Souvenirs de fan : Tokio Hotel aux MTV EMAs, et moi et moi et moi

J’avais oublié à quel point les présentateurs et doubleurs français des MTV EMA étaient une blague. Je mate des bouts de l’opus 2009 à Berlin (devinez pourquoi). Entre autres, la voix off annonce Asia Argentino au lieu de Asia Argento… Déjà il ne sait même pas lire sa fiche, mais en plus ça sous-entend qu’il n’a aucune idée de qui c’est. Actrice et fille de Dario Argento, quand même.

Mais bien sûr, ils sont à leur top pour parler de Tokio Hotel. Je cite, pour la présentation des nommés au prix du meilleur groupe: « Tokio Hotel, le tri… Quatuor allemand qui… Qui ne fait pas encore de l’ombre à Rammstein. » Les mecs, je sais qu’il est de bon ton en France pour un présentateur de marquer ouvertement son mépris pour les artistes qu’il n’estime pas bons (et de lécher les bottes de ceux trop puissants pour qu’on leur montre du mépris), mais essayez quand même d’être un minimum professionnels…

Pas de bol pour le traducteur, le groupe a quand même remporté le prix. D’où coups de rames héroïques du présentateur voix off sur MTV France, qui n’avait pas prévu le coup et ne s’était pas donné la peine de sortir sa fiche. « Et le prix est décerné à Tokio Hotel. L’année dernière ils avaient déjà gagné un prix pour meilleur newcomer, ils gagnent sur leurs terres » (ça n’a rien à voir, mon gars. On leur remporte des prix même quand le vote est interdit aux Européens). « Ils viennent de sortir un troisième album qui s’appelle Humanoid… Avec un clip qui s’appelle… (*frup frup* le bruit des fiches qu’il retourne désespérément pour retrouver la leur*) qui a été tourné en Afrique du Sud, et qui je crois s’appelle Romantisch. En anglais et en fran… En allemand ». C’est bon, arrête de ramer, t’es sur le sable. Et puis ça se voit bien que tu ne connais pas le sujet et tu t’attends à ce qu’ils sortent des titres niais, alors que la chanson s’appelle Automatisch. C’est bon, rentre à la niche.

T’as pas lu tes fiches,
Rentre à la niche,
Tu te tapes l’affiche
Tu n’es rien qu’une quiche… *

(sur l’air de Automatisch, justement – Automatic en version anglaise, et ici avec Bill quand il avait sa coupe de poney intergalactique)

Et donc, c’est à cause de cette constance dans la nullité des présentateurs français de cette cérémonie que, en 2008 (l’année d’avant, celle où ils ont eu le prix du meilleur newcomer, donc), j’étais ravie de pouvoir regarder les EMAs 2008 depuis ma chambre d’hôtel de Liverpool, sur MTV UK, sans parasite traducteur, juste à côté de la salle où se déroulait la cérémonie… Et accessoirement une heure ou deux après avoir eu mon petit autographe du groupe à la sortie de leur hôtel. Et une heure avant de rejoindre des fans avec qui j’avais sympathisé en gare de King’s Cross, qui elles avaient pu avoir des billets pour la cérémonie. On s’est rejoints à la sortie pour une petite balade by night dans Liverpool, avec un petit débriefing de ce qu’on avait vu chacune de notre côté (moralité : ce qu’on voit à l’écran n’a pas grand-chose à voir avec ce qui se passe, et notamment les artistes invités ne sont amenés dans la salle où on les filme que pour l’annonce des prix).

Surtout que l’année d’avant, encore, ils avaient délivré une performance… performante, à Munich, sous les huées du public local (les Allemands les détestaient encore plus que les Français), et sous une mousson artificielle – oui, c’est du playback, les micros et autres trucs électriques c’est pas top quand il est prévu que tu te reçoives 2000 litre de flotte dessus. Eh oui, comme la présentatrice française l’avait fait remarqué en 2008, MTV les soigne toujours… (enfin, au passé. Je crains qu’on ne soit pas près de les revoir)

Mes aventures de fan : River Phoenix

Ainsi que je l’ai raconté dans l’article sur sa soeur Summer, j’ai découvert l’existence de River Phoenix à l’annonce de sa mort. Aussi je n’ai évidemment pas pu le rencontrer. Notez bien qu’encore à ce jour, une partie de moi est intimement persuadée que si on s’était rencontrés, on ne se serait pas entendus du tout, donc je ne sais pas si je dois le regretter. Et même s’il avait vécu, les probabilités qu’on se serait croisé pour autre chose qu’un échange de 10 mots comme avec Keanu Reeves sont infinitésimales.

