Lecture : Collaboration Horizontale

Collaboration Horizontale. C’est l’expression employée après guerre pour désigner les liaisons entre soldats allemands et femmes françaises. Comme si entretenir une relation sentimentale ou charnelle avec l’ennemi équivalait à une trahison au même titre que travailler pour lui.
Pourtant, comme aurait dit Arletty à qui on demandait des comptes sur sa liaison avec un bel officier teuton, « Mon coeur est français mais mon cul est international ».
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Le roman graphique du même nom, sorti chez Delcourt, raconte l’histoire des habitants d’un immeuble parisien pendant l’Occupation. Enfin, majoritairement des habitantes : la plupart des hommes français sont au front ou prisonniers, comme Raymond, le mari de Rose. Ne restent que les infirmes, comme Camille, ancien soldat qui a perdu la vue au combat, les enfants, comme Lucien le fils de Rose, et quelques privilégiés comme Léon, le mari de Judith, policier.
Pour les femmes, il faut continuer à subsister, à travailler, à vivre. Et parfois, l’amour survient alors qu’on ne l’attend pas. Pour Rose, l’infirmière, c’est en essayant de détourner l’attention de Mark de la famille juive qui se cache dans le grenier. Ce jeune officier allemand a choisi le renseignement pour éviter de tuer des gens, et a réussi, au moins, à éviter de se laisser gagner par la haine présente dans sa famille.
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On suit aussi les histoires des autres personnages féminins : Andrée la concierge aux idées d son époque, Henriette, la vieille dame qui voit tout, Joséphine, la jolie blonde qui chante dans un cabaret et fait des ménages pour Henriette, Simone, la fille d’Andrée à la coupe garçonne, Judith, la mère au foyer, Sarah la juive qui se cache avec son fils dans le grenier, avec la complicité de toutes les autres…
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C’est par le Facebook de la librairie La Dimension Fantastique que j’ai appris la sortie de cette BD, car ils organisaient une dédicace en présence des deux auteurs à cette occasion (oui je suis très en retard pour l’article…).
J’ai plusieurs fois parlé ici de mes lectures sur la période et cet aspect en particulier, les enfants de la guerre en particulier, et les couples, pour la plupart éphémères, de la guerre. J’ai donc sauté sur l’occasion.
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Navie, la scénariste, n’est pas que la co-présentatrice de L’Émifion (Madmoizelle.com sur Youtube) avec la déjantée Sophie-Marie Larrouy. Elle a un doctorat en Histoire, spécialisée sur le Fascisme. Son mémoire de dernière année portait sur la collaboration horizontale. C’est au détour d’une conversation avec son éditrice sur son parcours que celle-ci lui a suggéré d’écrire sur le sujet. Carole Maurel, la dessinatrice, faisait partie des illustrateurs qui lui ont été suggérés par la maison d’édition, et elle a tout de suite adhéré à son style, alors que le grand succès de Carole, L’Apocalypse selon Magda, n’était pas encore sorti.
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Bien que les dessins semblent faits à l’aquarelle, ils ont pour l’essentiel été réalisés sur ordinateur. Les textures créées par Carole Maurel permettent de restituer un « grain » qui nous renvoie bien à l’époque. En résumé, un roman graphique qui résume toute une époque et plusieurs portraits, de femmes surtout, d’hommes aussi.
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Exposition: Gaston Lagaffe à la BPI (Bibliothèque du centre Georges Pompidou)

Je ne connaissais la BPI que par ses files d’attente interminables quand je passais derrière le centre Georges Pompidou le samedi au gré de mes balades parisiennes. Aussi j’hésitais à planifier une visite de cette exposition. Mais le hasard y a guidé mes pas un soir, et comme la BPI est ouverte jusqu’à 22h, et qu’il n’y avait pas d’attente dehors, je suis entrée.

L’exposition

L’exposition se trouve au niveau 2 au milieu de la bibliothèque, et là une dizaine de personnes piétinait pour accéder à l’espace consacré au héros flegmatique de Franquin.

