant de trouver plus d’informations pour écrire dessus, a posteriori, j’ai eu bien du mal à en trouver. Peu de critiques littéraires ou d’articles, et encore moins qui aient eu la curiosité de se renseigner auprès des auteurs, en dehors de celui-ci.

Désintérêt pour ce qui apparaît dans certaines critiques comme moins un objet littéraire qu’une vengeance qui aurait dû rester privée? Ou copinage qui leur fait garder le silence pour ne pas froisser le sujet du récit?

Si je me souviens bien, c’est l’un des rares livres pour lesquels je m’étais fendu d’un commentaire sur la Fnac, qui fut curieusement supprimé (ou jamais validé). Pourquoi, mystère.

Heureusement, Wikipédia en fait une petite mention dans la page de l’actrice, dans une rubrique « Polémique » :

Alertée par Juliette Binoche et estimant que Rois et Reine d’Arnaud Desplechin, son compagnon au début des années 1990, s’inspire largement de sa vie, Marianne Denicourt publie, en 2005, Mauvais génie, un livre coécrit avec la journaliste Judith Perrignon dans lequel elle lui reproche d’avoir exploité des éléments douloureux de sa vie privée et de leur vie commune. Elle le poursuit ensuite en justice, en 2006, lui réclamant 200 000 euros de dommages-intérêts, mais elle est déboutée le 3 avril 2006 par le tribunal. Celui-ci estime que l’œuvre de Desplechin, même si elle s’inspire largement de la personnalité et de l’histoire de Marianne Denicourt, voire de ses proches, constitue une œuvre de fiction non réductible à ces faits réels sans qu’il y ait « atteinte à la vie privée ». Par ailleurs, Marianne Denicourt n’est pas condamnée en retour, à la suite de la plainte du producteur, par le même tribunal qui considère que cette dernière a pu « souff[rir] de voir ces événements douloureux de sa vie privée utilisés par son ancien compagnon ».

L’histoire

Arnold Duplancher est un réalisateur adulé du microcosme parisien. Certes, ses films ne remplissent pas forcément les salles, mais en revanche, les critiques de cinéma lui réservent toujours un accueil de choix. Et quand un critique à un festival ne semble pas aimer son film, il fait l’objet d’une « explication » sur ce qu’il n’a pas compris de la grandeur du film en question, assiégé au bar du Martinez par Arnold et son producteur jusqu’à ce qu’il se soit rangé à leur avis.

Cela ne suffit pas à guérir les multiples névroses d’Arnold, et il vit notamment dans la paranoïa de la vengeance de plusieurs de ses anciens proches. Ils ont tous le même reproche à lui faire : les avoir manipulé et avoir pillé leur histoire personnelle pour en nourrir ses films. La dernière en date, c’est une ex-compagne, qui reconnaît dans son dernier scénario la mort tragique et accidentelle du père de son enfant, alors qu’elle était enceinte, et la maladie et la mort de son propre père. Elle n’est d’ailleurs pas la seule à y voir une ressemblance, puisque c’est par une amie actrice qui l’avait remarqué qu’elle a eu accès au script.

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Mon avis

J’ai lu ce roman quelques années après avoir assisté à une avant-première d’un autre film d’Arnaud Desplechin, « Esther Kahn », en présence du réalisateur, ainsi que je le raconte ici. Ni le film (dont la version souffrait de longueurs prétentieuses dont certaines n’avaient pas été coupées de la version courte), ni le réalisateur ne m’avaient fait grande impression. Aussi j’étais curieuse de lire enfin un témoignage qui changerait du monde merveilleux des bisounours du cinéma français où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, et surtout tu ne dis pas de mal des gens qui ont la cote auprès d’une certaine presse, sinon tu ne bosses plus jamais…

Je n’ai pas été déçue : le portrait est acerbe, drôle, et dresse un étonnant profil psychologique pathologique de créateur persuadé que son art l’autorise à tout. Je me suis étonnée que certains tombent à bras raccourcis sur Marianne Denicourt pour cela, puisque le personnage de créateur torturé est un poncif, et que Woody Allen en a fait la moitié de sa filmographie avec un grand succès auprès du même public germano-pratin. « Arnold Duplancher » n’est pas le seul à en prendre pour son grade, d’ailleurs : ce qui est montré en filigrane, c’est aussi tout le système de renvois d’ascenseurs de ce monde fermé, qui fait que quoi qu’il fasse, il n’est jamais réellement contredit parce qu’il sait quels fils tirer. Ce qui l’entretient dans ses manipulations perverses du malheur des autres.

