Package VIP : vers l’infini et au-delà (Tokio Hotel)

Vous souvenez-vous, ma mie, des packages VIP dont je vous ai déjà parlé, en 2014 pour vous présenter le concept, ou il y a peu pour vous parler des packs Gold « une sucette et une place aux premiers rangs » du groupe A-ha?

J’avais proposé de nouvelles idées aux entrepreneurs, inspirées de ce que j’avais vu dans le business coréen et japonais : les formules Roule me pelle et Bed & Breakfast. Cette dernière présentant un double avantage pour l’organisateur et le groupe : le fan, non content de payer son pack un montant confortable, serait aussi celui qui offre l’hébergement au groupe, évitant des frais supplémentaires au tourneur.

Et bien ils quasiment piqué l’idée (sans mes copyrights, les sagouins)! Non, pas le groupe A-ha, qui se désintéresse de ces packs et se contente de toucher l’argent sans y participer. Mais le groupe Tokio Hotel, qui fort de l’enthousiasme intact de ses fans, vient d’ajouter en fin de sa tournée Dream Machine une nouvelle formule : le pack High as Fuck. Contrairement à ce que son nom laisserait espérer, point de drogues ni de sexe inclus, juste un peu de rock’n’roll puisqu’au moins, celui-là inclut le billet pour le tout dernier concert de la tournée, à Krasnodar. Non, ce n’est pas dans le Mordor, mais pas loin : au sud-ouest de la Russie, pas loin de la Mer Noire.

tokio hotel high as fuck

Le capitaine Bill et son équipage Tom, Georg et Gustav aimeraient vous accueillir à bord de ce vol très spécial :
– joignez-vous au groupe dans un jet privé de Voronezh à Krasnodar
– photo avec le groupe devant l’avion
– selfie avec le groupe au-dessus des nuages
– boissons et collation comprise
– ticket pour le dernier concert à Krasnodar
– upgrade VIP Scream pour le concert
– upgrade VIP Room 483 pour le concert
– service de conciergerie Treehouse (… super)

Pour la modique somme de 650 Eur. Pour info, l’upgrade Scream est autour de 60 Eur et la Room 483 à 160 Eur (ça dépend des dates), le billet de concert à 60 eur. Ce qui nous fait donc le vol en jet privé à 400 Eur, à la louche.
Comme d’habitude avec Treehouse, aucune information sur combien de packs seront vendus, et donc avec combien d’autres fans les heureux élus partageront ces moments.

Je dois être cynique, mais quand j’ai vu le contenu, ma première réaction a été « Oh les petits futés, ils ont inventé le Blablajet en faisant payer une partie du trajet par les fans! ». Chapeau bas. Non franchement, ce serait presque une bonne idée.

Si ces gros boulets n’avaient pas attendu le 4 avril pour annoncer ce pack à date unique le 28 avril, alors que pour aller en Russie, la plupart des nationalités ont besoin de faire une demande de visa, qui prend un certain temps…

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Autrement dit, à part les Russes, les seules personnes pouvant acheter ce pack sont celles ayant déjà prévu d’assister au concert. Qui ont donc déjà, sans doute, le billet de concert, ainsi que ceux de transport, surtout pour aller dans des patelins improbables comme ça.

Encore une fois la preuve que les « organisateurs » à la petite semaine ne doivent pas vivre dans le même monde que le consommateur lambda… Eh les connards, ça vous tuerait d’annoncer vos attrape-couillons à l’avance, histoire que les gens puissent optimiser leurs itinéraires et leurs dépenses ?

Tout le monde n’est pas un artiste assisté qui n’a pas à gérer d’intendance, vous semblez l’oublier. Et même d’un point de vue purement business, pour pouvoir se payer vos prestations, ce serait mieux qu’il ne s’y ajoute pas des frais supplémentaires de billets de concert en surplus, de train ou d’avion non échangeables.

BOULETS.

Babymetal : l’intimité à cinq (plus trois. Voire plus sept)