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 On y découvre sa genèse, avec son apparition muette en plusieurs fois dans les pages du magazine jeunesse Spirou : devant la porte de la rédaction, à l’entrée, puis envahissant les espaces laissés libres par la mise en page. Au fil des numéros, Franquin affine le personnage, qui perd de sa raideur pour adopter sa silhouette en S caractéristique.
L’exposition fourmille d’anecdotes et de documents sur la rédaction du journal Spirou à l’époque. Ainsi, Gaston a hérité de ce prénom parce que c’était celui d’un ami de Yvan Delporte, le rédacteur en chef, qui trouvait qu’il lui ressemblait. De Maesmaker, l’homme d’affaires obsédé par la signature de ses contrats toujours empêchée par une catastrophe signée Lagaffe, tire son nom du père du 2e dessinateur. Car, je l’ignorais tant leurs styles sont semblables, mais n’ayant pas le temps de dessiner à la fois Spirou, Lagaffe et ses autres oeuvres, Franquin avait fait appel à Jidéhem, de son vrai nom Jean de Maesmaker, pour dessiner une partie des Gaston, lui conservant la partie scénario. Jidéhem explique que pour distinguer les planches au moment de la répartition des royalties, ils se basaient sur les phylactères (les textes des bulles, quoi), Franquin traçant les siens à la plume et Jidéhem avec un outil (dont j’ai oublié le nom…) qui rend une largeur fixe.
La dernière zone permet de (re)découvrir d’autres oeuvres de Franquin, notamment une planche glaçante pour Amnesty International (ci-dessus). Et le courrier émouvant de Yvan Delporte à Dupuis lui annonçant qu’il renonce à poursuivre le Trombone Illustré…

Quelques citations

Un adulte, c’est peut-être un enfant qui a mal tourné.
Si j’avais commencé ma carrière à Paris, je pense que les choses auraient été très différentes. En évoluant dans un environnement plus engagé, j’aurais probablement dessiné un autre genre de séries. Là-bas, vous pouvez faire rire les gens, tout en faisant passer un message. Pour ma part, j’ai souvent pensé que j’étais prédestiné à faire de mignons petits dessins inoffensifs, légers, superficiels…
 (Idées Noires, éditions Rombaldi, 1988)
Souvent, l’humour est une fuite et les humoristes sont des gens sinistres qui se soignent sans le savoir par le rire. Comment voulez-vous échapper à l’actualité qui vous matraque les horreurs du monde? L’être humain est le seul être totalement nuisible de la planète, vraiment! Alors, comment vous abstraire de ça? Les gens totalement heureux sont des égoïstes profonds.

(L’illustré, 1988)

 

Informations pratiques

Gaston Lagaffe à la BPI (Bibliothèque Publique d’Informations du centre Georges Pompidou)
Du 7 décembre 2016 au 10 avril 2017
Centre Pompidou, 19 Rue Beaubourg, Niveau 2
75004 Paris
Entrée libre pendant les horaires d’ouverture de la Bibliothèque
Accès par la Bpi rue Beaubourg

Lundi, mercredi, jeudi et vendredi : 12h – 22h
Samedi, dimanche et jours fériés : 11h – 22h
Fermeture le mardi

Entrée par le Centre Pompidou (chenille, niveau 2) avec le billet du jour « Musée et expositions » (les laissez-passer du Centre Pompidou ne donnent pas accès à l’exposition les dimanches et jours fériés).

En raison de la forte affluence le week-end, le musée recommande d’éviter de visiter l’exposition le dimanche.

 

Vendrediff de l’Avent

Vendrediff, ce sont les rediff du vendredi. Parce que c’est la fin de l’année, l’heure est aux rétrospectives et aux courses aux cadeaux. Et autant vous renvoyer vers les articles que vous avez peut-être raté.

Ici en particulier, plutôt que me répéter en me créant un marronnier, j’avais l’an dernier floodé mes lecteurs doublé mes articles habituels d’un « calendrier de l’Avent des idées de cadeaux« . La plupart sont encore valables, en tout cas dans les thèmes :

Geek geek2

avent_sw_coloriage

(vus cette année dans les livres de coloriage pour adultes : Harry Potter / Les Animaux Fantastiques – chez WH Smith notamment -, et le disque-monde de Terry Pratchett illustré par Paul Kidby, aux toujours excellentes éditions l’Atalante)

Cocooning Cocooning2 Cocooning3 (vue que cette année encore, les marques redoublent d’idées)

BD (pour les fans de chat); BD2 (pour les stagiaires exploités); BD3 (pour tout ceux qui veulent comprendre pourquoi il y a des stagiaires exploités)

yatuu

Papetophile

Arts créatifs

Pour avoir des cadeaux vraiment personnalisés, rien de tel que les artisans qu’on peut maintenant contacter en ligne! Pour parler de deux personnes dont j’ai vu et apprécié le travail :

