Feelgood posts de l’Avent (2) : histoire de fan / Sailor Moon : Marco Albiero

C’est l’histoire d’un mec à qui on a sans doute dit, enfant ou ado, « arrête de dessiner des personnages de dessins animés japonais, c’est pas comme ça que tu réussiras dans la vie ». Ou peut-être que non, parce que l’Italie a une longue histoire de dessinateurs de BD populaires de genre, westerns, etc, et de leurs déclinaisons nationales de Disney ou autres.

Marco Albiero, c’est son nom, est un artiste italien qui s’est fait connaître sur Internet pour ses fan-arts de dessins animés japonais à succès des années 90 : Sailor Moon, Saint Seiya (les Chevaliers du Zodiaque), Lady Oscar, Totally Spies, oh et même Olive & Tom dites donc!… Des fan-arts tellement bien faits qu’on les croirait sortis des studios officiels.

Petit aperçu ci-dessous :

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Et bien c’est devenu le cas, puisque depuis quelques années, outre qu’il contribue à de magazines et des bandes dessinées tirées de séries animées, les distributeurs européens voire américains de Sailor Moon, Saint Seiya, Jeanne et Serge, Ashita no Joe et autres vieilles séries utilisent ses  illustrations ou redesigns pour des coffrets DVD, de figurines, etc.

Fin novembre, il était invité à Paris pour le concert Sailor Moon Symphony, reprenant les musiques de la série, ainsi qu’en dédicace à la boutique Mangarake, à côté de la place de la République.

Site officiel.

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Nostalgeek : Captain Tsubasa (2) Everything is connected

Je ne sais pas si c’est que mon esprit de contradiction s’applique à moi-même, mais récemment je voulais répondre dans un tag demandant quel était le film que je regardais chaque automne que je n’en avais pas : ça fait au moins 10 ans je ne me repasse pas de films/séries, je préfère découvrir du neuf et je n’en ai déjà guère le temps.

Moralité, j’ai passé l’essentiel du week-end suivant à visionner sur YouTube des épisodes d’Olive et Tom que, pour la plupart, j’avais enregistré en VHS jadis pour me repasser les scènes mythiques (bon, j’ai aussi visionné pour la première fois les OAV de Shin Captain Tsubasa). Errm.

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Les 2 têtes de pioche

Au cas où l’article précédent vous aurait laissé des doutes (vu que je n’ai pas encore eu le temps de poster la présentation de personnages et le résumé que je compte bien vous infliger partager), parmi la poignée de personnages que je trouvais particulièrement intéressants, il y avait Wakabayashi Genzô (Thomas Price). Forcément, j’ai vu la série dans l’ordre mais je l’ai commencée à mi-chemin de la première période, et Hyûga Kojirô (Mark Landers) y était un peu trop bourrin et violent, alors que Wakabayashi était sorti de sa période tête à claques (quoi, SI, il en est sorti, à un moment!).

Las, Wakabayashi quitte l’équipe de Tsubasa ainsi que le Japon en fin de championnat scolaire pour aller s’entraîner à Hambourg, suivant son entraîneur particulier qui a trouvé un poste là-bas. De ce fait, on ne le voit plus beaucoup dans la 2e partie de la série (qui se déroule à la fin du collège), à mon grand dam, d’autant que Misaki Tarô, le seul autre personnage intéressant de l’équipe de Tsubasa, quitte lui aussi le Japon et l’équipe. Ben non? Ouin! Certes, ça réglait le problème de savoir pour qui sortir les pompons durant les matchs Nankatsu-Toho. Mais me condamnait à les sortir en vain, vu que l’équipe de Tsubasa était vouée à gagner, la série portant son nom (et sans celui de Tom, dans la version originale). Néanmoins, Wakabayashi était cité régulièrement durant la série, même absent, et a même droit à 2 épisodes (dont un partagé avec Misaki qui vient lui rendre visite à Hambourg). Et on le revoit dans un championnat international junior en flashback avant la finale – jouant notamment contre l’équipe allemande de Karl-Heinz Schneider.

captain tsubasa_screencap_wakabayashi hyuga europe

C’est plus pratique quand ils sont dans la même équipe *pompons*

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Reportage invité : Une fan française en Norvège

Pas d’interview d’auteur ce mois-ci ni le dernier faute de temps à mon retour du Japon, mais j’y reviens bientôt, promis. En attendant, vous n’y perdez pas au change, avec une pépite pile dans le thème d’origine du blog, avec ce reportage documenté d’une invitée sur les us et coutumes des concerts en Norvège (et en plus c’est très drôle).

