Ce que mes fandoms m’ont appris

Je ne parlerai pas ici des compétences transverses, j’en ai déjà fait une liste ici (non exhaustive).

Non, pour moi un fandom, c’est généralement une ficelle qui me permet de tirer sur la grosse pelote que constitue l’univers, pour l’appréhender par de petits bouts plus faciles à assimiler. Exemples au fil de mes différents fandoms :

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A-ha

– langue anglaise. Ce n’était pas ma seule motivation pour apprendre mes leçons, mais ça a aidé. Avec un vocabulaire étrange, vues les paroles de Paul Waaktaar, et sans doute plus riche que si j’avais été fan d’un boys band anglophone de naissance.

– histoire et géographie norvégienne. Pour quelqu’un qui situait Nantes « vers Marseille » et Jacques Brel en Bretagne (à cause du plat pays), admirez l’exploit.

saint seiya old

 

Mangas et animation japonaise

– culture japonaise. En essayant de dépasser le stade « oh c’est joli les cerisiers en fleur et les tatouages de yakuza ».

– langue japonaise. Je n’ai jamais dépassé le stade du déchiffrage approximatif dico à la main, mais ça m’a servi un peu, plus tard. Pas beaucoup, certes. Mais c’est toujours un vernis. Ça fait plaisir au personnel des vrais restaurants japonais que je ne massacre pas trop la prononciation, déjà.

Entretien avec un Vampire

 Les vampires d’Anne Rice

– Internet – c’est à cette époque que je m’y suis mise. J’ai d’ailleurs conservé quelques correspondantes de l’époque, de par le monde (Allemagne, Hong Kong, Australie…), dont une partie que j’ai rencontrée plus tard, ce qui m’a fourni une autre incitation à voyager parfois (cad qu’il y a une Australienne que j’ai rencontrée deux fois, à Amsterdam et Londres, parce qu’à chaque fois qu’elle passait sur Paris j’étais en vadrouille ailleurs).

– et le fandom en ligne, entre mailing-lists et newsgroups.

– la Nouvelle Orléans et les USA.

– les vampires en général. Qui auparavant ne m’intéressaient pas plus que ça.

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(admirez la subtilité de la transition)

River Phoenix

– le cinéma. Je ne me définis pas comme cinéphile, mais maintenant, à force de retenir les noms des gens avec qui il a travaillés et par extension leurs films, je peux faire illusion en parlant de films que je n’ai même pas vus. Classe. (et j’ai aussi vu un certain nombre de films que je n’aurais pas forcément regardés avant de m’intéresser au cinéma par son biais)

– les drogues. De façon théorique. Je suis allergique à la dépendance.

– le véganisme. De façon théorique aussi.

– les Red Hot Chili Peppers, REM (bon eux je les avais déjà entendus et j’aimais déjà), Natalie Merchant.

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Buffy the Vampire Slayer

– les fandoms en ligne, suite (ça avait beaucoup changé).

– conventions et voyages en solo ou en groupe pour y aller.

– les concerts en petites salles d’artistes pas mondialement connus.

 

Tokio Hotel

– langue allemande.

– maquillage et mode.*

– le monde du luxe.

*Ça peut sembler curieux – moi en tout cas j’ai trouvé cocasse – que ce soit un groupe de gars dont 3 pas trop stylés qui parvienne à m’intéresser à un sujet traditionnellement plutôt associé à mon genre. Cela fera l’objet d’un autre article…

Lecture / portrait de fan : Prince – fragments d’un discours de fan, de Fanny Capel