Contrairement à certains critiques, je n’ai pas trouvé que cela manquait de style. C’est bref, certes, mais mordant, enlevé, et cela a au moins le mérite de lever un coin de voile sur un univers d’initiés. Et je comprends et partage son sentiment cathartique. Quand à savoir si c’est mesquin ou pas : elle a fait exactement la même chose qu’Arnaud Desplechin : transformer une histoire vraie en personnages de fiction. Si elle a déformé la réalité, je doute que ce soit plus que lui, et son livre est drôle et instructif, deux qualités qui font défaut au peu que j’ai vu des films de Desplechin (j’ai tenu la moitié d’un autre, si je me souviens). Je ne vois pas au nom de quoi elle aurait moins que lui le droit de le faire.

Comme le dit Marianne à la fin de l’article cité plus haut,

Peu importe que Mauvais génie soit lu ou non, qu’il incite à aller voir le film ou pas : je devais l’écrire pour les cinq personnes qu’Arnaud Desplechin a fait souffrir à dessein. Ce n’est pas un livre contre lui, c’est un livre “pour”. Pour résister et mettre en lumière un certain processus de création.

Pour finir, à un moment le personnage de Marianne, dans le livre, se demande si, finalement, « Arnold » ne l’a courtisée que parce qu’il avait entendu parler de son histoire et voulait en savoir plus pour se nourrir de cette douleur. Elle répond peut-être à une question que je me posais depuis longtemps : comment et pourquoi diable Desplechin avait-il choisi Summer Phoenix comme héroïne de son film? Elle n’avait eu que des rôles mineurs, ou secondaires dans des films obscurs. Il prétendait en interview l’avoir vu dans un film jamais sorti ici et très confidentiellement aux USA. Je soupçonnais qu’il voulait capitaliser sur son nom, mais après la lecture du roman, je me demande s’il n’espérait pas aussi tirer de la collaboration une nouvelle victime pour sa manie de s’inspirer des malheurs des autres.

Exposition : Jodorowski’s Dune à la French Paper Gallery

La French Paper Gallery, près du musée des Arts et Métiers est spécialisée dans le « geek art ». A l’occasion de la sortie du DVD du documentaire sur l’adaptation jamais achevée du Dune de Frank Herbert par Alejandro Jodorowski, il était logique qu’ils consacrent une brève (une semaine) exposition à ce monument de la science-fiction.

Au menu : les illustrations et esquisses réalisées par H.R. Giger pour définir les concepts visuels de Giedi Prime, la planète des Harkonnen – ça lui allait bien… et ce n’est pas pour tous les yeux. Les images sont accompagnées d’explications de l’auteur, à la fois sur les circonstances de la création (on sent qu’il a peu apprécié la maigre rétribution au vu du budget colossal prévu pour le film, et le traitement cavalier de son art). Des documents – affiches prévues pour promouvoir le film, etc.

Le gros de l’exposition était consacré à des tableaux et dessins réalisés tout exprès par des illustrateurs contemporains, et qui sont également reproduits dans le livret de l’édition collector du DVD. Je salue l’initiative, mais clairement certains ont été plus inspirés que d’autres. Déjà, et en particulier (mais pas que) chez les français, beaucoup avouent n’avoir jamais lu Dune. Comme ça, cash, sans honte. L’hommage en mode YOLO. Au mieux ils connaissent le film de David Lynch, et au pire ils ont seulement entendu parler du projet de Jodorowski – sans doute parce que celui-ci est aussi scénariste de BD, et parce que Moebius était impliqué dans le projet. Alors pour cirer les pompes de Jodorowski, ça y va, mais pour la pertinence derrière des oeuvres, on y perd… car certains font plus dans l’hommage à Moebius ou à l’Incal.