Je passe la parole à Valentine Violine (dont vous pouvez suivre les aventures norvégiennes sur Instagram).

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Une fan Française en Norvège

Cela fait longtemps que Fan Actuel m’a demandé de coucher sur papier mes diverses expériences / surprises / déconvenues en tant que fan d’un groupe norvégien. Je ne m’en sentais pas capable, n’ayant pas de prédispositions pour l’écriture (mon cauchemar scolaire a commencé le jour où mon institutrice de cours moyen nous a distribué des feuilles sur lesquelles était écrit : « Rédaction : Raconte ce que tu as fait pendant tes vacances. »). Enfin bref, j’ai décliné l’offre, au moins deux fois. Et puis ma nouvelle expérience de ce week-end et le temps maussade (c’est-à-dire selon mes critères pluvieux et glacial) m’ont convaincue de tenter un truc.

Ma première expérience de concert en Norvège remonte à 11 ans. Fan depuis la prime adolescence du trio a-ha, j’ai perdu la raison un soir de déprime et acheté des billets de concerts norvégiens en me disant « je peux bien m’offrir ça une fois dans ma vie ». Malgré tout le mal que certains pensent d’eux, ils réussissent à rassembler de nombreux fans étrangers, européens (principalement des allemands et des anglais mais pas que), sud-américains (brésiliens surtout) et asiatiques. Du coup, pour « le truc que je me suis offert une fois dans ma vie », j’ai fait la queue des heures devant le stade pour espérer voir quelque chose. Résultat : j’étais surtout entourée de fans purs et durs venus du monde entier et n’ai pas tellement goûté à l’expérience norvégienne sur cette fois-ci. Mais c’est cette première expérience qui est à l’origine de toutes les suivantes puisqu’elle m’a permis de découvrir le groupe qui faisait la première partie : Minor Majority.

Ces cinq-là ont pas mal tourné en France et en Allemagne mais dans de petites voire très petites salles. J’avais deux ou trois concerts à mon actif en France et en Allemagne quand j’ai décidé de faire le voyage pour Oslo pour les voir sur une vraie scène. Nous étions 3 pour cette escapade et nous avions un peu sous-estimé leur notoriété dans leur pays : nous n’avions donc pas bien appréhendé la taille de la salle (Sentrum Scene, c’est pas Bercy mais c’est pas non plus la MJC de Bielefeld !). Lorsque nous sommes arrivées c’était déjà à moitié rempli. Donc oublié le premier rang. On avise néanmoins que la fosse est sur deux niveaux séparés par deux marches. On se dit donc qu’en étant au premier rang du second niveau (sur la marche, donc), on a de bonnes chances d’être au-dessus de la mêlée. Oui, statistiquement, dans de nombreux pays du monde, c’est ce qui se passe. Mais en Norvège, quand tu fais 1m63, être sur une marche ne suffit pas pour passer au-dessus de la tête du norvégien moyen. Première leçon.

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Le fan-service du jour : Mark Hamill dans le Star Tours

Des fois, être fan, c’est décevant, parce que les stars ne sont que des êtres humains.