En début d’année, je consacrais mon premier coup de gueule fandomesque au groupe norvégien A-ha, dans un article intitulé l’intimité à 15 000. Cela suivait l’annonce d’une tournée annoncée comme « intimiste », dans les mêmes salles de concert type Bercy que l’an dernier.
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Après un décompte sur le site du fanclub officiel de Babymetal (géré par Amuse, la société qui s’occupe du groupe), mon nouveau fandom a annoncé un événement bien différent : The Five. Le fanclub (bien qu’il soit marqué dans l’inscription que ce n’en est pas un) porte un nom : The One, et c’est aussi le nom donné aux fans élus par le Dieu Renard*.
Et donc, après les concerts à la billetterie exclusivement réservée aux The One, le site a appelé le 23 janvier à se manifester (veuillez excusez l’étrangeté du langage : c’est traduit en anglais depuis le japonais par Google Chrome), pour ceux qui voudraient faire partie des « Cinq Elus » qui pourront assister à un événement spécial le 1er avril prochain, jour du Renard (ne cherchez pas, c’est une autre invention de Koba-Metal, la tête pensante derrière le groupe) :
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Appelés : des The One « prêts à recevoir une révélation particulière du Dieu Renard ». Rien que ça. Comme souvent pour les « special events » réservés aux fans, on ne sait pas trop ce qu’il y a derrière. Mais on peut subodorer que les 5 heureux élus seront les premiers spectateurs du Blu-Ray « Live at Tokyo Dome », leur dernier show événementiel dans la mythique salle de Tokyo, rempli comme un oeuf deux soirs de suite, pour une Black Night et une Red Night. Voire même, rêvons un peu, qu’ils auront à écouter un ou plusieurs titres du prochain album. Peut-être même en audience (showcase) privatif (d’où le 5 + 3, voire 7 si le Kami Band est présent).**
Conditions : outre l’affiliation à la secte au fanclub, pouvoir être à Tokyo le 1er avril. Triste. Ce n’est pas mon cas, donc je n’ai pas postulé. En même temps, j’ai peur que la Révélation du Dieu Renard ne perde un peu de son sens quand on ne comprend pas le japonais couramment. Le fait que la partie The One du site officiel ne soit pas disponible que dans cette langue, et les bribes d’anglais assez répétitives des petiotes sur scène laissent peu augurer de la capacité de l’équipe à assurer la traduction. Or de ma jeunesse mangaphile, j’ai conservé quelques bribes fort utiles pour retenir un peu les paroles de Megitsune, mais ça ne va pas plus loin.
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Je n’ai rien compris à ces dernières phrases non plus. C’est très mystérieux, parfois, de suivre un fandom dans une langue qu’on ne comprend pas…
*Cad ceux qui ont suivi la procédure d’inscription, consistant à acheter sur leur site, A!Smart, l’objet de merchandising indiqué pour l’année. L’an dernier, c’était une serviette. L’année d’avant, un genre de cape courte à capuche.
Pour 2017, c’est The Big Tee, un t-shirt XXXXL qui arrive aux cuisses d’un gars lambda, et qui sur mon format crevette, tient de la tunique rituelle. Si on pratique des sacrifices humains aux événements The One, ça ne fera pas de tache… bref.
Hm? Ah oui, j’oubliais de dire que cette année, comme ils ont simplifié la procédure et qu’on peut enfin commander sur A!Smart sans se créer un compte sur un site qui fait les intermédiaires, je me suis inscrite. Je suis donc officiellement un renard. Kitsune! \m/
**Le « code » des idols limite les interactions directes hors scène avec le public. Comme les jeunes membres de Babymetal y sont encore soumises, a priori, et en dépit du pouvoir donné par le Dieu Renard, il est peu probable qu’il y ait également une rencontre avec le groupe, avec photo et dédicace, comme c’est le cas pour d’autres artistes. Mais bon, c’est le jeu avec ce type de groupe. Et ça tombe bien, car à ce stade ça m’est relativement égal. D’autant que à part « Mouzikku de arigatou gozaimashita », je n’ai pas grand-chose à leur dire, aux pioupioutes.

Comment devient-on fan (4) : Le fan en expédition

Etape 4 : Le fan en expédition

Aller plantonner (néologisme, de l’expression « faire le planton ») devant un hôtel est plus délicat, parce que c’est le cran au-dessus dans le comportement obsessionnel. C’est à la fois mal vu, consommateur en temps, et on s’approche de la ligne blanche marquant la séparation entre vie publique et vie privée de l’artiste. Mais à lire que, tiens, untel, en sortant de son hôtel, s’est arrêté pour signer des dédicaces, et poser tout sourire pour des photos avec les fans présents, on se dit que ça ne doit donc pas le déranger tant que ça que des gens l’attendent là, sur le trottoir, sans faire trop de bruit. On n’espère pas avoir la chance de cette fan de Mariah Carey qui, remarquée par la star à la sortie de son hôtel à Cannes, a été invitée à discuter quelques minutes avec elle dans sa chambre d’hôtel [1]. Ou cette fan de Keanu Reeves qui lui est tombée dessus par hasard à la sortie d’un restaurant, ou cette autre.

Ce n’est pas le cas de tous, et ça bien sûr dépend des moments. Mais il n’est pas si difficile de savoir à quoi s’en tenir : ceux que ça dérange passent par les portes de derrière ou fuient les appareils photos. Dans ce cas-là, on peut tenter une fois pour savoir à quoi s’en tenir, et quand on voit que ça les gêne et que ça ne mènera à rien, on ne revient pas. Autant s’éviter une perte de temps, voire un léger ressentiment. Car même sans considérer la signature d’un autographe comme un dû, un refus peut être signifié de manière plus ou moins polie. Si on est sur la voie publique et qu’on ne joue pas les pots de colle, on apprécie un minimum de civilité en retour.