Par contre, depuis son décès, pour quelqu’un que je n’ai jamais rencontré, il s’invite régulièrement dans ma vie. Non que je m’en plaigne. Je suis un peu hantée. Mais dans le bon sens du terme. Enfin, de mon point de vue. Il n’a pas l’air de s’en plaindre non plus. Il faut croire qu’il a plus d’humour qu’on ne le pense habituellement.

Petit best of. Avec une bande-son (en cliquant sur les titres des « chapitres »). Oui, j’invente l’article avec bande originale. Parce qu’outre son métier d’acteur, River était aussi (et surtout, si on parle de passion) musicien.

1. Allow me to introduce myself, I am a man of wealth and taste

(vous ne l’attendiez pas, celle-là, je suis sûre…)

Donc, j’ai découvert River à l’annonce de sa mort, qui m’a inspiré un commentaire fort peu charitable alors que je révisais mes cours de fac en écoutant la radio. Pourquoi je me souviens encore distinctement de ce moment, alors que toute la période « fac » de ma vie se résume à peau de chagrin dans ma mémoire, c’est un mystère.

C’est une amie qui m’a reparlé de lui quelques mois plus tard, avec à l’appui une coupure de journal télé sur du mauvais papier, en me disant que, s’il n’était pas mort, il aurait été pas mal pour interpréter un personnage de vampire qui m’avait tapé dans l’oeil dans un roman. J’ai regardé la photo, où il ne ressemble pas à grand-chose (oui, un point commun des objets de mon attention artistique est leur sens du style très, très personnel…) et probablement dit « Ah oui? Peut-être ». Pas le coup de foudre, donc.

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Le fait qu’il soit mort jeune, et d’une overdose, ne le gratifiait pas à mes yeux d’une aura romantique. C’était plutôt un handicap. Un gros. Mais cela faisait un moment que je passais en revue jeunes acteurs, chanteurs et mannequins à la recherche d’une tête pour dessiner le dit personnage, et aucun ne trouvait grâce à mes yeux. Pas assez beau, pas assez jeune, trop articifiel, et surtout l’air trop superficiel pour incarner un immortel ayant vécu des choses que peu de mortels traversent. Lui, il était jeune, il était beau, il sentait bon le sable chaud dégageait un truc particulier. Comme j’avais Internet à la fac, j’ai cherché davantage d’informations sur lui – autres photos, filmo, etc. A l’époque, le web balbutiait, on ne pouvait pas télécharger 15 films rares et les PDF de toutes les biographies piratées. On mettait déjà 5 mn à charger une pauvre photo scannée en définition toute pourrie.

Mais il y avait un site, notamment, qui hébergeait des articles de magazines. Les articles d’avant sa mort, décrivant un jeune homme brillant, idéaliste et anti-drogue, semblaient en contradiction avec les circonstances de sa mort. Ca m’intriguait. Comme je suis d’un tempérament de tête chercheuse qui aime bien comprendre, j’ai continué à creuser. Jusqu’à tomber sur un très long article biographique en anglais, qui m’a inspiré des sentiments contradictoires. Notamment le malaise de voir autant de choses privées pas forcément glorieuses déballées ainsi, l’interrogation de me demander si elles étaient vraies, comment je pourrais le savoir un jour puisque je n’avais pas de source proche de lui – et que de toute façon il semblait avoir assez bien réussi à dissimuler ses vies parallèles à ses proches.

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En contrepoint, une espèce d’angoisse qui m’est tombée dessus comme le parpaing de la réalité sur la tartelette aux fraises de mes illusions – mais ne semblait pas mienne. Sentiment très bizarre. Dissonance cognitive ou dissociation. Un genre de « Choquée? Tu vas laisser tomber? » cynique et désespéré à la fois.