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Reverend Mother Helen Gaïus Mohiam par Guy Davis

Heureusement, il y a aussi ceux qui non seulement ont lu Dune, mais qui ont été autant marqués que moi par cette lecture. Ce qui donne entre autres cette très impressionnante Révérende Mère Helen Gaius Mohiam présentant la Boîte à Paul Atreides, par Guy Davis. Un baron Harkonnen répugnant par Ladrönn. Un ver issant sur fond de désert rougeoyant signé Bill Sienkewicz (que j’avais découvert quand il travaillait chez Marvel, notamment sur les Nouveaux Mutants et Elektra). Une belle affiche de ce qu’aurait pu être le film par Antoine Carrion. Et une évocatrice Sainte Alia du Couteau par David Mack (qui a lui aussi travaillé sur Daredevil chez Marvel, mais dont l’oeuvre phare est plutôt Kabuki), dont j’aurais bien acheté un tirage sauf qu’ils ne vendaient que l’original, à 5000 Eur. Gloups.
Heureusement, comme je n’étais pas la seule à me montrer intéressée, un tirage en édition limitée de print à 35 Eur a été éditée.

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Sainte Alia du Couteau par David Mack

De toute façon, si on en est aux opinions hérétiques (de Dune), je fais partie de ceux assez contents que le film ne se soit pas fait. Déjà parce que embaucher Dali comme acteur, à prix d’or de surcroît, méritait au minimum un naufrage. Et j’ai bien décelé des influences du projet sur des oeuvres ultérieures de Jodorowski, mais assez pour préférer qu’il les aient gardées dans ses travaux à lui.

Carnet de comptoir : conte de Noël

La famille Commeilfaut déjeune au salon de thé anglais. Madame explique à sa petite fille blonde tous les plats très British, avec moult précautions sur ce qu’elle pourrait aimer ou pas. Le grand fils renfrogné se voit attribuer un chocolat chaud – qu’il ne finira pas. Il aurait peut-être préféré un Coca.

L’ado aux cheveux gras ne dit mot du repas. Comme c’est un café-librairie, chacun quitte la table, en binôme ou en groupe, pour trouver son bonheur. Madame conseille à son grand fils une collection de biographies de grands hommes, de Gandhi à Martin Luther King. Ou un roman d’aventures, comme l’Homme au Masque de Fer d’Alexandre Dumas.

Le fils reste coi. Et moi je suis narquoise. Peut-être aurait-elle plus de succès en suggérant des lectures de ce siècle. Ou en lui demandant ce qui l’intéresse, au lieu de lui imposer ses goûts très comme il faut.

Ce que le père essaie, disant qu’il a vu qu’allait sortir un film Assassin’s Creed.

Réponse pincée de madame : « Qu’est-ce que ça veut dire, Assassin’s Creed? ».

Mais comment donc, tu traînes ta famille dans une librairie anglo-saxonne et tu n’es pas bilingue? Ou c’est un piège ?
Le père lit l’article sur son téléphone :
« C’est tiré du célèbre jeu vidéo. C’est un genre de… ninja… »
La mère, fixant son fils :
« Ah, c’est un jeu pour dingos. »
Sa fille demande de quoi parle le jeu.
La mère élude (elle serait bien incapable de répondre) et répète sa formule.

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Alors madame, il vaut mieux tuer des gens dans des jeux vidéos que dans la vraie vie. Ca défoule des frustrations du quotidien, comme, au hasard, celle de voir ses goûts systématiquement rabaissés par un proche. Quand fiston aura quitté la maison pour ses études, ne vous étonnez pas s’il ne donne guère de nouvelles : vous avez pris bien soin de lui faire passer l’envie de vous dire quoi que ce soit. Déjà que c’est un âge où on a l’impression que tous les adultes sont des ennemis qui ne vous comprennent pas, vous en plus, vous y ajoutez le mépris envers ce qui pourrait l’intéresser.