Des artistes comme Bono ou Paul McCartney, qui ont pourtant des millions de fans et ont connu des vagues d’hystérie, parviennent très bien à gérer les rencontres impromptues. Dixit Mc Cartney, quand quelqu’un l’aborde, il lui suffit généralement d’expliquer « Ecoutez, c’est un moment privilégié pour moi, je suis vraiment désolé, j’espère que vous comprenez », et les gens respectent le fait qu’il veut passer un moment tranquille car eux-mêmes tiennent à leur intimité. Idem pour Bono, qui tient sensiblement le même discours aux fans qui à l’occasion frappent à sa porte ou qui le saluent dans la rue. Il admet qu’il lui arrive aussi de tomber sur un obsédé des célébrités et que dans ce cas-là il s’en va… Mais il s’agit à l’entendre d’une minorité – et vu la notoriété de U2, il est reconnu dans le monde entier. La morale de l’expérience, c’est que si le respect est présent des deux côtés, tout le monde repart content, même sans avoir eu d’autographes et de photo, et, pour les fans, sans avoir forcément envie de revenir mais sans que leur bonne opinion de l’artiste soit gâchée pour autant (avis aux ronchons…).

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S’il s’avère que l’artiste ne semble pas s’y opposer et qu’il s’arrête volontiers pour échanger quelques instants avec les fans, ça peut donner envie de tenter sa chance aussi. Est-ce réellement plus bête que de passer des heures le long d’une route à attendre le Tour du France, dont les coureurs passent tellement vite qu’on ne les reconnaît même pas? Et ils ne risquent pas de s’arrêter pour faire une dédicace, eux.

Au début, on se sent un peu ridicule, mais pour peu qu’on ait du temps libre ce jour-là, et qu’on rencontre sur place des gens sympathiques et équilibrés, ça paraît moins désespéré. Après tout, être fan est un loisir, et personne n’a dit qu’un loisir devait forcément être sérieux, au contraire. Le principal pour se détendre est de se changer les idées du quotidien. Alors, coincer la bulle dans les beaux quartiers (les artistes à succès descendent rarement au Formule 1 de la zone industrielle de Melun), en papotant de tout et de rien avec des gens qui ont au moins un intérêt commun avec vous, on a vu pire comme façon de passer une heure ou deux. Si on pouvait installer quelques sièges en face du Plaza Athénée ou du Ritz pour échanger des potins au soleil autour d’un café et de petits gâteaux, ce serait encore mieux. Mais bizarrement, les portiers n’apprécient pas trop qu’on s’y installe.

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Fans devant le palace de Deauville.

 

Si vous avez l’intention de les aborder, ça ne sert pas à grand-chose d’aller prendre ce fameux café à l’intérieur des hôtels en question : certes, on a le droit d’y entrer (tenue correcte exigée, et sous réserve de comportement mesuré). Certes, le personnel a l’habitude qu’une partie des clients vienne au bar dans l’espoir de voir des célébrités. Certes, certaines personnes y vont aussi pour être vues. Mais ne vous faites pas d’illusions : vous n’êtes pas le premier à y penser. Les récits que j’ai recueillis de fans qui avaient passé la soirée au bar, ou même pris des chambres dans le palace de l’artiste dans l’espoir de le croiser ou, fantasme, de discuter avec lui, s’achevaient pour la plupart en échecs retentissants. Les stars, leur entourage et le personnel des hôtels ne sont pas dupes, et savent reconnaître à cent mètres les gens qui sont là pour la traque. Ils évitent alors de se montrer s’il y a quelqu’un de suspect dans les zones publiques. Le personnel, quant à lui, vous invitera poliment mais fermement à vous déplacer hors de l’itinéraire de l’artiste. Ca fait partie du service. Le brillant souvenir espéré se résume donc en général à « on a savouré notre cocktail à cinquante euros mais on n’a vu personne à part le staff » ou « on a dépensé cinq cent euros pour une nuit mais on n’a même pas pu aller à leur étage parce que les gardes du corps bloquaient l’accès. Au final on ne les a même pas vus sortir, alors qu’ils ont signé des autographes aux fans qui étaient dehors ».

Car oui, autre facteur non négligeable : si les artistes sont sympathiques, ou au moins habiles à gérer leur image, ils seront souriants tant que vous respectez les frontières qu’ils installent. En revanche, si vous les transgressez, vous aurez surtout droit à la soupe à la grimace, voire à des remarques désagréables. Et vous ne pourrez vous en prendre qu’à vous-mêmes. Vous n’aimeriez sans doute pas qu’un de vos clients vous poursuive durant vos courses hebdomadaires ou lors d’une sortie au restaurant, pour vous demander de finir le dossier sur lequel vous travaillez. Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse.