Un voyage en train m’a enfin fourni le temps de lire ce document paru en février dernier aux éditions Le Rouergue, collection La Brune. Je l’ai découvert par hasard en musardant à la belle librairie MK2 du bassin de la Villette (de l’intérêt des vraies librairies IRL, qui ne mettent pas que les Marc Lévy en présentoir. Je n’ai rien contre Marc Lévy, mais quand il sort un livre, on le sait).
Le thème, forcément, a capté mon attention. Et le feuilleter m’a convaincu de l’acheter.
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Fanny Capel, l’auteur, est professeur de lettres, mariée, installée… Impossible a priori de deviner son autre vie, les 25 ans passés à suivre l’actualité de Prince. En particulier les quelques années de passion adolescente qui l’ont emmenée, elle et ses 2 meilleures amies, âgées de 20 ans alors, au club mythique du Love Symbol à Minneapolis, le Glam Slam Club. Ce qui, en août 1994, pour des jeunes filles tout juste sorties de l’adolescence et sans Internet, relevait encore plus de l’exploit que de nos jours. Un voyage qu’elle raconte en fin de livre, l’apogée de sa vie de fan. De sa vie tout court ? Elle se pose la question.
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Ne trouvant – comme moi * – aucun récit de ce que ça représente d’être fan, en dehors de caricatures tournées en dérision, elle voulait en témoigner de l’intérieur. Elle avait commencé à rédiger en ce sens ces « chroniques des années pourpre », il y a 3 ans, alors qu’elle sentait les souvenirs s’estomper. La mort de Prince en avril 2016 a complété le récit, y apportant à la fois une conclusion et l’éclairage d’une nouvelle vie « sans ».
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Fanny Capel ne voulait pas parler que de son expérience, mais plus universellement du statut de fan. Elle a complété ses souvenirs et ses notes de l’époque de témoignages de ses semblables. Faute de notes, j’ai photographié plein de passages où je me suis reconnue, ou bien où j’ai reconnu amies et connaissances de fandoms. Les voyages, les péripéties, les délires en groupe incompréhensibles aux « autres », les rituels de file d’attente des concerts… Cet univers parallèle qui embellit et enrichit toujours notre quotidien quand on entend une chanson familière, qu’on tombe au détour d’un zapping sur le visage qui nous fait sourire…
La rencontre tant espérée qui tourne au souvenir cuisant parce que dans des circonstances imprévues et défavorables, comme celle racontée page 73… (big up, inconnue de la Fnac qui s’était habillée relâche pour ne voir « que » les Revolution au lendemain d’un concert, le cheveu et l’oeil en vrac, et s’est retrouvée dans cet état face à un Prince venu dédicacer avec ses sbires… moi aussi, plusieurs fois j’ai croisé mes chouchous alors que j’étais en mode « off ».)
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Sur d’autres points, par contre, je me sentais en dissonance, moi la fan infidèle par excellence, en lisant ces souvenirs de presque 30 ans d’admiration ininterrompue.
L’artiste dont je suis « fan » depuis le plus longtemps sans interruption était mort avant que je ne découvre son existence. Difficile de faire des folies dans ces circonstances, et peu d’actualité à suivre. Et je n’ai cédé aux sirènes du portnawak (et eu les moyens de le faire) du type « je saute dans l’avion pour voir des gens qui ignorent que j’existe » qu’adulte. Ca n’a pas la même intensité qu’à 15-18 ans.
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Quoique, quand je pense à certaines de mes copines qui ont attendu encore plus longtemps que moi pour réaliser leur rêve, et à leurs réactions quand elles ont réussi… peut-être pas tant que ça. Peut-être que le facteur discriminant est seulement mon côté girouette, qui fait qu’ayant connu l’hystérie fanesque pour plus d’un groupe ou d’un artiste, j’ai du mal à ne pas relativiser les émotions qu’ils procurent. Surtout quand le premier fandom pour lequel j’ai fait les 400 coups a tourné en eau de boudin.
Ou juste le fait que je sois trop cynique, trop méfiante, trop parano, trop allergique à l’embrigadement pour hystériser devant un être humain. Même si j’ai buggé devant le minois de princesse égyptienne de Bill Kaulitz en 2009 parce qu’il était beaucoup trop belle pour être humain.
Oui j’ai encore les larmes aux yeux quand j’entends une version live de An Deiner Seite (ich bin da), mais je sais que c’est « juste » une conjonction : parce que c’était eux, parce que c’était moi, parce que c’était ce que mon cerveau avait besoin d’entendre à l’époque. Et pas une exception intrinsèque dûe à l’epoustouflifiance du phénomène ou des personnes.
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Et puis si, oui, certains souvenirs se renforcent parce qu’on les partage, je suis trop indépendante, -trop asociale-, trop habituée à ne pas attendre de complice. Sinon on ne fait jamais rien ou pas la moitié de ce qu’on voudrait… Donc une partie de mes souvenirs de fans, je les ai bâtis seule, ou avec des fans rencontrés sur place, pas forcément revus ensuite. Fanny Capel parle beaucoup de ses 2 complices de l’époque, qui ont partagé quasiment tous ses délires.
Mais en fin de livre, elle souligne que, maintenant que chacune a fait sa vie où Prince, par la force des choses, n’occupe plus que la portion congrue avant même son décès, elles se revoient très occasionnellement pour prendre des nouvelles, mais la réalité actuelle lui semble bien terne en comparaison de ses « années pourpres ».
Mais quand même, ce que raconte Fanny Capel dans une plume lyrique, qu’on ait été team Michael ou team Prince, ça rappelle des souvenirs.

Informations pratiques :
Prince, fragments d’un discours de fan
de Fanny Capel
Editions la Brune au Rouergue
Parution mars 2017

* quoique j’en ai trouvé quelques uns. Je vous ferai un article de la bibliographie qui a soutenu mon écriture d’un livre sur l’univers des fans. 

Fandom parodie : Morten, essaie Pantene

Contexte : lorsque Morten Harket a réalisé sa 2e tournée solo après le 2e split du groupe A-ha (oui il faut suivre, je sais), en 2014, c’était la chanteuse française et néanmoins bretonne, Nolwenn Leroy, qui assurait sa première partie sur toutes ses dates en Allemagne. En effet, à l’époque elle y avait un joli succès avec son album de chansons bretonnes. Au même moment, elle arrondissait également ses fins de mois avec des pubs pour le shampoing Pantene. Or Morten, outre sa tessiture étendue, est connu (en tout cas de ses fans) pour une certaine tendance à se dégarnir par le haut du crâne… (d’où son surnom parmi certains fans de « Chaussée aux Moines »).

morten tonsure

Shampoing, tonsure, et les rimes de Morten, Pantene, Nolwenn : il n’en fallait pas plus à mon cerveau pour pondre alors une parodie sur un des titres solo de l’album de Morten. Que je vous livre, la période de prescription étant écoulée (et n’ayant plus guère d’anonymat à protéger sur le forum où cela a été initialement posté).