Je n’ai pas laissé tomber.

Il m’a fallu un moment pour digérer, mais c’est depuis cet instant que je suis hantée.

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Mes aventures de fan : Summer Phoenix

Si vous lisez ce blog depuis un moment, vous devez savoir que je suis fan de River Phoenix (dont c’est aujourd’hui l’anniversaire). Malheureusement, j’ai découvert son existence peu après son décès, de sorte que je n’ai même pas eu le temps d’espérer le rencontrer un jour.

Néanmoins, dans ma quête pour le comprendre, je me suis longtemps intéressée à ce que devenaient ses proches. Parmi eux, trois de ses quatre frère et soeurs ont tenté de faire carrière au cinéma: sa soeur Rain, sa cadette de deux ans. Son frère Joaquin, qui a si bien réussi, avec entre autres ses nombreuses collaborations avec James Gray, qu’il éclipse maintenant son grand frère. Et la petite dernière, Summer, qui n’avait que quinze ans quand River a disparu (Liberty n’a jamais réellement fait l’actrice).

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De g. à d. Summer, Joaquin, Jeffrey Wiseberg, Rain, Arlyn et Liberty Phoenix*

Mais même une fois installée à Paris, je n’étais pas pour autant dans le milieu du cinéma et encore moins le cinéma US. Donc je ne m’attendais pas à pouvoir les approcher un jour. Je me trompais.

Après avoir décroché de tout petits rôles dans divers films, Summer fut choisie en 1998 par Arnaud Desplechin pour interpréter le rôle titre dans son ambitieux film en anglais et en costume, Esther Kahn. L’histoire d’une jeune femme hermétique (maintenant on lui collerait sans doute un diagnostic d’autiste), dans le Londres populaire du West End de la fin du XIXème siècle, qui finit par s’ouvrir à la vie en découvrant le théâtre.

Après avoir vu le film en salle dans sa version normale dans une avant-première publique au Max Linder Panorama début septembre 2000 (je ne me souviens plus le motif… Télérama, peut-être?), je découvre qu’une autre avant-première publique aura lieu au Majestic Bastille (erratum : je croyais que c’était le MK2, voisin, mais non, d’après le plan. D’autant que le Majestic appartenait à BAC productions, qui a financé le film), celle-ci en présence de l’équipe du film. Je prends donc des billets, sans trop savoir à quoi m’attendre.

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Summer Phoenix – Esther Kahn

Le soir venu, je ne me sens pas vraiment à ma place: le public est de toute évidence cinéphile et adepte de cinéma d’auteur. Je n’ai rien contre le cinéma d’auteur, mais ça dépend lequel. Arnaud Desplechin fait partie de ces réalisateurs français issus de la FEMIS, que, pour être tout à fait honnête, j’ai plutôt tendance à fuir… Le film se passe, une version longue différente de celle déjà vue. C’est déjà ça.

Puis la lumière se rallume et quelques personnes se présentent au bas de l’escalier de la rangée où je me trouve. Parmi elles, le réalisateur, quelques acteurs français, et Summer, qui a coupé court ses cheveux, et les a teint en blond platine. Cliché : elle semble plus petite en vrai. Un officiel (du cinéma?) demande s’il y a des questions dans la salle.

Un spectateur demande si c’est un choix que, à l’exception des acteurs anglophones (outre Summer, on trouve Ian Holm etc), les acteurs français aient un accent marqué (je ne me souviens plus de la formulation exacte, mais c’était clairement une façon polie de demander pourquoi on nous infligeait un anglais catastrophique). Desplechin répond que c’était une référence aux films de Rohmer où les acteurs parlaient anglais avec l’accent français. Réponse prétentieuse qui me le rend tout de suite antipathique. D’autant plus quand j’appris qu’après avoir fait traduire son scénario en anglais par un traducteur professionnel et anglophone d’origine, il avait… Modifié le texte pour l’arranger à sa sauce. C’est sans doute pour ça que pour la maigre carrière du film à l’étranger, il revenait souvent dans les critiques l’usage incongru et répété du mot Fuck dans la bouche de ces juifs du West End du XIXe siècle, comme s’ils étaient des malfrats US de notre époque. Et que même moi, j’entendais des tournures qui ne me paraissaient guère anglaises.