Le Tanuki, qui réalise des étoles, trousses, cartes postales d’inspiration japonaises, ainsi que des stickers à motif geek. Le plus? Elle peut aussi décliner les motifs suivant vos lubies. Par exemple, à ma demande, elle a adapté son motif de kitsune (le renard magique japonais, également emblème de Babymetal) en transfert pour T-shirt pailleté flashy (ma photo est pourrie, mais c’est juste la photo :o) :

kitsune tanuki tshirt

Ou en sticker pour téléphone :

tanuki_carte_portable

Elle m’a aussi créé un fort joli logo, que, grande procrastinatrice devant l’éternelle (Bastet?), je n’ai pas encore pris le temps de mettre en ligne pour customiser mon blog… Oups! ^^ Vous le découvrirez donc un autre jour (parce que bon, il mérite bien un article pour lui tout seul!). N’hésitez donc pas à la contacter directement.

Dans un style différent, Croc’Odile Créations fabrique à la main des sacs à main en skaï, avec une grande variété. Et comme le Tanuki, elle peut adapter ses créations à vos souhaits de couleurs, matières, motifs… Découvrez ses créations sur sa page Facebook, ou dans les marchés créatifs en région parisienne où elle est de plus en plus présente.

crocodile_sac papillon

Sac et pochette Papillon

Bonnes oeuvres

Après le Galactic Pingouin de l’an dernier, la peluche de cette année vendue par Sephora au profit de l’association Toutes à l’école est Mister Carotte. Et si vous voulez faire une double bonne action, après l’avoir acheté, offrez-le donc par exemple à l’association Main dans la Main, qui oeuvre à améliorer le quotidien des enfants hospitalisés.

Le crowdfunding du jour : le Tipee de Maliki

Maliki, la « fille au style manga aux cheveux roses » du blog BD (pas taper, pas taper! XD Je sais qu’elle et son « larbin » Souillon* détestent qu’on les qualifient de style manga, mais ça situe quand même pour ceux qui ne sont pas familiers avec les blogs BD…), a lancé le 1er juin un compte Tipee. Le principe, c’est un financement participatif, qui peut se faire de façon ponctuelle (comme les autres) ou par cotisation mensuelle.

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Dans un long strip, Maliki explique la crise que connaît actuellement la BD – dont elle n’est pas la seule à parler mais ça vous donne un bon résumé. Au passage, la littérature « générale » est affligée du même problème. Et la précarisation que cela accentue chez les auteurs.

Maliki a un blog BD depuis presque 11 ans. Pendant longtemps, lire son strip du mardi était un rituel hebdomadaire pour moi. Puis Maliki a commencé à bosser pour Ankama (parce que le blog BD, c’est sympa pour polir ses talents et « la visibilité », mais comme c’est gratuit, ça ne nourrit ni son homme, ni sa fille aux cheveux roses, ni les chats, ni Fang), sur leur jeu Dofus. Ankama a publié les strips en albums papier, distribué des peluches et repose-poignets à l’effigie des chats de Maliki, la charge de travail a augmenté, Souillon a écrit un roman. Les strips se sont raréfiés, même si périodiquement, nous avons droit soit à de longues histoires plus fouillées, comme celle au Japon, dont le tome 7 reprend le début, soit à des petits strips « light ».

Originalité (enfin, en tout cas ce sont les seuls que je suis qui font ça. Pas mal de dessinateurs ont des boutiques Society6, où on peut demander l’impression de leurs dessins sur divers objets, mug, tapis etc) : Souillon et sa coloriste Becky commercialisent depuis un moment des produits dérivés : des cartes à collectionner, parfois des aquarelles, et des toiles de collection imprimées, qu’ils vendent aussi aux salons où ils dédicacent. Personnellement j’ai craqué pour Electrocute en la voyant en salon (elle est d’un bleu incroyable, et puis la structure de l’image…). Du coup je me la suis faite offrir pour Noël dernier :

toile-electro

Elle est magnifique (en plus, Souillon et Becky l’ont signée et ont ajouté un petit ex-libris également signé. Le service client ❤ ).

Je me doutais donc que, comme beaucoup d’autres bédéastes, ils ramaient un peu. Boulet est le seul « à succès » qui ne fait pas trop de retape pour sa boutique. En même temps, au rythme de dingue où il dessine, et vu sa popularité, il a peut-être moins de mal à empiler les projets qui, mis bout à bout, permettent de s’assurer un revenu correct.