J’ai eu un jour la surprise d’entendre une voix familière commander un café derrière moi à la caisse d’un snack. En me retournant, j’ai reconnu Terry Jones, ex-membre des Monty Python. Sa voix m’est d’autant plus connue qu’il a écrit et présenté une série de documentaires historiques pour le câble, avec l’humour et la verve qu’on lui connaît, et une bonne dose de passion pour l’histoire. Certes, la rencontre n’était pas totalement improbable, étant donné qu’il s’agissait d’un salon de dédicaces dont il était l’un des invités (Collectormania, dont, au passage, la photo illustre mon entête de blog). Mais dans ce genre de salons, les artistes ont généralement une salle privée (appelée Green Room) pour se reposer à l’abri des regards. Aussi j’étais passablement étonnée de me retrouver nez à nez avec lui en attendant qu’on me serve mes frites.

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Terry Jones à Collectormania 2006

Trop surprise pour cacher que je l’avais reconnu, j’ai préféré être franche et lui adresser quelques mots maladroits, en ajoutant qu’il ne devait pas s’inquiéter et que je n’allais pas lui gâcher sa pause café. Il a ri, a pris sa consommation et est allé s’asseoir. Quand ma commande est arrivée, j’ai choisi à dessein une table à l’autre bout de salle, pour m’épargner la tentation de l’épier. Le temps de finir mon assiette, j’ai senti qu’on me tapotait l’épaule, et en levant le nez, j’ai vu Terry Jones, qui m’a fait coucou avant de repartir à sa tâche. Puisque ma table n’était pas sur son chemin, j’ai supposé que c’était une manière de me remercier de l’avoir laissé savourer son café tranquillement, comme promis (ou peut-être qu’il allait reprendre son poste). Pas de quoi sauter au plafond, mais rétrospectivement, je garde de l’épisode un bien meilleur souvenir que si j’avais manœuvré pour m’installer près de sa table, où j’aurais seulement gagné l’insigne privilège de voir… un type boire un café. Sortez les appareils photos, v’là le scoop.

 

[1] Eliane Girard et Brigitte Kernel, Fan attitude, Librio, 2002

(à suivre…)

Fandom : de l’importance du facteur chance quand on est fan (1)

Il est évident qu’on profitera diversement de son expérience de fan selon qu’on a de la chance ou pas. On se doute que les petits veinards qui tombent par hasard sur le pub / resto de Artiste un jour où il est de bonne humeur, et peuvent taper la discute avec lui un moment et sans stress en gardent un souvenir particulièrement bon. Que ceux qui ont une super place au concert en profitent mieux que ceux qui sont bloqués derrière un géant à coupe afro ou une Suédoise coiffée en choucroute.

J’ai une théorie sur comment on devient fan – c’est une dynamo à endorphines.

A contrario, et toujours d’une façon Pavlovienne, il y a pas mal de facteurs qui peuvent me détourner d’un fandom. Évidemment, le premier est le produit (ou la production, si le terme choque les Aâârtistes) principal – musique, livre, série…

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Par exemple, j’ai décroché rapidement de la série Buffy dès sa fin. Pas parce qu’elle s’est finie : je suis restée fan plus ou moins active de plein de films ou séries finies depuis longtemps et même pas revues ensuite. Mais parce que la saison 6 m’avait déjà fait grincer des dents plus d’une fois, par sa construction que je trouvais forcée sur plusieurs points. Et la saison 7, la dernière, était de mon point de vue un gros ratage, mal ficelé, pas crédible, où Joss Whedon n’avait remis son grain de sel que pour y recaser un acteur de Firefly suite à l’arrêt de cette série-là. Depuis, je boycotte plus ou moins les oeuvres de Whedon, qui m’agace, et dont accessoirement je trouve qu’il peine à renouveler ses ficelles donc je n’ai pas l’impression d’y perdre grand chose artistiquement…

 

Mais même si la qualité du produit se maintient, les conditions externes jouent aussi. Il y a des artistes dont je ne continue à apprécier les oeuvres que parce que j’évite soigneusement de lire ou regarder leurs interviews. Parce que, pour être honnête, quand je le fais, je les trouve désagréables. Pas forcément bêtes (quoique…), mais plutôt dans le registre « personne dont j’éviterais la compagnie si c’était quelqu’un de mon entourage, alors comme ce n’est pas le cas, autant ne pas m’infliger leurs interventions sur YouTube ». Surtout chez les musiciens. J’ai fréquenté le milieu juste assez pour avoir envie de m’en tenir à apprécier les artistes sur scène. Parce qu’en dehors, hrm… En tout cas sur un échantillon pas forcément représentatif, on n’est pas trop faits pour s’entendre.