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Summer Phoenix – blonde

Un autre spectateur, du fin fond de la salle, demande à Desplechin, en anglais, s’il est d’accord avec cette citation de Kubrick (je crois) sur le fait qu’il faut faire souffrir les acteurs pour obtenir d’eux une bonne performance. Desplechin et l’équipe rient, Desplechin répond (je ne sais plus quoi mais ce n’était pas très convaincant), et ponctue sa réponse d’un « kessi« . Rentrée chez moi, je chercherai dans Google qui donc ça peut être. Entre le nom et le visage, j’identifierai Casey Affleck. Je découvre ainsi avant que ce soit officiel la relation entre Summer et Casey Affleck, frère de Ben et copain de Joaquin, le frère de Summer. En tout cas, le ton mordant sur lequel il a posé la question m’a laissé peu de doute sur l’interprétation de sa question… Le tournage a dû être difficile.

Il y a peu de questions, l’officiel en semble dépité. Il clôt la session, l’équipe du film redescend l’escalier par où ils sont arrivés. Je bondis de mon siège en bord de rangée pour leur emboîter le pas. Je voudrais échanger quelques mots avec Summer, histoire de me faire une impression directe au lieu de me contenter d’articles subjectifs. Elle était restée vers le bas de l’escalier, en retrait, je dois donc doubler le reste de l’équipe si je veux la rattraper. Dans ma hâte, je manque de bousculer Arnaud Desplechin (instant La Cité de la Peur : « Barrez-vous, cons de mimes! » – comme ça vous comprenez pourquoi je ne me sentais pas à ma place à cette avant-première). Priorités.

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Summer Phoenix – brune

J’arrive dehors, j’ai perdu de vue Summer, je crains qu’elle n’ait sauté dans un taxi aussitôt sortie. Mais non : elle attend devant le cinéma avec deux personnes (dont peut-être sa mère, me suis-je dit après coup. A ce stade, je suis tellement étonnée de ma bonne fortune que mon cerveau bugge un peu et je ne vois qu’elle). J’hésite à y aller, je sens comme une poussée dans le dos (alors qu’il n’y a personne) et je m’approche. C’est sa soirée, je ne veux pas lui parler de son frère, d’autant que je ne m’en sens pas le droit, aussi je la remercie juste d’avoir rendu grâce au personnage d’Esther (qui est assez unique, il est vrai) et pour son interprétation. Elle me fait un grand sourire, me dit merci, me frictionne le bras et me serre dans ses bras avec une force surprenante. Quand elle me lâche, je lui tend un petit cadeau (un porte-bonheur), je lui dis merci et je m’en vais.

Rétrospectivement, je suppose que c’est Casey qu’elle attendait, mais ça a fait mon affaire.

Quelques mois plus tard, je lis une interview d’elle par Casey, avec cette intro :

This is not to say that Summer does not make a deep first impression. She can be startling. The colors of her face are brown, gold, green and red of an almond orchard at sunset. Close friends sometimes call her « Almond Joy ». She is one of those people (there aren’t many) who always seem to have a breeze gently blowing their hair. And her eyes… Actually… Twinkle… No matter where.

Her behavior is compulsively affectionate. She hugs and kisses everyone. She feels your pain. She wants it to go away. And within five minutes of your meeting, her surprisingly strong hands are laboring over your tense and twisted back muscles. If this sounds hard to believe then you are probably something between a reasonable person and a cynic. 

Et je me dis  « Oui, elle m’a fait cet effet aussi. » (enfin, sauf que moi je n’étais pas totalement in love d’elle comme Casey l’était visiblement en écrivant ces lignes. Depuis, ils ont eu deux enfants et se sont séparés). Mais du coup, je comprends un peu mieux l’impression que son frère semble avoir laissé à ceux qui l’ont connu, car elle dégage elle aussi quelque chose d’assez unique.

 

*la photo de début d’article est tirée d’une rare apparition publique groupée de presque toute la famille, à l’occasion des PETA Awards, pour remettre le prix River Phoenix à un réalisateur.