Pantene

Morten
Tu n’es pas mou, pas comme Nolwenn,
Mais tu devrais essayer Pantene
Comme elle,
Comme elle,
Prends un peigne, Morten
Entre tes couacs et tes faux départs
Tu pourrais t’inspirer d’elle
Comme elle,
Essaie donc Pantene.

J’aimerais bien bien bien bien
que tu chantes mieux
Je donne un rein rein rein rein
pour te voir en show
J’aimerais bien bien bien bien
que tu chantes mieux
Si tu répétais un peu

Hey dis Morten
Le temps passe
Pour tout le monde
Mais certaines choses ne changent pas
Pas en mieux
C’était mieux
Avec A-ha
Morten
Bouger tes vieux abdos en maillot
Ca ne remplace pas ta voix
ta voix
L’amour rend p’t-être aveuuuugle
Il ne rend pas souuurd
Figure-toi

J’aimerais bien bien bien bien
que tu chantes mieux
Je donne un rein rein rein rein
pour te voir en show
J’aimerais bien bien bien bien
que tu chantes mieux
Si tu répétais un peu

Lightning

Lightning,
You would hit me just like lightning,
Give me shelter from the rain
Stay down
Way down
You stay on my mind
Like a flashback like a wind out
I could feel you in my veins
Way down
But not quite like pain

I would give, give, give, give
Eeverything I own
I would live, live, live, live
Like I used to know
I would give, give, give, give
Eeverything I own
To find my way back home

You were lightning
Time went by,
It’s frightening
But it feels like nothing changed
Way down
Stay down
You stay on
my mind
Like sparkles like a new drug
You raise into my veins
Way down
Almost, but not quite like pain
I’m not quite the same
Anymore

I would give, give, give, give
Everything I own
I would live, live, live, live
Like I used to know
I would give, give, give, give
Everything I own
To find my way back home

Qui aime bien châtie bien, il paraît. Quand je n’aime plus, je châtie encore mieux, je trouve…

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6 façons dont Twitter nous casse les burnes

6) « Machin et Bidule ont aimé »

Qu’est-ce que tu veux que ça me foute? S’ils ont vraiment aimé et qu’ils veulent le partager, ils ont le bouton Retweet, ça sert à ça. C’est pas la peine de fournir 2 boutons si c’est pour que tu en fasses la même chose, gros débilos.m

5) Pendant votre absence

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Le seul qui pourrait éventuellement être utile, quand on est abonné à beaucoup de monde et/ou qu’on n’a pas pu lire son fil pendant longtemps. Sauf que Twitter détermine leur pertinence sur des critères de popularité, et non d’intérêt de ta part. Donc généralement, ce sont des tweets du dernier buzz du moment dont j’avais déjà entendu parler à la machine à café, voire au journal télévisé qui maintenant a sa rubrique « Le hamster qui pète fait le buzz sur Internet », ou autre ânerie sans intérêt.

4) La demande d’informations personnelles

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Non merci. Ceux qui doivent savoir, savent. Et je sais très bien que ce que tu veux vraiment, c’est compléter le profil que tu vends à tout un tas de boîtes de publicité.

3) Les tweets sponsorisés

Dont personne n’a, très franchement, rien à carrer, sauf les 69 Community Managers du groupe HSBC dans le monde, et leurs 24 bots de retweet de tout qui cite leur marque.

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Bon, je le savais, quand un service est gratuit, le produit c’est l’utilisateur…

2) Personnes que vous pourriez connaître

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Mais ta gueule, Big Brother! D’abord, c’est rarement le cas des personnes suggérées, dont je ne sais pourquoi ils apparaissent. Je suppose que tu as recyclé l’algorithme anciennement utilisé pour suggérer de nouveaux comptes sous le nom « Vous pourriez aimer ». Ce qui n’était pas le cas non plus. Je suis assez grande pour chercher moi-même qui je veux suivre. Et surtout SI j’ai du temps à consacrer à allonger encore ma TL…

1) Au cas où vous l’auriez manqué

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Je ne les aurais pas manqué si tu continuais à faire ce pour quoi je me suis inscrite sur Twitter : m’afficher ce que postent les gens que j’ai choisi de suivre, dans l’ordre chronologique inverse, sans mettre en avant ceux les plus likés (ce qui signifie juste qu’ils sont postés par des gens qui ont plus de followers, pas qu’ils sont plus intéressants dans l’absolu, et encore moins relativement à mes goûts), ceux payés et ceux dont ton algorithme de pompom girl estime qu’ils devraient me plaire, en m’empêchant de garder la main sur ce que je vais voir.

Alors je sais, ton but, c’est que je passe de plus en plus de temps à te consulter. Mais tu sais quoi, espèce de pute-à-clics? Tes méthodes ont exactement l’effet inverse : elles me donnent envie de te chercher un remplaçant, et de virer ou masquer de ma liste de plus en plus de gens, vu que c’est le seul moyen de voir encore ceux que je ne veux pas rater.

P.S. : ton grand frère Facebook a exactement les mêmes défauts. Mais en plus il le planque.

L’art, les artistes et leur public

J’ignore si le strip ci-dessous, du très drôle Raphaël Beuchot (dont je lis toujours avec plaisir les strips sur twitter, sur le monde la musique, en particulier) a été rédigé juste pour faire sourire. C’est en tout cas l’effet qu’il a d’abord eu sur moi, suivi d’une réflexion. Les réactions sont exagérées, mais elles sont assez naturelles.

raphael beuchot_artistes

Ne le prenez pas mal, amis artistes, mais dans l’ensemble, on s’en fout de vous. En tant que personnes, je veux dire. D’ailleurs, n’est-ce pas une de vos revendications, en général? Des bons, du moins? Qu’on s’intéresse à votre art mais pas à votre vie privée?