Tant que ça ne se ressent pas trop dans la musique et les paroles, j’arrive à les apprécier encore. Mais du coup je garde mes distances.

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Toute ressemblance…

Des fois, ça n’a pas grand chose à voir avec l’artiste, mais juste avec les circonstances. Par exemple, le timing. Avec James Marsters, on a toujours eu des timings contradictoires. Il était mauvais en concert juste avant les séances dédicaces, ce qui me rendait peu enthousiaste. Et quand on est atteint du syndrome de Bacri, ça se voit quand on se force à être aimable. Et les fois où il était bon, je n’avais pas l’occasion de l’en féliciter.

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Fandom : Bill is not ok, et sa boîte de billets VIP Treehouse Ticketing non plus

Bill Kaulitz de Tokio Hotel se lance dans une carrière solo, sous le nom de Billy (levez la main les vieux qui ont un flash-back de chanteurs à prénom des années 80-90). Son premier EP, « I’m not OK », doit sortir le 20 mai. Il contiendra entre autres un premier single, « Love don’t break me ». (Ah, les Américains ont définitivement abandonné la forme « doesn’t » à la 3e personne du singulier?)

Pour ce lancement, Bill Kaulitz s’est affranchi de la maison de disques de Tokio Hotel. Fin mars, son tout nouveau site web officiel a mis en vente… un livre? C’est pas un chanteur normalement? Ah oui, « BILLY – Love don’t break me » (abrégé en LBDM, c’est rigolo, à une lettre près et dans le désordre ça faisait BDSM – je vous laisse googler le terme. Attention, pas au boulot…), un livre de photos à 50 $US, qui contient également un vinyl du single. D’après les photos visibles, ce sont essentiellement des photos du dit Bill torse poil exhibant ses tatouages et un air douloureux. Y’a une fille aussi, qui figure dans le clip du single à venir. Il était annoncé que les 300 premiers exemplaires seraient dédicacés, ils sont partis comme des petits pains. Le communiqué de presse annonce mille exemplaires vendus en moins de 24 heures.

Apparemment, il s’est aussi affranchi d’un service de communication digne de ce nom. C’est via Instagram, sur le compte de Treehouse Ticketing, et la veille, que les fans ont découvert la prochaine mise en vente de billets VIP pour des « exclusive events ». Pas de détails sur quoi, qu’est-ce, pour quel prix…

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Comme d’habitude, même si le fandom a fortement diminué en quantité depuis le long silence de Tokio Hotel, le site a été pris d’assaut. Au point que pour la plupart des gens, il fallait déjà longtemps avant de voir s’afficher les 4 images de la page d’accueil. Et ensuite, les divers packs vendus pour les 4 villes, vu que le contenu et le prix n’avaient pas été communiqués. Heureusement, certains des plus chanceux ont communiqué sur les réseaux sociaux les informations importantes (vu que les gens chargés de la communication en étaient incapables) :  des »private listening session », à Los Angeles, Berlin, Milan et Paris.

Private Listening Session, kezako? Pour la modique somme de 245 eur (oui c’est ironique), les fans ont droit à :
– une session d’écoute privée de l’EP avant sa sortie (… Ca se vend, ça?),
– une rencontre avec les autres fans (quelqu’un leur a dit qu’on pouvait s’organiser ça entre nous sans payer? Et aussi qu’on n’avait pas forcément envie de rencontrer n’importe quels fans…),
– un pot d’accueil (chips/Champomy pour tout le monde!),
– un DJ (… quoi, pour lancer l’EP? C’est une blague? Laissez-le où il est, hein, n’importe qui peut le faire),
– une copie du livre BILLY (sachant que la plupart des fans qui ont acheté le pack avaient sans doute déjà commandé le livre…),
– une signature du dit livre (ah quand même, Billy participe à l’événement! Je commençais à me poser la question…),
– un ensemble de 12 cartes postales de luxe,
– un question/réponse,
– un selfie avec Bill,
– un concierge Treehouse (alors ça c’est comme le DJ hein, si c’est organisé correctement le concierge soit il va de soit, soit il ne sert à rien),
– et un lanyard Treehouse. Qui, vue la tournure qu’ont pris les événements, va sans doute servir de cible à balltrap.

Quand je vois ça, c’est comme quand je regarde les offres de services que propose les banques : j’ai envie de décocher tous les trucs dont je n’ai pas l’usage. Puis-je négocier de n’avoir que le Q/R pour un tiers du prix? Ce serait déjà plus raisonnable. Vous remarquerez l’absence de prestation live dans l’affaire. Je sais que ça devient dur de gagner sa vie en faisant de la musique, mais je trouve qu’on s’éloigne beaucoup du concept. Pour se rapprocher de celui des événements types « convention » qui m’ont fait fuir en courant un précédent fandom. Inutile de vous dire que je suis donc modérément intéressée.