Et puis des fois, être fan, c’est du bonheur, parce que les êtres humains même célèbres peuvent faire des trucs sympas. (Même si parfois en service commandé. Et puis il y a la manière)

C’est le cas de Mark Hamill (si vous ne savez pas qui c’est => dehors), qui a fait hier une petite surprise aux passagers du Star Tours de Disneyland en Californie, à Anaheim (en banlieue de L.A.). Vidéo ici par un membre du personnel Disney :

https://platform.twitter.com/widgets.js 

J’adore les geeks en hyperventilation XD

J’en profite pour vous recommander le compte Twitter de Mark, @HamillHimself  , qui a un sens de l’humour fort divertissant. Et en plus il aime les chiens. Pour le nom du compte, il a pris celui-ci parce que le nom MarkHamill était déjà pris par un fan…

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Lecture / portrait de fan : Crush (recueil par Cathy Alter et Dave Singleton)

Vous vous souvenez peut-être de Actors Anonymous,  ce roman fragmentaire de James Franco, dans la critique de laquelle je vous avais signalé qu’il était encore plus obsédé que moi par River Phoenix?

C’est grâce à lui que j’ai découvert l’existence de cet autre livre, Crush (le titre complet est Crush : Writers Reflect on Love, Longing, and the Lasting Power of Their First Celebrity Crush). Comme il est consacré aux béguins (la traduction de « crush ») de jeunesse de célébrités pour d’autres célébrités, je l’ai commandé. Je savais qu’il apporterait de l’eau au moulin du blog, aussi.

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Heureusement, parce qu’au final, la contribution de James Franco ne fait que 4 pages, dont un poème déjà publié dans son recueil Directing Herbert White. Pour raconter comment découvrir Stand By Me lui a à la fois fait admirer River Phoenix et donné envie de devenir comme lui.

Les autres témoignages couvrent un large  spectre de ces béguins fictifs : premières émotions érotiques plus ou moins définies, identification, admiration…

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Pour certains, comme Shane Harris, préférer Luke Skywalker à Han Solo en voyant la Guerre des Etoiles a été un des premiers signes de sa différence – et de son attirance pour les hommes. Pour d’autres, une façon d’explorer premiers sentiments et premières pulsions sans risquer grand chose, alors que les garçons « de la vraie vie » qui les entouraient n’étaient pas aussi recommandables (comme les voisins de 15 et 17 ans qui demandaient à Nicola Yoon et sa soeur de soulever leurs T-shirts… alors qu’elles avaient 10 et 7 ans).

Ce livre est surtout l’occasion de voir que, célèbre ou pas, c’est une étape de développement peu discutée, souvent moquée mais pourtant très partagée dans le secret des « petits coeurs mous » des enfants, pré-ados et ados. Et que devenus adultes, en regardant en arrière, ils trouvent en certains de ces « crush » les germes de bien d’autres choses. Comme, par exemple, ce qui est décrit ci-dessous en préambule à la section où l’on trouve le texte sur River.

crush1

Bon, dans mon cas ça n’a pas lancé une carrière… mais il m’a quand même fait faire du chemin.

On est le 31 octobre. 24e anniversaire.

Mon CV de fan

Les années de début et fin sont non contractuelles, les limites sont souvent floues. Sauf pour le début des comics vu que j’ai regardé la date des premiers numéros vraiment marquants. Souvent, les fandoms ne sont pas exclusifs et je suis dans plusieurs à la fois, à des degrés d’implication différents.

Description des niveaux d’après ma série d’articles « Comment devient-on fan? » :
Fan en chambre : on aime, on consomme (lire, regarder, écouter).
Fan en chambre d’immersion : on échange  (fan-club, forum…), on crée (fan-art, fan-fic).
Fan en excursion : on voyage pour échanger ou voir des concerts, des expos…
Fan en expédition : on fait les sorties d’hôtel et les dédicaces.
Fan en perdition : on en fait un peu trop, voire on devient dangereux…

Ecole des fans

Savoir faire

community manager : animation de forums/blogs
travel planner : organisation de voyages à l’étranger avec réservations de concerts, activités, transports pour des patelins improbables, etc
infographie (des bases, disons)
photographie (des bases)
création de site web en HTML de base
exégèse de l’oeuvre artistique
recherche de documentation dans des langues étrangères
rédaction d’articles (compte-rendus de concert, éditoriaux, descente en flèche…). Comme du temps de James Marsters, la plupart des photos étaient en argentique, j’ai même vendu à un magazine papier un article de 4 pages (compil de mes notes de Q&A tournée en forme d’interview), illustré de mes photos d’une tournée de son groupe. La seule fois en 10-20-30 ans de fandom où ça m’a rapporté de l’argent au lieu de m’en coûter.