Et ma foi, quand c’est le cas, ça se traduit ainsi.

On a beau l’enseigner, le réduire en formules mathématiques (nombre d’or et harmoniques), la perception de l’art reste elle essentiellement émotionnelle. On « accroche » ou pas à une oeuvre en fonction de son vécu personnel, de ce qu’on a envie de voir ou d’écouter, de l’écho que ça trouve en nous. Certes, la façon dont c’est fait, le style, les arrangements, les couleurs, l’écriture… ça compte aussi. Mais ça aussi, c’est normalement influencé par le fond. Si vous écrivez exactement la même chanson pour raconter l’enfer de la dépendance et les premiers mots de votre bébé, à moins de le faire exprès à titre expérimental, c’est que vous êtes très limité, techniquement.

anim_musician need help to get laid

Il a le mérite de l’honnêteté

Par suite, il est normal que les gens qui ont adoré la veine sombre d’un artiste ne trouvent pas tous leur compte dans un virage à 90° vers des comptines pour enfant. Sans doute pas au point de souhaiter que l’artiste retombe en dépression, ok. Ça, c’est égoïste. Mais en se détournant de l’artiste en n’achetant plus sa musique, ça, c’est logique.

Dans 99,999% des cas, on ne vous connaît pas personnellement et on ne vous connaîtra jamais. Vous pouvez être la personne la plus délicieuse ou un sombre connard, ça peut certes transparaître dans votre art, mais pas forcément. Donc ce qui reste, c’est l’art.

Po-Pompidou par Andy Warhol

Alors oui, souvent on s’attache, ou on croit s’attacher, en gardant plus ou moins conscience de ne pas réellement savoir à qui on s’attache. Mais en même temps ce n’est pas bien grave vu qu’il y a peu de chances que la personne en question, si elle trahit votre confiance (sans le savoir elle aussi) se barre avec vos gosses ou votre compte en banque. Ca prête donc peu à conséquence.

Plus je prends de l’âge et moins je comprends la notion de « loyauté » à l’artiste brandie en étendard par certains (et, quand je lis le strip, peut-être même attendue par certains artistes. N’est-ce pas, monsieur « fair weather friend »?…).

Bon, pour tempérer ce propos, je concluerai en disant que le meilleur des concerts de Placebo que j’ai vus était, a contrario, celui de leur retour pour Battle for the Sun, après avoir viré le batteur, mais avec un Brian Molko apaisé et aussi radieux qu’on peut l’imaginer (c’est à dire à peu près comme un corbeau sous acide : ça reste du Placebo, mais plein d’énergie). Comme quoi. (c’était pas celui-là, de concert, d’ailleurs, c’était la Musicale de Canal Plus à l’Olympia, mais je n’en ai pas de bonne photo. Je pensais qu’il interdisait encore les appareils photos et je n’avais sur moi que mon regretté Nokia Xpress Music 5800).

Placebo Olympia 2009-06-08

Portraits de fan : la liste complète

Au début je voulais faire du La Bruyère, mais finalement j’ai fait du Fan Actuel 😉

(P.S. : j’ai corrigé la mise en forme foireuse…)

Portrait de fan (1) : Le collectionneur

Portrait de fan (2) : l’analyste

Portrait de fan (3) : le militant

Portrait de fan (4) : le clone
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Portrait de fan (5) : le professionnel

Portrait de fan (6) : l’amoureux(se)

Portrait de fan (7) : la groupie

Portrait de fan (8) : la starfucker

Portrait de fan (9) : le stalker / harceleur
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Portrait de fan (10) : le narcissique

Portrait de fan (11) : Le BNF ou fan « famous » (célèbre)

Portrait de fan (12) : le coq de basse-cour

Portrait de fan (13) : L’aigri

Portrait de fan (14) : L’inspiré

Portrait de fan (14) : L’inspiré

« Tu as, mon sourire au bout des lèvres

Et mon regard dans tes rêves

Et si ça ne suffit pas

Mon piano fait des chansons pour toi »

Chanson pour une fan – Michel Berger

Description

En ces temps où on ne croit plus en rien, les idoles reprennent parfois leur sens d’origine, en incarnant des modèles auxquels croire et à qui se raccrocher. Cela est d’autant plus vrai que le fan se sent une ressemblance avec elle : des origines communes (ethniques, géographiques, sociales…), une histoire familiale ou sentimentale similaire, ou des aspirations semblables. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, cela ne touche pas que les adolescents en quête d’exemples à suivre à un stade où ils se demandent quoi faire de leur vie.

Je citerai par exemple Evelyn McDonnell, une critique musicale qui a écrit la biographie « Björk ; la fée septentrion ». Elle y raconte qu’elle a réellement commencé à admirer et étudier la chanteuse Björk lors d’un voyage en Islande, suite à une brutale rupture d’avec son mari. Jusque là, elle connaissait son œuvre pour l’avoir chroniquée dans son métier, mais sans être fascinée. La rage et l’énergie cathartique de Björk l’ont particulièrement touchée à un moment où elle se trouvait elle-même dans une situation émotionnelle intense, nécessitant un exutoire.