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Dans l’ensemble, les heureux élus qui ont réussi à décrocher leur pack ont passé 13h (TREIZE. HEURES). devant leur écran avant de parvenir à finaliser leur commande… et n’ont eu confirmation par mail que le lendemain.

Pour ceux qui ont eu confirmation.

Parce que dans le lot, il y en a eu aussi qui ont reçu une annulation de commande, alors que l’argent a été débité de leur compte (mais Treehouse Ticketing prétend ne pas l’avoir reçu).
Il y en a qui ont demandé s’ils pouvaient transférer ou se faire rembourser un pack, parce qu’avec le site qui buggait, ils se retrouvaient à en avoir commandé et payé deux alors qu’ils n’en voulaient qu’un.

Tout ça pendant que Treehouse était incapable de répondre à cette simple question : combien de tickets vendus / disponibles pour chaque « private listening session »? Sans doute parce qu’ils n’arrivaient pas à savoir combien de billets leur site mal fichu avait lâché avant de cramer…

Au dernier décompte effectué par les fans via Twitter, il y aurait environ 80 personnes déclarées pour la session de Paris. Ca ne fait plus très intime, quand même… Pour un concert privé, ça passerait encore, mais pour une session de questions-réponses, tout le monde n’aura pas le temps de poser une question.
Cela dit, faut arrêter de prendre les gens pour des pigeons : même à 5×100 tickets vendus, ça reste encore gérable de les transférer ou d’annuler les commandes en double…

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Been there, done that

C’est quand même dingue, mais dans le spectacle, les gens n’apprennent pas.
A chaque fois, ils balancent l’info au dernier moment, ils lancent les ventes de billet dans la foulée et sur toutes les dates en même temps. A chaque fois, les sites sont saturés et déconnent.
A chaque fois, les gens râlent parce que personne ou presque n’arrive à avoir ce qu’il voulait.
A chaque fois, parce qu’ils sont complètement crétins et ne se sont pas mis deux secondes dans la peau de leurs futurs clients, les entreprises sont obligées de rétropédaler pour trouver une solution de compensation qui change les règles après coup et fait d’autres mécontents.
Mais OSEF, l’argent est prélevé…

Alors là sur le coup, histoire de se faire pardonner, Treehouse a… offert des packs par tirage au sort. C’est vrai que la formule intime à 100 personnes, c’était pas encore assez la foule. Et puis ça doit faire super plaisir aux fans qui vont bouffer des pâtes pendant 3 mois pour payer leur pack de partager leur « private listening session » avec des gens qui l’auront eu gratos. Non vraiment, des génies du marketing.

Sur ce coup, vu que de toute façon je n’étais pas intéressée, je n’ai fait que regarder la débâcle en prenant des notes. Mais c’est lassant.

Ce n’est quand même pas compliqué d’annoncer à l’avance ce qui va être mis en vente, histoire que les gens puissent se décider et se concerter pour ceux qui veulent acheter à plusieurs. Et si on est trop radin pour dimensionner la puissance de son site web, de mettre les packs en vente une ville après l’autre, une par jour, histoire d’étaler la charge, non?
Pas la peine d’être Einstein.

J’en ai vraiment ma claque des artistes et de leurs entourages incompétents. Il y a des gens qui bossent pour de vrai, dans ce domaine, ou pas? Et qui se soucient un minimum du public, qui, je vous le rappelle, paie vos émoluments? Ou alors le cerveau est en option dans les milieux artistiques?

Le crowdfunding du jour (ou pas) : comment exploiter les fans…

Ah oui quand même.

Ce fut ma réaction quand, pour les besoins de mes articles pas du tout nostalgiques sur ma période fan de Buffy/James Marsters, je découvris la page de ce projet de financement participatif, clôturé depuis un moment déjà.

kessi blue crowdfunding

L’objet du délit à financer est un court métrage, Kessi Blue, l’histoire d’une jeune femme à la poursuite de son rêve blabla, rien de bien original. Un énième court métrage nombriliste tourné par et avec des aspirants réalisateur / acteur / ingé son comme Los Angeles en regorge, histoire d’étoffer leur CV et d’avoir quelque chose à présenter aux directeurs de castings, faute de réussir les vrais.