Rassurez-vous : la veille encore, dans un musée, une jeune fille et sa mère, une Commeilfaut elle aussi, discutaient de comment convaincre le petit ami de la jeune fille d’aller voir une expo avec sa future belle-mère, car il n’était pas très musée, plutôt « un peu geek sur les bords », dixit mademoiselle, mais quand même fana d’histoire, « C’est pour ça qu’on s’entend bien ». Donc même si votre fils « dévie », il pourra quand même trouver une bru fille de bonne famille. Comme ça, vous et la belle-mère pourrez déguster votre muesli sans cannelle autour d’une tasse de thé, en discutant de sujets certifiés convenables par l’académie des gens Commeilfaut.

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Je me tâte pour glisser un mot d’encouragement à l’ado, au cas où l’occasion se présenterait de lui parler seul à seule. Pour lui dire que c’est un mauvais moment à passer, qu’il lui suffit de trouver des gens qui ont les mêmes goûts que lui ou moins de préjugés que sa daronne.

Mais alors que madame Commeilfaut est partie avec sa fille regarder les rayons, le père sort de son sac, en complice, un comics de Spider-Man et le lui tend. L’ado le feuillette volontiers, et le père lui confie qu’il a acheté des DVD d’action, qu’ils pourront les regarder ensemble.

Je souris. Un parent sur deux qui essaie de communiquer, c’est déjà pas mal. Il y a de l’espoir.

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Pokemon de Noël : une Elsa dans mon oeuf de 5!

Eh, regardez ce que j’ai pondu dans mon oeuf de 5 (euros. 99)! Une Elsa Reine des Neiges! Avec les attaques Avalanche et Blizzard!


Oui, bon, en fait c’est plutôt un « unboxing » d’oeuf Kinder géant de Noël. Quand je dis géant, ce n’est pas le plus grand modèle, il fait à peu près 10 cm de haut. Mais c’est déjà une bonne taille, et je suis contente d’avoir chopé Elsa du premier coup : ça m’évite d’être tentée d’en racheter. Il n’y a pas de liste des autres jouets de la collection, dommage. J’ai aussi apprécié l’inventivité pour recréer la somptueuse robe d’Elsa avec 3 bouts de plastique et un de papier tissé. Une petite figurine des plus réussies.

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Parisienne mais presque : les vidéos, j’aime pas ça

Les vidéos, c’est trop long.

Depuis l’avènement des Youtubeurs vedettes et des web séries, et le glissement progressif de l’info en ligne vers du 100% vidéo, une question m’interroge (ce qui est une formule bancale) : je suis la seule personne à préférer l’écrit à la vidéo ou à l’audio? Et quand je dis « préférer », c’est une litote pour : « quand je clique sur un lien dont le titre m’accroche, si je vois à l’arrivée sur la page que le contenu de l’article est dans une vidéo, je ferme la fenêtre ». Quand j’ai vu que le nouveau site des impôts n’avait comme mode d’emploi qu’un tutoriel vidéo, j’ai failli péter une durite.

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C’est en partie dû au fait qu’une bonne partie de mon surf se fait sur smartphone, pas chez moi, donc dans un environnement bruyant. Jusqu’à ce que mon opérateur se décide à augmenter la data incluse dans le forfait, je n’avais pas envie de la gaspiller en vidéo regardée en minuscule dans le brouhaha ambiant.

Mais même sur l’ordinateur, je fais pareil. La raison principale, c’est « no time for this shit ». Je lis vite. Plus vite qu’un Youtubeur ne parle. Et puis un texte écrit, ça se lit en diagonale pour en tirer la substantifique moelle, quitte à ralentir ou faire un 2e passage plus lent si c’est vraiment intéressant et/ou le style le vaut. Une vidéo, c’est plus compliqué, surtout une vidéo de Youtubeur qui est généralement en plan fixe. Impossible de savoir si on rate des trucs sauf à se fader l’intégralité de la vidéo. Or à part pour les tutoriels visuels, qui nécessitent des images en mouvement, la vidéo n’apporte pas grand-chose.