L’idole est alors une béquille spirituelle, qui peut être passagère ou plus durable, et aide à traverser les aléas de la vie.

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Archétype

Fabrice dans le film Jean-Philippe.

Avantages

L’enthousiasme est toujours communicatif.

Dangerosité

Quasi-nulle, sauf si on essaie de lui retirer sa béquille sans compensation.

Phrase fétiche

« Je ne sais pas ce que serait ma vie sans [idole]! »


Ceci clôt ma série de portraits de fans. La semaine prochaine, je posterai un récapitulatif des 14 portraits.

Lundi mon tag : je suis une fangirl

Il y a des tags, rien qu’à voir le titre, on sait d’avance qu’il va se trouver quelqu’un pour vous le lancer telle une patate chaude, en se marrant comme une baleine. Enfin, mi-dragon mi-baleine, et encore mi-dragon par derrière, j’ai nommé June. En fait, je l’ai vu ailleurs, sur un blog d’une copinaute commune, et j’ai presque commencé à préparer mes réponses tellement j’étais sûre qu’il allait vite me retomber sur la poire. Mais j’avais déjà le précédent à finir. Vivement la fin du printemps, parce que les tags tombent encore plus dru que la pluie et les élections…
Mais bon, celui-là, hein, je ne pouvais pas l’esquiver. C’est parti, donc :

Si tu avais la possibilité de correspondre avec un personnage de roman, lequel choisirais-tu ?

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Vetinari dessiné par Paul Kidby

Le Patricien d’Ankh-Morpork, Havelock Veterini. Même si je pense qu’il se désintéresserait de mes réponses au bout de 3 mots. Mais un bonhomme que Pratchett décrit par « à côté de lui, Machiavel est tout juste bon à tenir une baraque à frites », et qui le démontre tome après tome de son magistral gouvernement d’Ankh-Morpork, archétype à la fois du panier de crabes et de la poubelle sous forme de ville médiévale fantastique…

Tu peux inviter un auteur à l’apéro, de qui s’agit-il ?

JK Rowling. Pas tant pour Harry Potter que parce c’est un des rares auteurs dont je vois parfois des échanges sur réseaux sociaux, et que j’aime bien ce qu’elle dit.
Et parce que Terry Pratchett c’est trop tard.
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Si tu devais écrire une fanfiction (une histoire imaginée par un fan, tirée d’un livre déjà existant), de quelle œuvre serait-elle tirée ?

C’est déjà fait (sur les Vampires d’Anne Rice notamment), mais ça date alors ce n’est plus guère d’actualité.
Mais pour une que j’aimerais bien écrire si j’avais le temps et le talent pour être à la hauteur de l’original, j’ai une idée de fanfiction autour d’Ankh-Morpork et de ce qui arriverait à la mort du Patricien. Parce que, comme Sire Terry hélas ne peut pas le faire, ce serait un bon événement pour boucler quelques boucles de divers personnages (Carotte, notamment).

Un de tes livres préféré va être adapté au cinéma (imaginons !), on te propose d’y jouer un rôle, quel personnage choisirais-tu d’interpréter ?

… on va attendre un peu pour que je puisse jouer Mémé Ciredutemps, hein. D’autant qu’elle est censée être grande.
Sinon… je ne vois pas trop.
Il y a bien des personnages que j’aime, ou dont j’aimerais la place (Mara Jade?…), mais je n’ai pas la plastique du rôle.
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Mara Jade par Carlos Ezquerra

Un de tes livres préféré a été adapté au cinéma (réellement), néanmoins tu n’es pas d’accord avec le choix de l’acteur/actrice pour jouer un des personnages, de quel personnage s’agit-il et quel(le) acteur/actrice verrais-tu à la place ?

Armand dans les deux adaptations des chroniques des vampires d’Anne Rice où il apparaît. Interprété dans l’une par Antonio Banderas (sans doute le seul acteur latin auquel ils ont pensé, alors qu’Armand, même s’il a beaucoup vécu en Italie, est d’origine russe. Et il a les cheveux auburn. Encore eut-il fallu lire plus loin que le tome 1 pour le savoir, ce que de toute évidence le réalisateur n’avait pas fait…) et un type que j’ai oublié. Trop vieux pour incarner un vampire transformé à 17 ans, et trop laid aussi. J’imaginais le River Phoenix période Running on Empty, plutôt. Là au moins, je comprendrais pourquoi il arrive à ne pas se faire trucider 20 fois pour sa façon très particulière de gérer les problèmes de relations séduire tout le monde, même Louis, même Lestat. Enfin non, pas Lestat, vu que Lestat est une midinette qui s’amourache de tout ce qui passe.
armand fail

Une de tes séries préférées est terminée mais tu souhaiterais voire une suite publiée. De quelle série s’agit-il ?