Fandom : ma fan-attitude suit une courbe de Gauss (5) : la rechute

J’avais terminé, il y a quelques mois, le récit de mon itinéraire de fan, sur un déclin et un désengagement, dus d’une part à un désintéressement de A-ha, le premier groupe dont j’ai été fan, suite à diverses déconvenues, et une impression d’avoir obtenu le meilleur que je pouvais tirer du fandom, avec Tokio Hotel.

J’avais même conclu sur ces paroles prophétiques:

P.S. : si je m’en tiens à mes expériences fanesques passées et à mon esprit de contradiction, d’ici 6 mois j’aurai vendu un rein pour aller boire un verre backstage avec Bill Kaulitz et ses potes, ou mon nouveau fandom du moment.

On a vu ce qu’il advint ensuite: pour voir Babymetal, improbable combinaison de pop japonaise et de metal (deux styles dont, séparément, je ne suis pas franchement fan), je suis allée à New York, et, moins onéreusement, j’ai bravé mon aversion du bruit, de la foule et de la gadoue pour les voir au Download Festival.

Un *faceplant* s’impose.

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Une explication aussi.

Je laisse Goethe parler :

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Pas mieux.

En fait, c’est presque comique, ça a commencé comme les deux fandoms précédents : par une rigolade et un « Non mais c’est n’importe quoi ce truc, QUI peut aimer ce machin? ». En plus, avec tous les clichés associés au business des idols, fantasme de miochettes, ça ne fait pas très sain.

Et puis, à l’insu de mon plein gré, j’ai subi le DVD du live au Budokan (la Red Night). Comme je suis curieuse, je me suis dit que j’allais regarder au moins un morceau ou deux, pour me faire une idée. Le live en question ouvre sur le single Megitsune, sur les filles-renard, avec la mélodie d’Obao* (cf mon premier article) qui enchaîne sur le BROLOMBROLOM de la batterie hyperactive du groupe.

Et là, il s’est passé un truc très bizarre. En voyant le Budokan (la salle de concert) pleine comme un oeuf d’un public chauffé à blanc, les trois gamines dansant en robe-armure, et que Su-Metal a commencé à chanter, les larmes me sont monté aux yeux. Comme les quelques fois où j’ai assisté à un concert de classique (ça passe au bout d’une minute).

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Alors OK, je suis hyper émotive des oreilles. Si si. J’ai le syndrome du nerf lacrymauditif. Allez direct des oreilles aux glandes lacrymales, ne passez pas par la case cerveau. La musique atteint directement le cortex reptilien. Surtout en live, surtout celle des orchestres symphoniques (mais là après 2 minutes mon cerveau décroche, sauf si je connais déjà, cf Boulet. C’est pour ça que je préfère le pop-rock).

Cad que je peux regarder n’importe quelle daube téléphonée, prévisible, genre téléfilm de la W9 ou film popcorn US de l’été sans surprise, s’ils mettent la musique qu’il faut sur la scène triste ou la scène où tout finit bien, je vais chialer comme une madeleine. Même si je viens juste de zapper dessus sans connaître l’histoire. Ou si ça fait une heure que je me fous de la gueule des personnages et des scénaristes qui ont pondu des dialogues aussi nuls.

Là, ce n’est pourtant pas de la musique à violons, plutôt de la musique à violents, et je ne comprends pas ce que chante Su-metal, mais allez savoir pourquoi, l’accroche mélodique connue du début, ou la sonorité pop qui me rappelle des génériques de dessins animés, ou juste parce que c’est hyper bien fichu, ça me touche.

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Les fans au cinéma (5) : Perfect Blue, de Satoshi Kon

Suite et fin du dossier. Les articles précédents :

Les fans au cinéma (1) : fans dangereux

Les fans au cinéma (2) : fans salvateurs

Les fans au cinéma (3) : fans obsessionnels

Les fans au cinéma (4) : être fan comme une école de vie

A l’origine, je voulais parler de ce film dans le 3e article de la série, sur les fans obsessionnels, mais il mérite un article à part.