Et puis dans l’exemple précité du tutoriel des Impôts, je voulais juste de l’aide sur UNE rubrique. Pas me tartiner le guide pour les Nuls de A à Z, merci!

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De toute façon, ça fait des années que je ne regarde plus de vidéos / télé / film qu’en faisant autre chose en même temps. Sauf au cinéma ou quand je suis vraiment happée – ou que c’est trop complexe pour être suivi d’une seule oreille. Moralité, j’ai beaucoup de mal maintenant à me concentrer sur une simple vidéo, sauf s’il y a beaucoup à voir et écouter en même temps. Même un live de concert, je vais regarder 2 chansons, en écouter 3, revenir à la vidéo pour une chanson que j’aime particulièrement ou s’il y a des effets, etc. Je n’ai d’ailleurs toujours pas visionné la fin de Dexter et de Borgen.

La seule fois où j’ai fait preuve d’assiduité avec des vidéos parlées, c’était pour le MOOC sur l’écriture de fiction de Draftquest. Les défauts précités font que j’ai dû les écouter chacun deux fois, grosso modo, car ce n’est pas assez complexe pour nécessiter 100% de mon attention, et à force de faire autre chose en même temps, je décroche. Et je n’ai jamais fini. Parce qu’il y en avait 5-6 de dispos quand j’ai commencé, donc j’ai pu en suivre plusieurs à la suite sur quelques jours tant que la motivation était là. Après, il n’y en avait plus en stock, j’ai dû m’arrêter… je suis retournée voir s’il y avait des nouveaux une ou deux fois, en vain, et ensuite ça m’est sorti de la tête. Ce n’est pas comme une histoire, il n’y a pas de cliffhanger qui donne envie de connaître la suite une fois que l’intérêt initial est passé.

Bref, je suis une mauvaise cliente pour les Youtubeurs. (Et je ne crois pas avoir vu un seul épisode de Bref en entier non plus)

 

Parisienne mais presque : les marchés de Noël (j’aime pas ça) 

On n’a pas encore quitté novembre que des cahutes en bois s’érigent le long des boulevards touristiques et sur les places fréquentées. Winter is coming. Les marchés de Noël aussi. Chaque année, c’est avec un peu moins d’enthousiasme que je les vois embouteiller les trottoirs de Paris, déjà bien encombrés à l’approche des fêtes.

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L’année dernière, les journaux télévisés avaient mis la relativement faible affluence de ceux de Paris sur le compte des attaques de novembre. Ça a dû jouer, mais l’année d’avant déjà, ayant eu l’occasion de faire le tour de celui de la Défense un lundi à la pause déjeuner, je l’avais trouvé singulièrement peu encombré. Et les discussions surprises entre exposants n’étaient guère optimistes. Aussi, je soupçonne ne pas être la seule parisienne à être quelque peu blasée de la version capitale des marchés de Noël.

Il faut dire que ceux-ci respirent plus le gaz d’échappement que l’authenticité. On y trouve essentiellement les mêmes articles qu’au marché hebdomadaire, pour la plupart importés d’Asie : l’écharpe miracle multi-usage, la bouillotte garnie de noix, l’authentique pendentif en verre de Murano, des bijoux et jouets en bois artisanaux (il faudra qu’on m’explique pourquoi 90% de ces articles  « artisanaux » se retrouvent à l’identique sur tous les marchés de France et de Navarre…).

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L’endroit idéal pour acheter un cadeau de dernière minute à quelqu’un dont on ne connaît pas les goûts. En théorie. Mais le poncho patchwork garanti commerce équitable ou l’attrape-rêve évoquent assez peu Noël. Plutôt l’attrape-nigauds. D’autant que les articles sont souvent vendus plus chers que le reste de l’année, tarif exorbitant de location des chalets oblige (ou pas).