Si je suis tombée dessus, c’est parce que la vidéo de présentation du projet est co-présentée par James Marsters himself, alors que celui-ci n’est ni acteur, ni réalisateur ni rien dans ce court métrage. Il a déjà participé à titre amical à un long métrage réalisé par sa collègue d’alors, Amber Benson (qui jouait Tara dans Buffy). Ici, il est crédité en tant que producteur, mais c’est surtout parce qu’il est le mari de la réalisatrice et actrice (Jasmine Marsters, que je connaissais – pas personnellement, soyons clairs, bien qu’on se soit croisées plusieurs fois – sous le prénom de Patricia, mais apparemment ce n’est pas assez artistique comme prénom) la co-présentatrice de la vidéo. Il apparaît surtout en tant que principale contrepartie offerte aux généreux donateurs.

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Envie d’une rencontre du 3e type avec Mulder?

Ce sera possible très bientôt, car le beau David Duchovny, héros de la série X-Files qui a bercé les soirées de nombreux fans, sera le 12 mai prochain à la Cigale, à Paris.

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En effet, outre son rôle de Fox Mulder dans la série de science-fiction où il enquêtait sur les affaires mystérieuses avec sa partenaire Dana Scully, et sa reconversion réussie dans notamment la série Californication, Mr Duchovny pousse aussi la chansonnette (décidément…).

Et c’est donc à ce titre qu’il investira la scène de la Cigale en mai prochain, pour présenter son premier album « Hell of Highwater », que le dossier de presse n’hésite pas à comparer à « une pépite alliant un style musical à la R.E.M. et une voix enchanteresse à la Leonard Cohen ». Rien que ça.

Evidemment, comme il sait qu’il peut compter sur ses fans et que les billets « normaux » de 45 à 65 eur ne sont semble-t-il pas suffisants pour payer son cachet, des packages VIP sont disponibles. Pour la (quasiment) modique somme de 142,30 Eur, vous pourrez avoir :
– 1 place en Catégorie 1
– un Meet&Greet avec David Duchovny
– un exemplaire de l’album « Hell or Highwater »
– une photo dédicacée

Je vais vous dire, en voyant l’annonce de packages VIP, pour un acteur qui a quand même à son actif 2 rôles majeurs dans des séries longues, je m’attendais à beaucoup plus cher. On doit s’habituer.

N’étant pas une acharnée de X-Files, je passe mon tour, mais si le coeur vous en dit, c’est l’occasion!

Les fans au cinéma (2) : fans salvateurs

J’ai planifié cet article la veille du décès d’Alan Rickman. Ca en devient un hommage maladroit, son personnage (savoureux) de Galaxy Quest étant sans doute l’un des premiers dans lequel je l’ai identifié. By Grabthar’s hammer, by the suns of Warvan, you shall be avenged!

Eric-Emmanuel Schmitt est parti d’un personnage de fan un peu similaire à celui d’Annie Wilkes en 2006 dans sa nouvelle « Odette Toulemonde », qu’il a également adaptée en film avec Catherine Frot et Albert Dupontel la même année. Mais l’histoire qu’il en a tirée est bien différente, à l’exact opposé même. Odette est une femme sans histoires bien que pas sans histoire : jeune veuve, deux grands enfants, cumulant deux emplois pour s’en sortir. Pourtant, elle n’est pas malheureuse, comme elle s’en explique dans une lettre à Balthazar Balsan, romancier et responsable involontaire de sa sérénité :

« Franchement, ma vie, avant de vous connaître, je la trouvais souvent moche, moche comme un après-midi à Charleroi quand le ciel est bas, moche comme une machine à laver qui vous lâche quand vous en avez besoin ; moche comme un lit vide. Régulièrement, la nuit, j’avais envie d’avaler des somnifères pour en finir. Puis un jour, je vous ai lu. C’est comme si on avait écarté les rideaux et laissé entrer la lumière. Par vos livres, vous montrez que, dans toute vie, même la plus misérable, il y a de quoi se réjouir, de quoi rire, de quoi aimer. Vous montrez que les petites personnes comme moi ont en réalité plus de mérite parce que la moindre chose leur coûte plus qu’aux autres. Grâce à vous, j’ai appris à me respecter. »

odette-toulemonde

Or, au moment où Odette réussit à lui transmettre sa lettre lors d’une séance de dédicaces, Balthazar vient d’essuyer une critique assassine qui a déchaîné sur lui une curée médiatique. Laquelle a ravivé ses doutes sur son propre talent et la fausseté de son existence, et l’a plongé dans la dépression. La lecture de la lettre d’Odette en plein gouffre lui apporte le réconfort que, quoiqu’en pensent les critiques, son œuvre donne du bonheur aux gens et n’est donc pas inutile. Même si, juste avant de lire la lettre, il se lamentait sur le mauvais goût kitsch du papier à lettre utilisé.
« Décidément, Olaf Pims avait raison : écrivain pour les caissières et les coiffeuses, il n’avait que les fans qu’il méritait! »
Elle lui prouve aussi qu’on peut trouver le bonheur dans une vie modeste, alors que lui qui a réussi suivant les critères communs (argent, gloire, femme belle et intelligente) se sent profondément insatisfait. Il part donc à la recherche d’Odette pour qu’elle lui apprenne à être heureux. Un renversement de rôles dont rêvent sans doute nombre d’admirateurs : rendre à son idole le bonheur qu’on lui doit, lui être aussi indispensable qu’il nous l’est, et accessoirement partager sa vie quelques heures! Un bel hommage aux fans.