Les Princes d’Ambre. Epopée en 10 tomes sur les conflits shakespeariens et multi-dimensionnels entre les 9 princes d’Ambre, la Ville qui inspire toutes les autres. Ca date énormément, je ne les ai pas relus depuis 10 ou 15 ans, mais je me souviens que j’aurais voulu que Roger Zelazny ait le temps d’écrire sa 3e quinqualogie pour en savoir plus sur la Roue Spectrale de Merlin, trop chou (Spectre, pas Merlin, qui est plutôt casse-pieds. J’aimais bien son père Corwin, par contre, dans le genre anti-héros cynique mais pas tant que ça au fond). Il l’avait planifiée, malheureusement il n’avait pas prévu de partir si tôt… Pour en savoir plus, je vous renvoie à l’article de Papy Blues sur le sujet (c’est là que j’ai trouvé le collage des 10 couvertures de Florence Magnin, qui ne sont pas pour rien dans l’attrait initial exercé par la série à sa parution dans Présence du Futur – parenthèse d’ancêtre).
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Voudrais-tu réécrire la fin d’un livre que tu as lu ? Si oui, de quel livre s’agit-il ?

Plein. Mais notamment L’Elégance du Hérisson de Muriel Barbery, qui déjà ne m’a pas plu autant que je l’espérais.
Et je me sens obligée d’y ajouter la même chose en film, avec In the Mood For Love. Ceux qui l’ont vu sauront pourquoi. Rogntudjuu!

Constitue ta famille « livresque » idéale : père, mère, frère et sœur. Choisis bien !

Si je dois en refaire une maintenant, ça risque d’être très Pratchettien encore…
Le père : le commissaire Vimaire post-rencontre avec Dame Sybil. Des principes,  boulot prenant, mais prêt à traverser les mines des nains en pleine crise hallucinogène pour lire à son fils son histoire de 6h du soir. En vrai, j’ai d’ailleurs un peu le même (les tendances alcooliques en moins).
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Le Capitaine (ou commandant?) Vimaire d’Ankh-Morpork

La mère : je dirais bien Esmé Ciredutemps, mais on a en commun l’inaptitude et le manque d’intérêt pour s’occuper d’enfants (et si ça ne vous intéresse pas, franchement, ayez la bonté pour eux de ne pas en faire au lieu d’écouter les couillons qui vous disent que c’est égoïste de ne pas en faire). Hmm… Oh ben pour rester cohérente, je vais choisir Dame Sybil Ramkin, la femme de Vimaire. Son opposé en origines, complètementaire sur bien des points. Mais son égale en caractère, en principe, en justesse de jugement sur les gens.
Le frère : Armand le vampire, mon petit bouchon psychopathe. Sa crise d’adolescence a duré 500 ans, mais il va mieux depuis que je lui ai trouvé un petit ami digne de ce nom (dans les romans il a un goût en hommes déplorable. Nous avons d’ailleurs ça aussi en commun, mais on est plus lucide quand il s’agit des affaires des autres).
La soeur : Elsa, la reine des Neiges. C’est pas une héroïne de film mais OSEF. Sinon je serais tentée de dire Angua, la louve-garou du Guet d’Ankh-Morpork (oui, aussi le Disque-Monde de Terry Pratchett). Badass, sexy sans jouer dessus, avec le côté obscur de rigueur de la famille.
Frozen-Elsa

Pour quelle édition collector dépenserais-tu sans hésiter la moitié de ton salaire ?

? C’est une colle. Je ne fais pas trop attention, j’avoue préférer les livres pour leur contenu, et en général je ne suis pas mécontente du boulot des éditeurs. Et je ne crois pas qu’il existe d’édition collector du Disque-Monde. Ah si tiens. Mais elles ne m’emballent pas. J’aime bien les versions de l’Atalante avec les illustrations originelles de Josh Kirby puis de Paul Kidby.

Nominations :

Par souci de m’économiser des nominations futures à des tags auxquels je mets 6 mois à répondre, je fais l’impasse.

Néanmoins si vous voulez y répondre, je me ferai une joie de lire vos réponses et d’ajouter votre nom ci-dessous.

Portrait de fan (13) : L’aigri

« I guess this is our last goodbye

And you don’t care so I won’t cry

But you’ll be sorry when I’m dead

And all this guilt will be on your head »

Can’t stand losing you – Police

Description

L’aigri ne devrait déjà plus être fan. Mais comme une histoire d’amour qui finit mal et sur laquelle on n’arrive pas à tirer un trait, il ne parvient pas à quitter le fandom. Pourtant, à l’entendre, il n’aime plus rien de ce que fait l’artiste ou de ce qui se passe dans la série, ou si peu.

L’artiste est accusé de négliger ses fans s’il ne fait pas un concert dans l’arrière-cour de chaque fan (quand bien même il n’a pas vendu un album dans le pays en question depuis dix ans). Il trahit ses fans s’il fait une chanson trop rock, ou pas assez, ou si le clip n’est pas rose, ou blanc, ou bleu. S’il tourne dans des salles trop grandes (pas assez intimes) ou trop petites (ça manque de spectacle, et tous les fans ne peuvent pas en profiter). Il devrait organiser (à ses frais bien sûr) des séances de dédicaces, ou plus de séances de dédicaces parce que celles qu’il fait sont trop loin ou que tout le monde n’a pas pu y assister. Il devrait aussi sortir une version française de ses chansons, tiens, puisque tout le monde ne parle pas anglais. Et s’il fait quelque chose pour les fans, c’est forcément démagogique.