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Mes aventures de fan : je suis l’éloquence faite femme (ou pas)

J’ai un petit défaut: j’ai beaucoup d’amour propre et je refuse de m’abaisser à des manoeuvres faciles pour me faire remarquer. Voire même aux habituels ronds de jambe destinés à mettre du liant dans les relations sociales artificielles comme celles entre artistes et fans.

Résultat : vif succès, on ne me remarque pas du tout… Ou alors pas en bien.

Pour preuve de mon handicap, ci-dessous un récit de mon fabuleux échange avec le batteur après le concert d’un artiste dont je tairais le nom.

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Je reste à l’affût pendant que la poétesse lui tient le crachoir (une fan qui, elle, fait ce qu’il faut pour se faire connaître d’un groupe : poster régulièrement des commentaires lyriques sur leurs pages Facebook,  avec une photo d’elle en avatar. Comme ça, quand ils signent des autographes à la sortie, comme ce soir là, ils savent que c’est une fan assidue).

Elle finit par poliment me laisser sa place.
Le batteur se tourne vers moi avec un sourire. Gros blanc dans ma tête, je lui tends la main en disant bonjour.
Il la serre en répondant bonjour, mais apparemment, vu son ton et son air perplexe, ce n’est pas vraiment le salut habituel dans ces circonstances.
Du coup, je dis « Ca se voit que je ne sais absolument pas me comporter dans ce cadre, même si j’ai un peu l’habitude? ».
Lui « Comment ça? ».
– Ben, après le concert, tout ça ».
– Oh ben c’est pas grave ».
Moi, essayant de combler la conversation « Du coup on va faire dans le classique, hein, avant que je dise d’autres conneries. Si vous pouviez me signer ceci, merci », en lui tendant mon billet avec un feutre.

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Il signe en dessinant une batterie, sa petite touche perso.
Moi « Ah si, j’avais un truc à vous demander : vous avez changé la rythmique, non?
– Comment ça? ».
– Il m’a semblé que le son était plus musclé qu’avant.
– On a changé les orchestrations, oui. C’était pas bien?
– Si si, mais comme on était à côté des baffles, on a bien senti que c’était plus costaud qu’à [nom de la salle du dernier concert d’eux que j’avais vu]… »
Il répond : « Ah mais faut jamais se mettre à côté des baffles »
Je me retiens de dire « Ben je me mets là où je peux voir et prendre des photos », parce que je pense que c’est un truc qu’un musicien regarderait de travers.

Mais perso, si c’est pour avoir juste le son, je ne vois pas l’intérêt de se fader un concert, autant écouter un bon live. Et j’évite aussi de dire qu’en fait, le son ainsi boosté était désagréable à mes oreilles, et que les bouchons de concert ne le filtraient pas bien non plus, donc c’était soit bof parce que trop écrasé, soit bof parce que déformé par les écouteurs.

Je sors une banalité, je remercie et je laisse ma place.

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Bon ben… C’est pas comme ça que je vais devenir leur pote.

Les conversations sur le beau temps, ça n’a jamais été mon fort. Je n’aime pas non plus répéter des platitudes, j’ai l’impression de perdre mon temps et de leur faire perdre le leur. Si c’est pour dire comme les 50 avant moi « Merci c’était super », enfin je le fais, mais là même si j’avais dit ça, ça n’aurait pris que 5 secondes, et il était planté devant moi comme pour une longue discussion. Je sentais venir le silence inconfortable de toute façon…

Quelque part, je me demande ce que la poétesse pouvait bien trouver à leur dire. Déjà elle parlait de les revoir sur un festival. Ce qui fait toujours un peu « Aimez-moi aimez-moiiii, je suis une cliente régulière! ». Et rien que comparer le son entre leurs deux prestations, c’était le max que je pouvais prononcer dans ce sens, j’ai dû me forcer un peu.