« Perfect Blue », de Satoshi Kon, est un film d’animation japonaise dépeignant la difficile reconversion d’une idol en actrice, au grand dam de ses fans. Mima, l’héroïne, est membre des Chams, des idols japonaises : un groupe de trois jeunes filles chantant de la pop acidulée, vêtues de costumes rose bonbon et aux chorégraphies gentillettes. Mima a été approchée pour un petit rôle, et son producteur y voit pour elle l’opportunité de s’ouvrir une nouvelle carrière avant que le succès des Chams ne s’étiole. Ce qui, d’après lui, ne tardera pas à arriver, les groupes d’idols étant par nature éphémères.

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Malgré ce qu’on pourrait penser, leur public n’est pas composé d’enfants ou d’adolescentes, mais plutôt de salary men et d’étudiants. Outre la production musicale et visuelle hyper travaillée, les chorégraphies réglées au cordeau et le marketing impeccable, ils apprécient chez les idols le côté femme-enfant de lolitas aux costumes suggestifs, mais pas outrageusement sexys – là où les jeunes chanteuses américaines laissent peu de place à l’imagination…

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Les fans au cinéma (4) : être fan comme une école de vie

En 2000, Cameron Crowe adaptait ses souvenirs de jeunesse en film, dans Almost Famous (Presque Célèbre), qui fait la part belle aux fans sous deux aspects. D’un côté le héros et narrateur, William (Patrick Fugit), jeune garçon sensible et encore naïf, fan de rock, qui écrit des chroniques de musique pour un journal local, dans les années 70. Il se fait repérer et publier par Lester Bangs, une légende du milieu de la critique. Par suite, le prestigieux magazine Rolling Stone – dont les rédacteurs ignorent son jeune âge – lui commande un article. Censé rédiger une interview de Black Sabbath mais sans accréditation, il se fait refouler à l’entrée du concert. Le groupe devant assurer la première partie, les Stillwater, le repoussent également, car pour eux le journaliste est l’Ennemi. Démontrant qu’il les connaît bien et qu’il aime leur musique, il parvient à obtenir leur confiance et un pass d’accès aux coulisses. Là, il retrouve Penny Lane (Kate Hudson) et sa bande de « groupeuses » : des filles qui rejettent l’appellation de groupies, revendiquant être là pour la musique et non pour coucher avec les musiciens.

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Dans la pratique, Penny et Russell, le guitariste des Stillwater, ont une aventure durant toute la tournée, au grand dam de William. Aventure qui est d’ailleurs la suite de celle qu’ils avaient eue durant la tournée d’avant. Il y a donc bien autre chose que juste la musique entre les filles et les musiciens… Outre la compagnie, et comme le décrit Busty dans son livre « Groupies! », on voit les groupeuses fournir le groupe en bière ou autres substances (même si Penny elle-même est contre la drogue), ou faire leur repassage. Mais Penny et sa bande jettent un regard critique sur la nouvelle génération de groupies, qui débarquent dans le milieu uniquement pour se taper des musiciens, d’après elles.

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Cinéma : La valse des Pantins, de Martin Scorsese

Arte diffusait récemment dans son cycle Martin Scorsese « La valse des pantins » de Martin Scorsese, sorti en 1983, un film centré autour d’un fan d’un type assez dangereux.

Robert de Niro y incarne un fan mythomane, qui confond politesse et amitié. Rupert Pupkin, trentenaire célibataire vivant avec sa mère, se voit déjà en haut de l’affiche comme humoriste, dans la lignée de son animateur comique préféré, joué par Jerry Lewis. Il l’attend régulièrement à la sortie de son émission télévisée, le Jerry Langford Show.

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Vous pourrez voir le film sur Arte+7 en streaming jusqu’au 16 novembre à minuit. Si vous comptez le regarder, attendez donc avant de lire la suite de l’article, car j’y raconte tout l’histoire.
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Le moment chou : Keanu Reeves et une fan

Une vidéo chouquette sur Instagram (de toute évidence la fan a dû demander cette pose-là) :

Non mais sérieusement, Keanu Reeves for the win.
Tu passes quand tu veux chouchou, je te fais visiter Paris.