Les hyènes

Le fan aigri trouve également à redire à tous les aspects extérieurs à la simple création artistique : la tactique marketing, le design de la pochette… Le choix des acteurs ou des dates de sortie des DVD. La vie privée est également un terrain de discorde, à commencer par ses frontières : les artistes n’ont pas le droit de prendre des vacances loin des caméras, ils devraient toujours en révéler plus, puisqu’ils doivent la vérité à leurs fans. Le compagnon ou la compagne de l’artiste, s’il avoue en avoir un, n’est jamais bon pour lui.

C’est bien simple : tout ce que fait l’artiste est mal et va lui faire perdre encore des fans. D’ailleurs, le fan aigri est lui-même est très déçu par ce comportement et ne peut plus se considérer comme fan de quelqu’un d’aussi [insérer l’adjectif adéquat]. Il menace de quitter le forum, d’arrêter d’aller aux concerts et d’acheter des disques, ou de regarder la série. Pourtant, la semaine d’après, il est encore là, à haranguer les autres fans qu’il accuse d’avaler bêtement ce qu’on leur dit. Six mois plus tard, également. Un an après, on le retrouvera encore au premier rang du concert, et dès le soir même, il retournera sur le forum ou sur son blog pour dire à quel point c’était mauvais.

monkey trap

Le fait qu’il insiste relève du phénomène psychologique bien connu d’engagement[1] : plus on a investi de temps et d’énergie (voire d’argent) dans un projet, plus on a du mal à l’abandonner, même s’il paraît évident qu’il est voué à l’échec ou qu’on n’a plus rien à en tirer. Cf toutes les mauvaises décisions dans lesquelles persistent nombre de dirigeants.

Pour s’en sortir, l’aigri devra passer par un stade de sevrage. Ceci arrive souvent après la goutte d’eau qui a fait déborder le vase (concert ou épisode raté, faux-pas majeur dans une interview…) et qui le poussera à s’éloigner à la fois de l’objet de son intérêt et des forums et cercles de fans qui occupaient une partie de son temps. Là, suivant les cas, l’aigri replongera si son environnement immédiat ne se prête pas à l’arrêt (stress extérieur, familial, travail, ou simplement ennui…). Ou bien, si les conditions sont plus favorables, ou s’il trouve un nouveau terrain de jeu (un nouveau fandom), il parviendra à tourner la page.

Oui, c’est exactement le même type de processus que lors d’un sevrage de produits addictifs (tabac ou autre), ou de relations toxiques. Le fandom est une drogue à sa façon, tout l’art consiste à le maintenir au stade de drogue douce, comme du chocolat.

Incredibles-syndrome

Archétype

Syndrome dans les Indestructibles.

Ou moi avec James Marsters, A-ha, et j’en passe (enfin, pour James, je m’étais sevrée en passant à d’autres drogues – Tokio Hotel en l’occurence -, je ne suis replongée dedans que parce que ça alimente le blog avec mes vieilleries. Et A-ha c’est récent, j’ai déjà fait une croix dessus à titre personnel, et j’aurais plus de facilité à ne plus en entendre parler si je n’avais pas encore tant d’amis et connaissances qui sont encore dans le fandom. Mais je ne regarde plus ça qu’avec du popcorn en souhaitant au groupe de couler. Kaaarma).

Avantages

On se dit qu’il y a toujours pire ailleurs et qu’on est donc soi-même encore un fan « raisonnable ».

Dangerosité

Les fans déséquilibrés qui s’en prennent à leurs anciennes idoles sont tous passés par là. Heureusement, la plupart se contenteront de pourrir l’ambiance des forums et des concerts de leurs remarques désagréables. Ce qui certes déplaisant en soi, et pousse les fans plus modérés à aller chercher ailleurs des interlocuteurs moins investis et moins critiques.

Phrase fétiche

« Puisque c’est ça, je m’en vais! » *envolée de cape*

anim_frozen done with that shit

[1] Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois, Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens, Presses universitaires de France, 1987

Portrait de fan (12) : le coq de basse-cour

« Ils travaillent tout comme les castors ni avec leur mains ni avec leurs… pieds »

Les Playboys – Jacques Dutronc

Description

Ce spécimen se rencontre dans les fandoms composés à 90% ou plus de fans féminins. Il part du principe qu’être l’un des rares mâles présents dans le milieu suffit à le rendre important. Et ce d’autant plus s’il s’agit d’un fandom de musique, car tout le monde sait que les femmes écoutent et jugent la musique avec les ovaires, alors que les hommes, eux, s’y connaissent (le gène de la science infuse en théorie musicale se trouvant sur le chromosome Y, coincé entre celui des compétences en mécanique et celui d’expert en football).

anim_musician need help to get laid

Vous croyez que j’exagère? Sur un forum dont j’étais l’administratrice, l’un d’eux, arrivé récemment, qui postait très peu, pas très bien, et admettait n’avoir que peu de temps à passer sur le forum, m’a demandé de le nommer modérateur du forum, « en tant que seul membre masculin ». Texto.

Je ne sais pas sur quels critères les autres forums choisissent leurs modérateurs, mais la possession ou pas d’un pénis n’entre pas en ligne de compte, ce n’est pas avec ça qu’on tape sur le clavier. Je privilégie 1) une disponibilité qui leur permette d’être utile, 2) la confiance que je leur fais sur la base de leurs interventions passée, et 3) un bon jugement des gens et des situations.