Devant l’évolution du marché, Maliki a donc décidé de lancer un Tipee, dans l’espoir de s’assurer un complément de revenu, voire un revenu un minimum stable, si une partie de ses (très nombreux) lecteurs réguliers et fans cotisait mensuellement à hauteur de quelques euros.

Vous savez ce que j’ai expliqué récemment sur le fait que pour un crowdfunding à succès, il vaut mieux avoir déjà une grosse fanbase avant de se lancer?…

MALIKI l’avait bien compris. Et c’est son cas.

Au bout de 3 jours, son Tipee devient le 3e projet le plus soutenu du site (en nombre de tipeurs), avec plus de 8000 Eur pour ce premier mois.

A voir comment ça va évoluer… Première réaction de Maliki, après deux jours (oui alors si vous n’avez pas regardé Dragon Ball Z, ça ne va pas vous parler… C’est un Genkidama. Un genre d’attaque spéciale où le héros demande à tous les êtres vivants de la planète de l’aider en lui transmettant de l’énergie. Récemment, la dessinatrice et coloriste Thorn y a fait référence pour finir sa « charrette », avec un joli succès de participation – virtuelle – de ses collègues – cf les réponses) :

maliki_premiere_reaction

CQFD.
En même temps, ne rêvez pas : comme je le disais, ça fait ONZE ANS qu’elle propose du contenu gratuit qui amuse et émeut les gens. Donc bon… Ce n’est pas exactement une manne tombée du ciel par hasard. C’est quand même heureux et réconfortant qu’une telle quantité de boulot trouve une récompense.

* l’auteur, en fait. Mais il ne parle quasiment qu’au travers de son personnage. Eh oui, dure réalité pour ceux qui fantasmeraient sur la fille aux oreilles pointues : si vous allez les voir en salon BD, vous ne la verrez pas.

Post-scriptum : libraire de ma jeunesse

Je vous parlais brièvement mardi de la libraire qui tenait la librairie spécialisée dans le fantastique que je fréquentais ado à Toulouse, Ailleurs. On n’était pas très proches (je me suis arrangée mais je suis plutôt ours quand je ne suis pas hamster…), mais j’appréciais sa boutique, le fait qu’elle essaie de mettre en avant ses coups de coeurs, de personnaliser ses conseils. Le genre de libraire qui vous donne envie d’aller acheter en librairie. C’est bien après, en y repensant, que j’ai découvert son nom, Cathy Martin, en voyant qu’en 2011, elle avait eu les honneurs du dossier Libraire du site Actusf. Vous pouvez donc lire sa très instructive et drôle interview sur son métier ici :

http://www.actusf.com/spip/Dossier-Libraire-Album-a-Toulouse.html

Bonne nouvelle (?) : cela fait longtemps que je n’ai plus l’occasion de retourner à Toulouse, mais si j’ai bien compris, ce n’est plus Album qui est à la barre, et la librairie Bédéciné a retrouvé son nom et son enseigne.

Et Cathy y officie encore, si j’en crois le blog de la librairie :

Avec le dernier Roman du Disque-Monde, Du Bonus chez Bédéciné

Bon, moi je faisais partie des clients anonymes, n’étant guère causante à l’époque, mais je voulais lui tirer mon chapeau ainsi qu’à l’équipe de Bédéciné (que je fréquentais aussi). Gràce à eux, le paysage culturel Toulousain est resté fantastique.

Tant que je suis dans les considérations sur les métiers du livre :

Non à la précarité des correcteurs dans l’édition : signez la pétition sur http://correcteurs-wesign.it/fr via @wesignit

Culture et bandes dessinées : les petits mickeys

Périodiquement, il se trouve encore des dinosaures pour réduire la bande dessinée à un loisir pour enfants, dénué d’intérêt pour les adultes « sérieux ».

Pourtant, quand j’étais petite, et que mes professeurs me demandaient d’où je tirais mon vocabulaire, correct mais incongru pour mon âge (l’utilisation du mot « incongru » est, elle, incongrue depuis 1920), je pouvais seulement leur dire que je lisais beaucoup. Mais je ne leur disais pas quoi.