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Fandom : ma fan-attitude suit une courbe de Gauss (2)

Suite de mon itinéraire de fan (plus ou moins) gâtée.

Episode précédent.

2) Le plateau

Les concerts, conventions et séances de dédicaces ne m’ayant pas donné l’occasion d’une conversation dépassant la phrase avec James Marsters, j’ai même acheté un billet VIP incluant une « cocktail party » à 25 personnes. Où on était 26 pigeons « invités », parce que les organisateurs ne savaient pas compter. Et où quand môssieur Marsters est arrivé aux deux dernières tables dont la mienne, il a demandé qu’on se regroupe autour de la même, parce qu’il était en retard donc il fallait qu’il fasse vite.

En retard pour quoi, on se demande, vu qu’il séjournait un étage plus bas dans les suites VIP de l’hôtel, et qu’il était tard donc je doute qu’il ait eu un rendez-vous professionnel prévu. Sans doute craignait-il de se transformer en citrouille ou en crapaud passé minuit. Déjà qu’il était arrivé en habit du dimanche (du dimanche à glander devant la télé, j’entends)… Moralité, on était 8 fans autour de la table au lieu des 4-5 des autres tables. La conversation étant monopolisée par deux Anglaises et une chanteuse amateur qui parlaient d’elles-mêmes, l’échange s’est réduit à la portion congrue : 1 phrase de ma part, et 3 mn où il a dû parler contre 7 mn occupées par les autres fans. Z’êtes sympas, mais j’ai des heures entières pour discuter avec les fans, moi.

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Plus tard, un autre pack VIP, moins cher mais déjà trop, était censé nous garantir un concert en petit comité et un dîner où il ferait le tour des tables. L’occasion de rattraper le raté de la fois précédente? Que nenni. Le concert a été de loin son plus mauvais – de ceux auxquels j’ai assisté, du moins. (Une fan avec qui j’ai longuement discuté ensuite m’a dit que j’avais eu plutôt de la chance dans les concerts que j’avais vus, elle qui en avait supporté de bien plus nuls avant de laisser tomber).

Quant au dîner VIP, son manager de l’époque, Steve Himber, étant un radin doublé d’une bille en matière d’organisation, ça s’est fini en séance dédicace dans le restaurant prévu, un simple pub, avec un buffet de bouffe de pub. Ca fait cher de l’aile de poulet au gras et des 10 secondes de banalités habituelles. J’étais tellement ravie que j’en ai vomi dans les toilettes. Un peu de fatigue, de décalage horaire, et de nourriture trop riche, j’imagine, mais sans doute un peu aussi de dégoût devant le foutage de gueule manifeste Lire la suite

Post-scriptum Comic Con Paris : la convention qui s’annonçait mal

Aux deux sens du terme. Maisie Williams, l’une des têtes d’affiche, a annoncé sur Twitter samedi matin qu’elle quittait Paris et ne pourrait apparaître à la convention, « pour raisons personnelles ». C’était 10 minutes après un post triomphal de Comic Con « Arya is coming » – la jeune actrice britannique est en effet connue grâce à son rôle d’Arya Stark dans la série Games of Thrones.

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Mais Arya is not coming du tout. Arya is going back home. Déjà que l’un des deux principaux invités comics, Brian Michael Bendis, avait annulé sa venue quelques semaines avant le salon, ça devenait un peu limité en intérêt. D’autant que les absents étaient remplacés par… des Youtubeurs censés être comiques (dont je ne crois pas avoir entendu parler à part Cyprien). On s’éloigne un peu du concept.

Maisie Williams absente, la soixantaine de détenteurs des pass VIP à 200 Eur n’a eu comme événements « spéciaux » qu’une rencontre le vendredi avec Shawn Ashmore (Iceberg dans les films X-Men). Quoiqu’ils ne sont sans doute pas conscients qu’avec leurs pass VIP, ils sont aussi plus ou moins les seules personnes ayant pu obtenir des tickets pour les dédicaces des gens un peu connus, ou assister à plusieurs conférences. Car les files d’attente annoncées sur le site comme débutant « une heure avant chaque dédicace » avaient en fait lieu dès l’ouverture, pour laquelle les VIP avaient la priorité. Et ce n’était signalé nulle part.
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