Ce que mes fandoms m’ont appris

Je ne parlerai pas ici des compétences transverses, j’en ai déjà fait une liste ici (non exhaustive).

Non, pour moi un fandom, c’est généralement une ficelle qui me permet de tirer sur la grosse pelote que constitue l’univers, pour l’appréhender par de petits bouts plus faciles à assimiler. Ce d’autant plus que, si je peux m’intéresser à presque n’importe quoi, il :e faut généralement une connexion émotionnelle pour cela (ou en tout cas pour que je retienne quoi que ce soit).

Exemples au fil de mes différents fandoms :

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A-ha

– langue anglaise. Ce n’était pas ma seule motivation pour apprendre mes leçons, mais ça a aidé. Avec un vocabulaire étrange, vues les paroles de Paul Waaktaar, et sans doute plus riche que si j’avais été fan d’un boys band anglophone de naissance.

– histoire et géographie norvégienne. Pour quelqu’un qui situait Nantes « vers Marseille » et Jacques Brel en Bretagne (à cause du plat pays), admirez l’exploit.

saint seiya old

 

Mangas et animation japonaise

– culture japonaise. En essayant de dépasser le stade « oh c’est joli les cerisiers en fleur et les tatouages de yakuza ».

– langue japonaise. Je n’ai jamais dépassé le stade du déchiffrage approximatif dico à la main, mais ça m’a servi un peu, plus tard. Pas beaucoup, certes. Mais c’est toujours un vernis. Ça fait plaisir au personnel des vrais restaurants japonais que je ne massacre pas trop la prononciation, déjà. Ca me permet de reconnaître des titres de Babymetal sur mon baladeur avant les premières notes.

Entretien avec un Vampire

 Les vampires d’Anne Rice

– Internet – c’est à cette époque que je m’y suis mise. J’ai d’ailleurs conservé quelques correspondantes de l’époque, de par le monde (Allemagne, Hong Kong, Australie…), dont une partie que j’ai rencontrée plus tard, ce qui m’a fourni une autre incitation à voyager parfois (cad qu’il y a une Australienne que j’ai rencontrée deux fois, à Amsterdam et Londres, parce qu’à chaque fois qu’elle passait sur Paris j’étais en vadrouille ailleurs).

– et le fandom en ligne, entre mailing-lists et newsgroups.

– la Nouvelle Orléans et les USA.

– les vampires en général. Qui auparavant ne m’intéressaient pas plus que ça.

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(admirez la subtilité de la transition)

River Phoenix

– le cinéma. Je ne me définis pas comme cinéphile, mais maintenant, à force de retenir les noms des gens avec qui il a travaillés et par extension leurs films, je peux faire illusion en parlant de films que je n’ai même pas vus. Classe. (et j’ai aussi vu un certain nombre de films que je n’aurais pas forcément regardés avant de m’intéresser au cinéma par son biais)

– les drogues. De façon théorique. Je suis allergique à la dépendance.

– le véganisme. De façon théorique aussi.

– les Red Hot Chili Peppers, REM (bon eux je les avais déjà entendus et j’aimais déjà), Natalie Merchant.

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Buffy the Vampire Slayer

– les fandoms en ligne, suite (ça avait beaucoup changé).

– conventions et voyages en solo ou en groupe pour y aller.

– les concerts en petites salles d’artistes pas mondialement connus.

 

Tokio Hotel

– langue allemande.

– maquillage et mode.*

– le monde du luxe.

*Ça peut sembler curieux – moi en tout cas j’ai trouvé cocasse – que ce soit un groupe de gars dont 3 pas trop stylés qui parvienne à m’intéresser à un sujet traditionnellement plutôt associé à mon genre. Cela fera l’objet d’un autre article…

Souvenirs de fan : Tokio Hotel aux MTV EMAs, et moi et moi et moi

J’avais oublié à quel point les présentateurs et doubleurs français des MTV EMA étaient une blague. Je mate des bouts de l’opus 2009 à Berlin (devinez pourquoi). Entre autres, la voix off annonce Asia Argentino au lieu de Asia Argento… Déjà il ne sait même pas lire sa fiche, mais en plus ça sous-entend qu’il n’a aucune idée de qui c’est. Actrice et fille de Dario Argento, quand même.