Or le spécimen ne possédait aucune des qualités pré-citées, et n’en faisait pas mystère. Il a présenté la chose comme si ses attributs étaient une raison suffisante pour obtenir son galon de modérateur, alors qu’il n’aurait pas eu le temps de tenir le rôle. Ce qui, en soi, est un excellent indice qu’il n’est pas fait pour ça : d’expérience, les pires modérateurs sont ceux qui ont demandé à l’être.

you-had-one-job-school

Dans le même genre, il y avait ce fan de James Marsters et habitué des conventions Buffy, qui estimait avoir droit à des privilèges dus à son statut de mâle. Par exemple, il exigeait de pouvoir poser plusieurs questions au Q&A, là où tous les autres n’avaient le droit qu’à une seule. Dans une file d’attente, convié à se déplacer par une jeune femme chargée de l’organisation pour ne pas bloquer les sorties de se secours, il lui a répondu que « ce n’était pas une nana qui allait lui donner des ordres ». Sic.

Certes, ce sont là des cas particuliers. Tous les fans masculins ne sont pas des cuistres, loin de là. Mais il semble que certains, plongés dans un environnement plutôt féminin, se sentent obligés d’en rajouter dans le machisme primaire. Peut-être pour prouver que ce n’est pas parce qu’ils aiment un groupe / une série plutôt suivi par des filles qu’ils sont moins masculins pour autant. Ou bien peut-être choisissent-ils d’être actifs dans ce réseau parce qu’ils peuvent y sortir du lot par le simple fait d’avoir un chromosome Y, faute de pouvoir se distinguer ailleurs par leurs qualités humaines.

Comme pour les BNFs, si ces comportements perdurent, c’est entre autres parce qu’il se trouve assez de gens qui les encouragent pour que cela donne des résultats. Dans ce cas précis, beaucoup de fans du genre féminin entourent d’attentions particulières tout spécimen mâle, qu’il soit ou pas pourvu de qualités propres. Quand il l’est, ça se comprend : les fans ne sont pas asexués, et un concert ou une convention est un lieu de rencontre comme un autre. Mais dans le cas du macho malpoli de mon 2e exemple, il y a de quoi se poser des questions.

Et quand j’ai parlé à des membres assidues de mon forum de la demande du 1er exemple, elles ont pris sa défense et conclu que j’avais un problème avec les mecs (enfin, celles qui, je l’ai su plus tard, communiquaient avec lui via MP hors forum. Ah ben oui mais moi tout ce que je connaissais de lui, c’était ses 3 posts sur le forum… Je ne lis pas dans les pensées). Non, j’ai un problème avec les gens qui demandent à être nommés à des responsabilités comme si c’était juste une médaille du mérite, alors qu’ils n’ont même pas l’intention de faire le travail qui va avec. J’ai aussi un problème avec les gens qui ne se définissent que par leur genre. Si tu ne te considères pas d’abord comme un être humain doté de tout un tas de caractéristiques, dont le genre, il y a des chances que tu traites les autres aussi uniquement sur la base de ce qu’ils ont dans le slip.

religion-is-like-a-penis-bw

Il semble aussi que certaines femmes aient intégré le sous-entendu négatif qu’une fan compte moins qu’un fan pour la crédibilité d’un groupe, au point qu’elles se sentent valorisées par le fait que leur fandom compte aussi des hommes. En tout cas, un fan (de sexe masculin donc) aura plus de chances de pouvoir discuter d’égal à égal avec un musicien qu’une fan. La fan est toujours soupçonnée de pouvoir virer à l’érotomane hystérique, et de n’être là que pour le glamour. Elle ne sera généralement autorisée à s’approcher que si elle est jolie et que le musicien a besoin qu’on flatte son ego (ou une certaine partie de son anatomie). A moins qu’elle ait quelque crédibilité artistique de son côté – si elle fait elle-même partie d’un groupe ou joue d’un instrument. Busty, elle-même critique musicale, souligne bien le phénomène dans son livre « Groupies! ». Rien de plus qualifiant pour avoir droit au chapitre en coulisses que de maîtriser soi-même un symbole phallique par excellence : la guitare, le micro, à défaut le stylo.

Le pendant féminin du coq de basse-cour se rencontre dans les fandoms plutôt masculins comme les comics, ou les passe-temps comme les jeux de rôle ou les jeux vidéos – encore que le public de ceux-ci soit devenu largement plus mixte depuis une dizaine d’années. Pour citer une geekette interrogée dans le documentaire « Suck my geek »[1], « on peut être féminine et poutrer du zombie ». Cela leur vaut une certaine attention de la part des joueurs et fans mâles, et certaines en jouent – et voient d’un mauvais oeil l’arrivée d’une concurrente. Etant peu présente dans ce type de fandoms, j’ai du mal à estimer l’ampleur du phénomène.

Les poules de basse-cour se rencontrent aussi (voire plus) dans les fandoms féminins, d’après mon expérience, où il y a émulation des tendances girly. Mais dans ce cas, il n’y a plus cet aspect « je suis le seul représentant du sexe opposé dans le groupe et j’ai donc droit à un traitement spécial de ce fait ».

poules et coq

Archétype

Pas encore traité dans la fiction à ma connaissance.

Avantages

Met en valeur les fans civilisés.

Dangerosité

Tendance à se croire irrésistible, et peut-être même tout permis.

Phrase fétiche

« En tant que mec, … »

[1] Documentaire de Tristan Schulmann et Xavier Sayanoff sur la culture geek