A cette époque, les classiques et la littérature générale ne m’intéressaient pas du tout. Je n’en lisais que ce qui était obligatoire pour l’école. Par contre, je lisais énormément de science-fiction, et les bandes dessinées qu’on avait chez nous. J’étais la meilleure  « cliente » de la bibliothèque locale, rendant et empruntant chaque samedi mon quota de 3 romans (presque exclusivement de science-fiction, imaginez la honte si je l’avais dit à  mes profs de français), et lisant sur place leurs collections de bandes dessinées.

cubitus

Rétrospectivement, lire les logorrhées verbales d’Achille Talon, érudit, ou les élucubrations de Cubitus, chien savant, m’a sans doute forgé ce style volontiers ampoulé et désuet *. (à l’écrit. A l’oral, j’ai plutôt tendance à parler comme un charretier, depuis le collège. J’ai du mal à m’en corriger, hélas). Et ce goût de l’humour décalé, voire non-sensique. D’autres bandes dessinées y ont contribué:

les Intondables de F’murr,

la Jungle en Folie de Christian Godard et Mic DeLinx

Martin Milan, du même Christian Godard dont vous pouvez lire une interview sur ActuaBD, qui fournit également quelques images.

Je ne sais pas si j’ai appris beaucoup de vocabulaire dans Lucky Luke et Astérix, mais c’est en tout cas dedans que j’ai appris l’essentiel de ce que j’ai retenu sur la conquête de l’Ouest, et les locutions latines. Ce qui est curieux, d’ailleurs, parce que quand un Alea Jacta Est m’échappe, mes collègues me regardent bizarrement et pensent que je me la pète, alors que pour moi c’est une référence populaire comique à Astérix. Ce n’est quand même pas élitiste, Astérix, si? La bande dessinée la plus vendue au monde!

C’est ainsi qu’on peut, pour les mêmes lectures, passer pour un attardé auprès des pédants, et pour pédant auprès d’autres.

*même remarque que pour incongru. Désuet de nos jours est un mot auto-référent, c’est à dire que désuet est désuet.

Fermeture imminente de la librairie Rackam à Paris

Encore une fermeture de magasin spécialisé à Paris : la librairie Rackam, rue Dante (quartier de Saint-Michel), qui vend exclusivement des BD de collection (des vieux Tintin et Pieds Nickelés aux Nova et Strange de ma jeunesse) et objets dérivés, va fermer ses portes d’ici fin mars (la date dépendra notamment de l’écoulement du stock). Cette fois, c’est pour partir en retraite, certes, mais sans avoir trouvé de repreneur passionné pour conserver l’enseigne après eux.

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Si vous êtes en région parisienne ou y passez prochainement, vous n’avez donc plus que quelques jours pour aller y faire un tour, et voir si par hasard, ils n’ont pas la BD que vous cherchez depuis 15 ans… Puisque, poussant la porte en voyant l’affichette, c’est ce qui m’est arrivé hier… Jusqu’ici, je pensais qu’ils avaient de la BD de collection du style à 5000 Eur l’édition originale de Tintin, et puis les collectionneurs m’intimident. Je me trompais. Et en plus, comme ils veulent déstocker, ils font des prix! Il ne me reste plus qu’à faire le tour de ma BDthèque pour me souvenir de tout ce que je voulais retrouver, et d’y retourner avant que ça ferme! Parce qu’apparemment, ils ont à peu près tout ce que j’aime.

Merci pour l’accueil!

Informations pratiques :
Librairie Rackam – bandes dessinées de collection
2 rue Dante
75005 Paris
Du mardi au samedi, de 11h à 19h… jusqu’à fin mars 2016!

Mise à jour : la librairie devrait être ouverte samedi 9 avril.

Pendant que j’y suis, j’ai vu que la librairie Pulp’s, située également rue Dante, recherche actuellement un libraire spécialisé en comics! Je ne sais pas quelles sont les compétences exactes qu’ils recherchent, mais si vous pensez correspondre, vous pouvez toujours les contacter.

 

 

La semaine des fans : BD Rosinski, Star Wars Fan Film Awards 2016

Petit tour non exhaustif de mes trouvailles de la semaine sur  les fans et leur univers.

On commence avec une BD où Frédéric Peynet raconte son itinéraire de fan de Rosinski (le papa de Thorgal), s’y prenant à plusieurs reprises pour enfin avoir une dédicace, avant de devenir lui-même dessinateur de BD. C’est amusant, touchant, et encourageant (même si on n’a pas tous vocation à faire la même chose que les gens qu’on admire. Je n’ai aucune envie d’aller pousser la chansonnette sur scène, c’est pas pour moi…).

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Par ailleurs et dans un tout autre domaine, avis aux fans créatifs et vidéastes : le Star Wars Fan Film Awards 2016 est ouvert! Vous avez jusqu’au 24 avril minuit pour leur soumettre votre meilleur fan-film sur ce site web.