Le fan célèbre de la semaine : Ryan Gosling et son hommage à Ryan McHenry

Ryan McHenry était un jeune homme ayant accédé à une certaine popularité sur le réseau Vine (un peu l’équivalent d’Instagram pour les courtes vidéos, si vous ne connaissez pas) grâce à des variations autour du thème « Ryan Gosling won’t eat his cereal » (Ryan Gosling ne veut pas manger ses céréales).

Il est décédé le 2 mai dernier à 27 ans, des suites d’un sarcome. En guise d’hommage, le vrai Ryan Gosling, l’acteur qui s’est fait connaître notamment pour son rôle dans Drive, a enregistré une vidéo de lui-même mangeant ses céréales.

https://vine.co/v/eZiWE0E0dOQ/embed/simple

Fandom : 12 effets secondaires d’être une vieille (ou un vieux) dans un fandom de jeunes

  1. On te fouille peu ou pas à l’entrée, parce que personne ne s’attend à ce que tu balances des trucs sur Artistes.
  2. Par contre, on ne te donne pas non plus le gadget souvenir offert, parce qu’on pense que tu vas en gradins juste pour être le chaperon de ta fille ado qui doit être dans la fosse. IL EST OU MON BILLET SOUVENIR FEELITALL PUTAIN?
  3. anim_john wick leaves a fire trail

  4. Tu te fais un peu moins d’illusions que les ados sur Artistes. Du coup ils ne tombent pas de leur piédestal : ils trébuchent d’une marche, et tu les vires juste de tes centres d’intérêts le cas échéant.
  5. On te regarde de travers dans le fandom parce que tu ne sembles pas légitime.
  6. On te regarde de travers hors du fandom parce que c’est pas de ton âge. (Je m’achète une figurine d’Elsa Reine des Neiges si je veux, d’abord! Libérééée! Délivréee!)
  7. anim_disney-frozen-actress-teenage-princess-elsa-salary

  8. Les gars de la sécurité osent moins te houspiller (les vieux ça gueule, alors que les gamines personne ne les respecte).
  9. Tu as plus de moyens que la plupart des fans de ton fandom, parce que tu as déjà un vrai boulot (ou, pour certain(e)s, un conjoint compréhensif).
  10. Tu peux rentrer dans un hôtel 5 étoiles où séjournent les acteurs d’une série, alors que les fans plus jeunes sont bloqués à l’entrée. On te file même la table à côté des dits acteurs, parce que forcément, avec ton look de bourge qui sort du bureau, c’est pas possible que tu sois fan d’une série pour ados…
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  12. Pour partir voir un concert à Utrecht, Dortmund, ou assister à une convention à l’autre bout du monde, tu n’as besoin de l’autorisation de personne – bon ok, à part la validation de tes congés par ton chef. Et d’éviter le découvert chez ton banquier.
  13. Quand un truc te semble cliché ou déjà vu, il faut sans cesse faire l’effort de se souvenir que pour toi, ça l’est peut-être, mais que pour le public visé, et les artistes eux-mêmes, ce n’est pas forcément encore le cas… Parce que ça ne fait pas 30 ans 20 ans 15 ans 10 ans qu’ils écoutent de la musique, regardent des films et lisent ou écrivent des histoires.
  14. Aux concerts, il y a des filles qui essaient de te passer devant en utilisant diverses techniques (le coude planté dans le dos. La poussée franche. Le « coin » inséré pour se glisser entre deux). Ah ah, les naïves! Déjà, tu as survécu à x années de métro parisien dont 12 grèves. Et puis tu faisais déjà ça quand elles suçaient encore leur pouce. RIEN ne te décrochera du premier rang alors que tu sais que Bill va venir s’asseoir au bord de la scène à 3m de là, au milieu du concert!
  15. Oui je me suis lâchée sur les tags.

    Oui je me suis lâchée sur les tags. C’est pour vous protéger, il était vraiment trop beau ce soir-là.

  16. Tu sais que si vieillir est inévitable, devenir vieux dans sa tête est en option. Tant que la seule chose qui en fait les frais est ta crédibilité, hein… Ca te maintient en phase avec le monde moderne (Armand, si tu me lis : essaie donc le fandom).