Mais bien sûr, ils sont à leur top pour parler de Tokio Hotel. Je cite, pour la présentation des nommés au prix du meilleur groupe: « Tokio Hotel, le tri… Quatuor allemand qui… Qui ne fait pas encore de l’ombre à Rammstein. » Les mecs, je sais qu’il est de bon ton en France pour un présentateur de marquer ouvertement son mépris pour les artistes qu’il n’estime pas bons (et de lécher les bottes de ceux trop puissants pour qu’on leur montre du mépris), mais essayez quand même d’être un minimum professionnels…

Pas de bol pour le traducteur, le groupe a quand même remporté le prix. D’où coups de rames héroïques du présentateur voix off sur MTV France, qui n’avait pas prévu le coup et ne s’était pas donné la peine de sortir sa fiche. « Et le prix est décerné à Tokio Hotel. L’année dernière ils avaient déjà gagné un prix pour meilleur newcomer, ils gagnent sur leurs terres » (ça n’a rien à voir, mon gars. On leur remporte des prix même quand le vote est interdit aux Européens). « Ils viennent de sortir un troisième album qui s’appelle Humanoid… Avec un clip qui s’appelle… (*frup frup* le bruit des fiches qu’il retourne désespérément pour retrouver la leur*) qui a été tourné en Afrique du Sud, et qui je crois s’appelle Romantisch. En anglais et en fran… En allemand ». C’est bon, arrête de ramer, t’es sur le sable. Et puis ça se voit bien que tu ne connais pas le sujet et tu t’attends à ce qu’ils sortent des titres niais, alors que la chanson s’appelle Automatisch. C’est bon, rentre à la niche.

T’as pas lu tes fiches,
Rentre à la niche,
Tu te tapes l’affiche
Tu n’es rien qu’une quiche… *

(sur l’air de Automatisch, justement – Automatic en version anglaise, et ici avec Bill quand il avait sa coupe de poney intergalactique)

Et donc, c’est à cause de cette constance dans la nullité des présentateurs français de cette cérémonie que, en 2008 (l’année d’avant, celle où ils ont eu le prix du meilleur newcomer, donc), j’étais ravie de pouvoir regarder les EMAs 2008 depuis ma chambre d’hôtel de Liverpool, sur MTV UK, sans parasite traducteur, juste à côté de la salle où se déroulait la cérémonie… Et accessoirement une heure ou deux après avoir eu mon petit autographe du groupe à la sortie de leur hôtel. Et une heure avant de rejoindre des fans avec qui j’avais sympathisé en gare de King’s Cross, qui elles avaient pu avoir des billets pour la cérémonie. On s’est rejoints à la sortie pour une petite balade by night dans Liverpool, avec un petit débriefing de ce qu’on avait vu chacune de notre côté (moralité : ce qu’on voit à l’écran n’a pas grand-chose à voir avec ce qui se passe, et notamment les artistes invités ne sont amenés dans la salle où on les filme que pour l’annonce des prix).

Surtout que l’année d’avant, encore, ils avaient délivré une performance… performante, à Munich, sous les huées du public local (les Allemands les détestaient encore plus que les Français), et sous une mousson artificielle – oui, c’est du playback, les micros et autres trucs électriques c’est pas top quand il est prévu que tu te reçoives 2000 litre de flotte dessus. Eh oui, comme la présentatrice française l’avait fait remarqué en 2008, MTV les soigne toujours… (enfin, au passé. Je crains qu’on ne soit pas près de les revoir)

Mes aventures de fan : River Phoenix

Ainsi que je l’ai raconté dans l’article sur sa soeur Summer, j’ai découvert l’existence de River Phoenix à l’annonce de sa mort. Aussi je n’ai évidemment pas pu le rencontrer. Notez bien qu’encore à ce jour, une partie de moi est intimement persuadée que si on s’était rencontrés, on ne se serait pas entendus du tout, donc je ne sais pas si je dois le regretter. Et même s’il avait vécu, les probabilités qu’on se serait croisé pour autre chose qu’un échange de 10 mots comme avec Keanu Reeves sont infinitésimales.