Je ne crois pas que la vidéo ci-dessous, reprise de Let it Go de la Reine des Neiges par Anakin Skywalker, aurait le droit de participer, mais elle est amusante quand même :

Par ailleurs, si vous êtes 1) fan de Star Wars 2) fan de Disneyland et donc 3) fan du Star Tours, l’attraction de Disneyland Paris qui vous permet d’embarquer dans une navette de tourisme qui se retrouve embarquée par la faute d’un droïde de navigation maladroit en pleine bataille spatiale, dépêchez-vous donc d’aller au parc avant le 16 mars. En effet, à cette date, l’attraction va fermer ses portes et ne rouvrira pas avant 2017, mais sous la forme de Star Tours II, un nouvel opus entièrement différent. Donc pour les nostalgiques, il ne vous reste qu’une vingtaine de jours pour y aller! (moi-même, je suis tentée… Je ne suis jamais allée à Disneyland Paris sans me faire au moins un petit Star Tours. Rien que pour la file d’attente, déjà, qui recrée tout l’univers des films).

Allez, on s’en refait un petit tour?!

Nostalgeek : Héros de ma jeunesse : Yoko Tsuno

A l’heure des débats sur le genre, et aux héroïnes qui certes existent, mais seulement pour des séries pour filles en tant que personnages principaux, et qui ressemblent toutes à des Barbies surmaquillées et déhanchées (parce que bon faut pas déconner quand même, s’il faut mettre des héroïnes, il faut qu’elles soient sexy avec des poitrines d’actrice porno, même pour des séries pour petites filles…), je repense avec nostalgie aux bandes dessinées qui ont bercé ma jeunesse.

En particulier, je vais commencer par Yoko Tsuno, électronicienne japonaise installée en France et enquêtrice de l’étrange. Je réalise ma chance, maintenant, d’avoir pu lire ses aventures à un jeune âge, sans avoir à me demander s’il me faudrait changer de sexe pour vivre des aventures formidables, ou simplement pour faire autre chose à l’âge adulte que potiche, femme au foyer ou caissière chez Félix Potin (même si Félix Potin n’existait déjà plus).

aventures electroniquesLa série est publiée dans le magazine Spirou (oui, dans la série des concepts qui ont disparu, réapparaissent sporadiquement pour replonger ensuite… les magazines publiant des bandes dessinées par épisode), dès 1970 par Roger Leloup, un auteur belge. A l’origine, la série devait mettre en scène le Trio de l’Etrange : Vic Vidéo, Pol Pitron (c’était encore la mode des personnages de bande dessinée aux initiales doubles, comme Lucky Luke) et Yoko Tsuno. Mais rapidement, tout comme Laureline avec Valérian, Yoko éclipse ses comparses – qui malgré tout resteront à ses côtés. C’est donc son nom que portera la série.

Vic et Pol, qui travaillent à la technique pour la télévision, rencontrent Yoko alors qu’elle s’introduit furtivement de nuit dans des locaux : ils pensent interrompre un cambriolage, alors qu’en fait elle testait le système de sécurité pour les propriétaires de l’entreprise. Ingénieur électronicienne, elle est recrutée illico par Vic pour compléter sa petite équipe de télévision. Ils commencent par des reportages sur des sujets plus ou moins scientifiques.

YokoTsunoT27_bannerEn cherchant l’origine d’un assèchement de rivière, ils découvrent, sous terre, une communauté d’extra-terrestres humanoïdes à la peau bleue, les Vinéens. Ceux-ci sont arrivés sur Terre avant la civilisation, fuyant leur planète condamnée, et ont créé des villes sous terre pour se protéger des Terriens. L’arrivée de Yoko et de ses amis précipite la chute d’un tyran, et permet aux Vinéens d’espérer un jour pouvoir vivre en harmonie avec les Terriens. Les rencontres avec l’autre et la tolérance seront toujours un des piliers de la série. Les aventures avec Khâny et les Vinéens, voire sur Vinéa, constitueront l’un des thèmes récurrents de la série.

Lire la suite

Calendrier de l’Avent des idées cadeaux pour Noël N°16

Pour les amoureux des chats qui aiment aussi bien rire à leurs dépens : le Chat-bouboule, chroniques d’un prédateur de salon – bande dessinée de Nathalie Jomard (auteur des hilarants guide du Grumeau Illustré).

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