En plus, sur les Champs-Elysées, étant installés dans les allées non pavéesbordant l’avenue, cela vire généralement à la bouillasse infâme, vaguement masquée par des plaques en plastique, depuis un an ou deux. Ce n’est donc pas étonnant qu’à force de se faire pigeonner, le Parisien finisse par ne plus fréquenter ces faux villages que pour faire plaisir aux enfants, quand ils en ont (il y toujours un Père Noël et des rennes empaillés dans un coin), ou pour les stands de vin chaud, de gaufres et de saucisses.

Et encore. La dernière fois que je me suis laissée tenter par une gaufre sur celui des Champs Elysées, après 10 mn de queue et failli m’être fait passer devant par une famille italienne qui prétendait ne pas avoir vu la file d’attente, elle avait autant de goût qu’une tranche de carton saupoudrée de sucre glace. C’est quand même difficile de rater une pâte à gaufres, à moins de la faire uniquement avec de la farine et de l’eau. Du plâtre comestible, quoi. Inutile de vous dire qu’on n’est pas près de m’y reprendre.

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De toute façon, je n’ai jamais été très sensible aux féeries de Noël. Je n’ai jamais vécu dans les régions de l’est où les marchés de Noël et la décoration des maisons sont une vraie tradition. Oui on faisait un sapin, et des cadeaux, et à l’époque, des veillées familiales en famille étendue. De nos jours, j’ai un sapin en plastique Hema de 30 cm de haut, que je déplie quand je trouve le temps en décembre (parfois le 23). Quand j’arrive à le remettre dans sa boîte avant février, j’estime que c’est une victoire personnelle dans ma quête d’améliorer mon organisation et d’arrêter de procrastiner.

En 2015, j’y ai accroché une boule qui était restée sur une étagère depuis Noël dernier, parce que j’avais oublié de la ranger dans la  « boîte de Noël » où je stocke la déco. Quand je m’en étais rendu compte, j’avais eu la flemme de ressortir la boîte du fin fond de son placard pour si peu.*

Ah si, l’an dernier aussi, j’ai acheté chez Tati une boule lumineuse « Reine des Neiges ». Essentiellement comme excuse pour craquer pour une connerie Elsatesque. Elle a cessé de faire de la lumière avant même la fin des fêtes.

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N’aimant guère plus le vin chaud que froid, ni les épices de Noël, ce que je préfère dans les fêtes de fin d’année, c’est l’occasion de retrouver mes proches, les congés quand j’en ai, les chocolats et les cadeaux (à faire et à recevoir). Cadeaux pour lesquels l’intention et la personnalisation comptent plus que le reste, et vu que parmi mes proches, tout le monde a des goûts aussi spécifiques que moi, ce n’est pas sur les marchés de Noël que je vais trouver mon (et leur) bonheur…

*Conseil de Gilles le hamster pour bordélique en manque de place: ranger les choses utilisées le plus souvent les plus « en surface » (faciles à atteindre). Et celles utilisées rarement peuvent aller au fond des cagibis/placard, tout en haut des armoires, etc. Typiquement, les décos de Noël et autres trucs de saison…

Tokio Hotel en tournée : les packs VIP en vente aujourd’hui

Et comme les fandoms ont tendance à s’activer tous en même temps… (peut-être pas par hasard d’ailleurs) : c’est un peu tard pour vous le dire, mais les packs VIP pour la tournée Dream Machine du groupe allemand Tokio Hotel sont en vente depuis aujourd’hui midi (ou 13h, je ne sais plus – ERRATUM : on me dit dans l’oreillette que c’était 16h. Merci Kami) sur le site Tree House Ticketing.

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Bon en même temps, ils ont mis en place un site de file d’attente pour éviter les bugs de la fois précédente avec « Billy is not ok »… Et en allant sur le site pour voir ce que ça donnait, je me suis retrouvée dans le système de file d’attente :

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Eh ben… Heureusement que je n’avais pas prévu d’acheter de pack… Pour autant que je sache, celles qui se sont connectées à l’ouverture sont, pour la plupart, encore en train d’attendre devant leur écran.