Par contre, depuis son décès, pour quelqu’un que je n’ai jamais rencontré, il s’invite régulièrement dans ma vie. Non que je m’en plaigne. Je suis un peu hantée. Mais dans le bon sens du terme. Enfin, de mon point de vue. Il n’a pas l’air de s’en plaindre non plus. Il faut croire qu’il a plus d’humour qu’on ne le pense habituellement.

Petit best of. Avec une bande-son (en cliquant sur les titres des « chapitres »). Oui, j’invente l’article avec bande originale. Parce qu’outre son métier d’acteur, River était aussi (et surtout, si on parle de passion) musicien.

1. Allow me to introduce myself, I am a man of wealth and taste

(vous ne l’attendiez pas, celle-là, je suis sûre…)

Donc, j’ai découvert River à l’annonce de sa mort, qui m’a inspiré un commentaire fort peu charitable alors que je révisais mes cours de fac en écoutant la radio. Pourquoi je me souviens encore distinctement de ce moment, alors que toute la période « fac » de ma vie se résume à peau de chagrin dans ma mémoire, c’est un mystère.

C’est une amie qui m’a reparlé de lui quelques mois plus tard, avec à l’appui une coupure de journal télé sur du mauvais papier, en me disant que, s’il n’était pas mort, il aurait été pas mal pour interpréter un personnage de vampire qui m’avait tapé dans l’oeil dans un roman. J’ai regardé la photo, où il ne ressemble pas à grand-chose (oui, un point commun des objets de mon attention artistique est leur sens du style très, très personnel…) et probablement dit « Ah oui? Peut-être ». Pas le coup de foudre, donc.

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Le fait qu’il soit mort jeune, et d’une overdose, ne le gratifiait pas à mes yeux d’une aura romantique. C’était plutôt un handicap. Un gros. Mais cela faisait un moment que je passais en revue jeunes acteurs, chanteurs et mannequins à la recherche d’une tête pour dessiner le dit personnage, et aucun ne trouvait grâce à mes yeux. Pas assez beau, pas assez jeune, trop articifiel, et surtout l’air trop superficiel pour incarner un immortel ayant vécu des choses que peu de mortels traversent. Lui, il était jeune, il était beau, il sentait bon le sable chaud dégageait un truc particulier. Comme j’avais Internet à la fac, j’ai cherché davantage d’informations sur lui – autres photos, filmo, etc. A l’époque, le web balbutiait, on ne pouvait pas télécharger 15 films rares et les PDF de toutes les biographies piratées. On mettait déjà 5 mn à charger une pauvre photo scannée en définition toute pourrie.

Mais il y avait un site, notamment, qui hébergeait des articles de magazines. Les articles d’avant sa mort, décrivant un jeune homme brillant, idéaliste et anti-drogue, semblaient en contradiction avec les circonstances de sa mort. Ca m’intriguait. Comme je suis d’un tempérament de tête chercheuse qui aime bien comprendre, j’ai continué à creuser. Jusqu’à tomber sur un très long article biographique en anglais, qui m’a inspiré des sentiments contradictoires. Notamment le malaise de voir autant de choses privées pas forcément glorieuses déballées ainsi, l’interrogation de me demander si elles étaient vraies, comment je pourrais le savoir un jour puisque je n’avais pas de source proche de lui – et que de toute façon il semblait avoir assez bien réussi à dissimuler ses vies parallèles à ses proches.

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En contrepoint, une espèce d’angoisse qui m’est tombée dessus comme le parpaing de la réalité sur la tartelette aux fraises de mes illusions – mais ne semblait pas mienne. Sentiment très bizarre. Dissonance cognitive ou dissociation. Un genre de « Choquée? Tu vas laisser tomber? » cynique et désespéré à la fois.

Je n’ai pas laissé tomber.

Il m’a fallu un moment pour digérer, mais c’est depuis cet instant que je suis hantée.

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